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Pérégrinations d'un cinéphile à Cannes (sans badge mais plein d'espoir)

À propos de Café Society Sieranevada Rester vertical Money Monster Moi, Daniel Blake Ma Loute Toni Erdmann Mademoiselle Le BGG - Le Bon Gros Géant Dernier train pour Busan

Je suis étudiant. Enfin, techniquement jusqu'au 21 mai prochain puisque c'est ma remise des diplômes. Mais avant de tourner la page, je profite de mes derniers instants dans ce petit paradis : la Côte d'Azur. Et je profite de mon temps libre pour vivre ma passion : le cinéma. Avec le Festival de Cannes, le timing était parfait. Pour tout vous dire, je n'ai pas de badge (bon c'était déjà marqué dans le titre mais bon). Et sans badge à Cannes, les portes se ferment vite, très vite. Heureusement, avec un peu de culot, du courage et de la persévérance, il est possible de s'infiltrer dans la "haute" (jamais tenter les soirées mais je sais que ça marche parfois) mais surtout de voir des films! C'est quand même le plus important non? Et sans badge donc, le meilleur moyen c'est de... mendier. Oui, mendier. Etre au plus bas de l'échelle pour essayer de gravir des marches qui pourront nous mener, non pas au 7e ciel (enfin pourquoi pas?), mais surtout au 7e art.

Avec ce post, sûrement que vous serez peu nombreux à me lire mais qu'importe, je vais donc vous raconter mes pérégrinations fructueuses, infructueuses, anecdotes, rencontres... que je vais faire tout au long de ce festival. Tout ça, avec un récapitulatif quotidien. Du moins, je vais essayer d'être le plus assidu possible. Cannes ce n'est pas facile tous les jours, surtout niveau sommeil. Preuve en est, il est 2h du matin à l'heure où j'écris ce post. Et demain (aujourd'hui donc) je vais sûrement me lever à 6h pour attendre patiemment à 7h devant le Palais et essayer d'avoir une place pour Rester Vertical à 8h30. Tout ça sans être certains que j'en aurai une. Quand je vous parlais de courage... Bref, je me perds.

Si vous avez des questions, des commentaires, n'hésitez pas. Un post c'est fait pour ça. Voici la liste récapitulative liée au Post: http://www.senscritique.com/liste/2016_Peregrination_d_un_cinephile_a_Cannes_sans_badge_mais_p/1320776

Vive le festival de Cannes! Vive le cinéma!

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #1 - Mercredi 11 mai:

Début de festival et forcément beaucoup de monde autour du Palais. Des policiers sur les nerfs, sécurité oblige. Les fameux "escabotiers" évidemment. Et aussi, le retour des mendiants en costards. Une particularité cannoise. Parmi eux, un jeune loup : Rajdevaincre. Il ne va tout de même pas parler de lui à la troisième personne ? Non, pas d'inquiétude...

Bref, me voilà devant le Palais et déjà 1h que je cherche une place pour la cérémonie d'ouverture. J'ai jamais tenté la cérémonie d'ouverture à Cannes en mendiant donc je ne suis pas très confiant. Mais sait-on jamais? L'année dernière j'ai réussi à voir 16 films (dont 15 en compétition pour la Palme d'Or) alors je garde confiance. Je vois quelques places passées sous mon nez mais je persévère. Un homme, la soixantaine, arrive vers moi : "vous avez une accréditation jeune homme?" - "Malheureusement non!". Dommage, il avait bel et bien une invit mais ne veut pas me la donner si je n'ai pas de badge. Les désagréments de la mendicité. Tant pis, je cherche, je cherche, je cherche et je... ne trouve pas! Et bien oui, Cannes c'est aussi ça! Faut pas s'attendre à trouver du premier coup (enfin ça arrive hein mais bon parfois ça marche pas). Et donc, fini la cérémonie. Pas de tapis rouge à 19h15 avec Woody & co. Pas de cérémonie avec le jury.

Pas de problèmes, je vais manger un bout. Important de manger quelque chose à Cannes dès qu'on a un peu de temps! Parce qu'en fait, on n’a jamais le temps... les films s'enchainent et la recherche d'invitations demande beaucoup de patience. Pas facile de manger.
Aussitôt terminé ce panini (beaucoup trop cher pour ce qu'il était), je file aux abords du Palais pour trouver des places pour la séance de 23h de Café Society. Je me poste à un endroit pendant 10 minutes sans succès, je fais un peu le tour du Palais, et je me positionne à un endroit que je connais bien et qui normalement fonctionne bien. Et en 15 minutes chrono (peut-être même moins), un homme s'approche de moi pour me proposer une invitation couleur saumon. Ah oui, j'oubliais, il y a deux sortes d'invitations:
- celles de couleur saumon où il faut obligatoirement être accompagné d'un badgé festivalier ou marché du film (exit les badges cinéphiles ou presse) pour pouvoir rentrer
- celles de couleur bleu qui permettent de rentrer sans rien ni personne. Le graal pour les gens comme moi!
Revenons à cet homme, il en a une (même deux en fait) mais hésite à me la donner... Histoire de badges (ou plutôt de non-badges) encore une fois. On discute, j'essaye de le persuader de me la céder et je reste toujours à l'affut avec ma petite pancarte "invitations/tickets pour Cafe Society svp/please merci/ thanks". Et je fais bien. A Cannes tout est question de chances. Au bon endroit, au bon moment comme on dit. Une femme me tend une invitation bleue ! Victoire, ce soir montée des marches. Sans les photographes certes, mais c’est toujours ça. Et en plus, c’est un moteur pour le reste de la quinzaine. Ça motive.

Dans la file d’attente, je fais la rencontre d’un jeune québécois qui dirige et s’occupe de la programmation d’un festival de film à Montréal (Fantasia Festival si quelqu’un connaît). Très sympathiques. L’occasion de patienter et parler ciné avant le nouveau Woody.

D’ailleurs le Woody, qu’est-ce que j’en ai pensé ? Brièvement ça donne ça (à 2h j’ai plus tout mon cerveau en marche, je fais de mon mieux)

Accompagné de jazz, Woody Allen raconte le Hollywood des années 30. Du moins, c'est ce qu'il laisse penser. Comme souvent, le vieux briscard s'éloigne d'Hollywood. Préfère revenir chez lui, à Manhattan et raconter, encore et toujours, l'amour. Et tout ce qu'elle engendre la passion, le bonheur, mais aussi le regret, les désillusions et les rêves.
Si l'histoire d'amour, naissant puis fuyant, entre Vonnie (Kristen Stewart) et Bobby (Jesse Eisenberg) s'essouffle peu à peu pendant le film, Cafe Society est sublimé par un jeu d'acteur resplendissant. Eisenberg et Stewart déjà cités mais aussi le surexcité Steve Carell et le frère truand Corey Stoll (Peter Russo d'House of Cards pour les intimes). Au-delà, Café Society offre surtout une photographie lumineuse - travail incroyable de Vittorio Storaro. Et un humour noir grinçant sur les juifs hilarant.
Au final, le film pose une question banale : l'argent fait-il le bonheur? Dommage. Heureusement, Woody Allen le fait de manière élégante. C'est déjà ça.

6,5/10

Enfin voilà, ce début de festival commence bien.
Suite de mes aventures cannoises demain. Trois films dans le viseur. Rester Vertical d’Alain Guiraudie. Money Monster de Jodie Foster. Et surtout Sieranevada de Cristi Puiu !

Schuss !

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zoooran ·

C'est cool comme post ! Je suis tes tribulations avec plaisir ! Ça montre un peu l'envers du décor du festival de Cannes ^^

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Rajdevaincre ·

Merci beaucoup. La suite très tard ce soir! Mais avec les trois objectifs remplis!

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zoooran ·

Ah génial ! Rester Vertical me donne envie mais les avis semblent mitigés.

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lic_007 ·

Bonne chance ! :3

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Rajdevaincre ·

Merci! :) Deuxième épisode cette nuit...

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #2 – Jeudi 12 mai

C’est seulement le deuxième jour du 69e festival de Cannes mais la fatigue est déjà un peu présente. Se coucher à 3h du matin pour se lever normalement à 6h (repousser sans faire exprès à 7h) n’est pas facile. Mais bon je suis déjà en retard. J’enfile rapidement un petit pantalon avec la chemise et la veste tranquille. Un conseil, restez sobre pour les séances de la journée. Les costards c’est uniquement pour les montées des marches du soir. Personnellement je mets une veste parce que les poches intérieures sont pratiques pour ranger les invitations et les garder discrètement. Mais ce n’est qu’un avis perso. T-shirt et jean quand il fait chaud, c'est parfait!

Bref, il est 7h40 quand j’arrive devant le Palais. Quelques « mendiants » sont déjà là mais la file d’attente n’est pas encore ouverte. Pas d’inquiétude donc. Je suis dans les temps. Une invitation me file sous le nez dès mon arrivée (une bleue en plus) pas de bol.
Le matin, si vous cherchez des places il faut se placer devant l’office du tourisme ou devant le marché du film (il y a seulement 5 à 10 mètres d'écart mais ça peut faire la différence #AuBonEndroitAuBonMoment). Les badgés vont chercher leurs invits tôt le matin dès l’ouverture ici (sauf s’ils les ont prises la veille) et ressortent forcément de ce côté. Et donc avec leurs places. Bref, je cherche pendant une vingtaine de minutes et une journaliste (future confrère^^) me tend une invitation pour la séance de 8h30 de Rester Vertical. L’objectif évidemment. L’invitation est rose donc elle m’accompagne (normalement elle ne peut pas comme elle est journaliste mais ça passe. Comme quoi…) Et donc à 8h je suis dans la salle. Et dès 8h30, début du film.

Verdict ?

Et bien Rester Vertical c’est clairement le premier film choc de ce festival ! Des scènes crues (voire même très crues). *** Je ne peux pas mettre sous SPOILER ici mais on parle tout de même d’un plan d’accouchement filmant la sortie du bébé du vagin en direct live pendant près d’une minute (ah oui c’est hard à 8h30 du mat). Ou encore une sodomie aux conséquences importantes et qui inspirera d’ailleurs les unes de la presse dans le film. *** Mais au-delà, Rester Vertical tente et innove sur plusieurs points. De nombreuses prises de vues subjectives (dommage que le concept de caméra épaule = subjectif ne tienne pas longtemps cela aurait pu être génial). Un scénario complètement absurde avec des personnages qui se croisent, se décroisent pour finalement se recroiser dans des endroits où ils ne sont pas censés se retrouver. L’histoire repose sur 6 ou 7 personnages dont un principal qui n’arrive pas à écrire un scénario de film. Des scènes crues, je le disais mais aussi des scènes hilarantes totalement irrationnelles. Quelques personnages sont d’une vulgarité tordante. Bref, avec ce film Alain Guiraudie marque des points. Original et anticonformiste, Rester Vertical divisera sûrement mais ne laissera pas indifférent. A Cannes, c’est déjà bien.

6/10

Passons maintenant au deuxième film de la journée. Un film pour se détendre cette fois. Hors-compétition, le film de Jodie Foster : Money Monster. A la sortie du Guiraudie difficile de trouver des places immédiatement. Au lieu de Money Monster, un homme me file Ma Loute pour 8h30 demain. Bonne nouvelle, je pourrai me réveiller sereinement. Comme un ami est censé me rejoindre pour la séance de 11h, il faut que je trouve deux places. Et vu le monde, je me dis que mes chances sont réduites. Je navigue aux abords du tapis. Puis au bout de 10 minutes un festivalier me donne son invitation. Parfait plus qu’une à trouver. L’homme part et se poste dans la file d’attente. Je le regarde puis il me fait signe de venir. J'y vais et incroyable. Il me file une autre place pour Money Monster ne sachant pas quoi en faire. Je la prends immédiatement. Les deux sont roses et mon pote et moi n’avons pas de badges. Il faut trouver quelqu’un mais nous n’avons pas vraiment le temps. Je tente le « passage en force ». Il ne s’agit pas ici de jouer des coudes mais simplement de passer le premier contrôle de sécurité avec le ticket sans montrer de badge, parfois ça marche. Et cette fois, ça marche. Ensuite en attendant le deuxième contrôle, il nous suffit de trouver un badgé dans la file qui veut bien dire qu’il est avec nous. Aussitôt demandé, aussitôt accepté (pour tout vous dire c’est la partie la plus simple du job). Et nous voilà donc dans le Grand Théâtre Lumière pour la séance de 11h pour Money Monster.

Verdict ?

Jodie Foster s’est perdue pendant un bon moment. Elle avait retrouvé son chemin il y a quelques temps avec la réalisation d’un épisode d’House of Cards en 2014. Mais avec Money Monster elle vient de sortir du tunnel. Money Monster est un thriller, un drame et une comédie à la fois. Chaque instant est parfaitement réalisé. De belles scènes de tensions, une mise en place un peu lente à mon goût mais ensuite c’est la régalade pendant 1h30. Notamment grâce à un George Clooney - alias Lee Gates - hilarant, surprenant et sans gêne. Un très bon film policier, excellent divertissement qui se distingue et évite les clichés du genre. C’était une de mes grosses attentes en début d’année mais la BA m’avait refroidie. Au final, c’est très différent de ce que j’imaginais. L’humour y est pour beaucoup. Mais c’est un excellent film. Pas étonnant d’ailleurs que le public est longtemps applaudi et crié quelques bravo à la fin de la projection. Ça aurait mérité de faire l’ouverture à mon humble avis.

8/10

Déjà 12h45 et donc près de 2h15 pour chercher une place pour le film que j’attends le plus aujourd’hui : Sieranevada de Cristi Puiu. Et la recherche est de courte durée : j’en trouve facilement deux roses (Rawi présente avec moi). Et à 13h30, ben finalement je ne sais pas quoi faire mais à Cannes, il faut toujours penser pratique. Je me balade quelques minutes donc aux alentours du Palais pour me reposer. Puis je décide de chercher à nouveau des places pour le film de Cristi Puiu. Vous devez vous dire mais pourquoi ? Pourquoi cherche-t-il des places alors qu’il en a déjà ? Le mec est tellement fou qu’il continue à chercher des places pour le fun ? Il se lance des challenges ? Et bien non, pas du tout. L’intérêt ici comme je le disais, c’est une question de pratique.
Petit conseil personnel, quand vous êtes en avance au niveau de la recherche des billets mais que vous avez des roses (et que vous êtes sans badges), essayer d’obtenir des bleues ! Et oui, vous redonnerez alors votre rose à un autre mendiant. Et si vous n’arrivez pas à avoir de bleus mais que vous recevez d’autres roses, gardez-les ! Elles pourront toujours servir de « monnaie d’échange ». Concrètement ? Vous allez vers un badgé qui cherche une invitation, et vous lui dites que vous lui donnez votre rose supplémentaire s’il vous accompagne à l’intérieur. Et je peux vous dire que ça marche à tous les coups !
Bref au final, mission accomplie. Invitations bleues trouvées et donc montée des marches en présence de l’équipe du film de Sieranevada.

Verdict ?

Avec son premier film (La Mort de Dante Lazarescu), Cristi Puiu a prouvé qu’avec le scénario le plus simple et le moins bandant de la Terre, il arrivait à faire un chef d’œuvre captivant de 2h35. Avec Sieranevada, il essaye de faire exactement la même chose. Ici, ce n’est pas un vieux qu’on balade d’hôpital en hôpital en temps réel, mais bien un repas de famille et les nombreuses discussions qui animent chacun des membres. Et à vraie dire, pendant 3h de film, Cristi Puiu n’arrive pas à réitérer l’exploit de « Lazarescu ». La réalisation est toujours excellente. De nombreux plans-séquences qui nous ancrent dans ce huis-clos familial, bloqué dans cet appartement, et parfaitement orchestré. Mais les trois heures de film en quasi temps réel sont irrégulières. Quelques séquences génialissimes (toute la séquence 11 septembre, du sexe oral ou ce final resplendissant) mais plusieurs scènes interminables, d’un ennui mortel. Cristi Puiu malgré une réalisation virtuose déçoit donc un peu. Le film reste une belle satire, dommage qu’elle s’éternise.

7,5/10

Voilà fin de cette journée.

Enfin presque en fait. Normalement, j’avais fini ma journée.
Mais premièrement à la sortie de la projection, je croise Cristi Puiu en personne. Avec l’équipe de son film. Très abordable, je vais lui serrer la main et le féliciter pour son film malgré les quelques remarques négatives dont je viens de vous faire part. Et tout de suite après lui, descendant les escaliers de la sortie en jeans et t-shirt, carnet de notes à la main : Laszlo Nemes, membre du jury. Pas le temps de lui tendre la main, il m’a juste fait un sourire en retour du mien. C’est déjà ça.
Deuxièmement, quelques minutes plus tard, un ami accrédité pour le festival me propose d’aller voir Rester Vertical à 22h. Je l’ai déjà vu mais il a des places en... orchestre! Et à vraie dire, des places en orchestre ça ne se refuse pas même si on a déjà vu le film surtout quand c'est la séance avec l'équipe du film. En tout cas selon moi. J’accepte donc.
Nous nous retrouvons à une dizaine de mètres de l’équipe de Rester Vertical (extrêmement joyeuse au passage) et surtout à cinq-six mètres des nombreux membres du jury présents à savoir Arnaud Desplechin, Donald Sutherland, Vanessa Paradis, Katayoun Shahabi, Laszlo Nemes (encore lui) et surtout George Miller !
Même si Donald Sutherland a failli s’étouffer en pleine séance (il tousse vraiment bizarrement, j’ai cru que c’était la fin pour lui sans rire), la séance s'est bien passé. Mais mon but, ce soir, c’était de serrer la main d'un membre du jury à la fin de la séance. Problème, à peine les lumières allumées, tous étaient déjà parti à l'exception de George Miller. J’observe donc le créateur de Mad Max pour scruter sa sortie avec mon ami. Et dès qu’il part nous sortons de la salle. Je le vois, m’approche, décroche un timide mais souriant « Hello, Mister Miller ! », lui tend ma main. Il me regarde perplexe et étonné, mais me tend la sienne, me serre la pince et me répond d’un simple « hi ! ». Trop cool. 
Je vous écris donc actuellement avec une main droite serrée par George Miller et pas encore lavée. J’espère que demain je vous écrirai avec la bise de Kirsten Dunst sur la joue (voire la bouche? Bon j’avoue j’ai moins d’espoir). Mais sait-on jamais? Quand je vous dis qu'à Cannes tout est possible!

A demain avec les récapitulatifs, si tout va bien, de :
- Ma Loute de Bruno Dumont (le ticket est déjà en poche)
- I, Daniel Blake de Ken Loach
- Train to Busan de Yeong Sang-ho (le ticket est déjà en poche)

PS: Merci pour vos petits messages et vos "recommandations" du Post. Déjà 2h35. Bonne nuit! :)

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zoooran ·

Hahaha hyper stylé ! Mais si je comprends bien, quand tu es badgé presse, tu dois quand même te démener pour avoir une invitation ?

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Rajdevaincre ·

La séance de 8h30 au GTL est priorité presse. Ils n'ont pas besoin d'invitations à cette séance. Mais souvent la presse peut aller au GTL sans invitation. Sauf les séances du soir je crois...
Après il faut savoir que la presse a des séances spéciales et exclusives dans des salles annexes au Palais (Salle Bazin, Debussy). Ils ont aussi accès aux séances du lendemain pour les rattrapages (salle du soixantième). Ce qu'il est impossible de faire sans badge. La presse peut donc zapper un film au GTL et le rattraper plus tard.

Exemple simple:
American Honey passait le 15 mai à 15h30 au GTL.
Mais il passait le 14 mai en séance réservée presse à Debussy (19h) et Bazin (21h30).
Et il repasse lundi 16 dans la salle du soixantième à 21h.
Sans compter également des séances spéciales au Marché du Film. Et le dernier dimanche où toutes les salles annexes (Debussy, Bunuel, Soixantième et Bazin) reprennent les films de la compétition pour des rattrapages.
Inaccessible sans badge. Et programme connu seulement deux jours avant. Soit ici, le 20 mai pour le 22.

Voilà voilà

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Mvthivs ·

Oh yes! Comment tu sais qu'ils repassent des films de la compétition le dimanche?

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Crillus ·

Normalement le badge presse te donne une invitation pour accéder aux projections mais il y a plusieurs types différents d'accréditations et elles sont hiérarchisées et obtenables en fonction de ton métier -de PDG d'une grosse boite de prod à blogueur amateur-. Si la demande est forte il y a de grandes possibilités pour que tu ne puisses pas entrer même avec un badge ou une accréditation.

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zoooran ·

Ca marche ! Parce qu'à en lire le post de Raj, ça a l'air d'être la galère ultime pour tous haha

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Crillus ·

Ouaip, en fait c'est surtout que la demande est énorme pour quelques centaines de places par séance, du coup c'est l'enfer pour en avoir une, les plus convoitées étant celles où tu te présente en costume+nœud papillon (les présentations officielles à 20h). En journée c'est plus décontracté par contre.

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Bondmax ·

T"as serré la main de George Miller, la classe. Sinon super intéressant tes posts, j'attends la suite avec plaisir.

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #3 – Vendredi 13 mai

Réveil encore difficile mais comme je vous l’avais dit hier, j’ai déjà ma place pour Ma Loute à 8h30. Pas besoin donc de faire la manche et donc plus de décontraction et de détente. Il me reste juste à trouver un badge festivalier qui veut bien dire qu’il m’accompagne. Après quelques vents mémorables, je trouve un groupe de trois personnes très sympathiques qui me fait rentrer avec eux. Je m’installe et découvre donc, non sans peine et sans difficulté, le nouveau film de Bruno Dumont.

Verdict ?

Toujours plus ! Dans Ma Loute, Bruno Dumont a la fâcheuse et ennuyante manie de ne jamais s’arrêter. Son film commençait pourtant super bien. Du moins, les effets recherchés fonctionnaient. Des gags à répétitions avec ces deux policiers loufoques. Qui essayent, tant bien que mal, de résoudre le mystère des disparitions. Un Fabrice Luchini complètement dément dans la voix, dans la posture et dans le phrasé. Et un début d’histoire qui déroule. Malheureusement, Bruno Dumont aime exagérer, aime appuyer tout ce qu’il fait dans ce film. Et au bout d’un moment, les gags ne font plus que sourire, ne font plus que passer, ne font plus que saouler ! Et le problème c’est que cela dure pendant les ¾ du film. Pas de quoi se réjouir de cette sélection. Le burlesque est au rendez-vous mais dépasse les limites. Le jeu de Juliette Binoche est exaspérant (toujours plus de sur jeu). Même chose pour Valeria Bruni-Tedeschi ennuyeuse, et Jean-Luc Vincent insupportable. Seuls acteurs en retenu, pas forcément excellents mais juste, les deux « héros » : Brandon Lavieville (Ma Loute) et Raph (Billie Van Peteghem). Quelques points positifs aussi, la très bonne utilisation de la musique et une photographie originale. Dommage qu’on ait l’impression que la sélection de Bruno Dumont repose uniquement sur l’envie, pour Thierry Frémaux, d’apaiser leurs tensions.

5/10

Dès la sortie de Ma Loute (où je le concède, j’ai, par intermittence, piqué du nez quelques secondes), je dois partir à la recherche de place pour le nouveau film de Ken Loach. Le grand habitué de la Croisette, au record de sélection en compétition pour la Palme d’Or (13) et présentant son « nouveau dernier film » : Moi, Daniel Blake.
Et finalement, la recherche sera de courte durée. Elle sera même inexistante. Je retrouve, à l’extérieur du Palais, Rawi qui m’attend avec deux invitations. Elle n’avait pas envie de venir ce matin à 8h30 mais je lui avais demandé de chercher pour le Loach sait-on jamais ! Et elle est en réussite, deux invitations bleues donc (elle en a eu une pour Dumont à 14 aussi donc parfait pour elle) et en plus, en Corbeille. Pas besoin d’attendre donc trop longtemps. Nous rentrons rapidement dans la salle, avec 40 minutes d’avance. En attendant, c’est le parfait timing pour regarder les premières impressions des journalistes français et étrangers avec les étoiles du Film Français et Screen Daily. Pour l’instant pas incroyable niveau note mais Sieranevada tient la corde.

Et I, Daniel Blake, ça donne quoi ?

Ken Loach reste Ken Loach. Il ne déroge pas à la règle et à son cinéma social. Son domaine, sa thématique. Avec Moi, Daniel Blake, il raconte les déboires d’un menuisier en arrêt maladie pour problème cardiaque. Et qui connaît des difficultés pour obtenir les aides et indemnités de l’Etat. En période loi travail en France, le film de Ken Loach risque de marquer les esprits et de plaire à beaucoup de monde. Son film est un plaidoyer contre le système administratif anglais à charge contre les services sociaux. Et tant qu’à faire contre les Tories (Parti Conservateur) qui gouverne le pays. Et pendant toute la durée du film, il le fait admirablement bien. Qu’on adhère ou pas à son propos, à sa vision politique… Ken Loach réussit encore à parler d’un sujet fort de manière émouvante. Dommage cependant qu’il tombe dans le pathos dans les 15 dernières minutes. Et qu'il cherche de manière indélicate à faire pleurer à tout prix dans les chaumières. Probable prix dans les jours à venir. Pourquoi pas l’interprétation masculine pour Dave Johns – dit Daniel Blake. L’actrice principale Hayley Squires (sosie de Mila Kunis au passage) est également très émouvante.

7/10

Journée terminée pour la compétition dès 13h10. Comme quoi, je ne pensais pas que cette journée irait si vite. Je décide donc de me balader un peu, de manger un petit truc et de chercher des places pour demain avec Mademoiselle de Park-Chan Wook. Sans succès mais je reçois une invitation bleue pour Train to Busan ce soir. C’est parfait car j’en avais une rose. Je vois un mec qui essaye de refiler son invitation en échange d’une autre. Je vais voir ce que c’est et il s’agit de Mal de Pierres séance de 8h30. Parfait. Je lui propose l’échange et il accepte. Une bonne chose de régler.
Je détaillerai moins aujourd’hui mais pendant ma quête de places pour Mademoiselle, j’ai parlé à plusieurs autres quémandeurs. Je prends des contacts et c’est toujours le moyen potentiel d’échanger des places pour plus tard.
Il est 15h10 quand je décide de tester la Quinzaine des réalisateurs. Je ne l’ai jamais fait. Pour vous (surtout pour moi c’est vrai), j’innove ! En plus, c’est une des séances que je voulais voir : Neruda de Pablo Larrain. J’achète alors mon ticket et vais me mettre dans la queue affiliée. L’attente pour le Théâtre Croisette au Marriott, est coupée en quatre file :
- les badgés cinéphiles et festivaliers (et presse je crois)
- les prioritaires au pass rouge
- les prioritaires au pass vert
- les pass Quinzaine et détenteurs de tickets
Je me suis mal renseigné, mais mon ticket n’avait pas de titre de film particulier, ni de date. Je pense donc que si j’avais été refoulé devant la salle j’aurai pu l’utiliser pour n’importe quelle autre séance pendant le festival. Pour le prix c’est 7 euros soit dit en passant.
Et donc pour revenir à l’attente, je savais qu’il fallait s’y prendre à l’avance. Je m’y mets donc à 15h30 (le film commençant à 17h #ToujoursPlusDeCourage). Et je patiente. Mais j’ai bien fait. Quand je suis arrivé, la file devait faire une vingtaine de mètres. 1h après, elle faisait au moins 80 mètres de long. Il y a donc eu des refus comme vous vous en doutez. Mais personnellement, j’ai bien pu m’installer dans la salle. Les sièges ne sont pas superbes mais l‘avantage c’est qu’il y a de l’espace pour les jambes. Et ça ça fait du bien. Pour en finir avec les présentations, j’ai pu regarder Neruda de Pablo Larrain avec en (petit) bonus découvert en début de séance : la présence de toute l’équipe du film (Pablo Larrain et Gael Garcia Bernal en tête).

Et qu’est-ce que j’en ai pensé ?

Neruda n’est pas un film biographique. Il raconte une partie de la vie du romancier chilien alors sénateur et fervent communiste. 1948, il s’oppose au gouvernement et doit fuir le pays. Sans succès il doit donc se cacher. Un jeu du chat et de la souris s’instaure entre lui et l’inspecteur en charge de son arrestation. Magnifique. De bout en bout, Neruda impose le respect. Le chilien Pablo Larrain fait clairement parti des grands réalisateurs sud-américains. Absolument divin, Neruda ne figure pas en compétition pour la Palme d'Or sans qu’aucune explication plausible ne puisse le justifier. C’est un film d’une originalité folle dans son écriture. Le derniers tiers est absolument splendide. On est dans une sorte de western et de film noir en même temps. La photographie est éblouissante. Les couleurs, les lumières… tout est splendide. Entre rêve et réalité, Neruda et Larrain était fait pour se rencontrer à travers un film. Les deux Pablo forment une parfaite harmonie. Des poètes de l’onirisme !

7,5/10

Enfin j’ai donc également vu le film coréen de Yeun Sang-ho : Train to Busan en séance de minuit. Beaucoup de retard sur l’horaire annoncé (30 minutes plus tard) mais l’occasion de faire la rencontre d’un producteur et exploitant suisse. Très bonne soirée à ses côtés à discuter de cinéma. Et surtout très bonne séance. Cannes c’est souvent l’exigence et le sérieux avec les films en compétition. Et ce genre de film fait du bien pour décompresser. La salle était folle, applaudissements à tout rompre à chaque moment un peu épique ou marrant. Beaucoup de second degré pour un film qui ne se prend pas au sérieux et c’est tout ce qui fait son charme. Pas de critique pour celui-là, il est déjà 3h12 du matin et demain je me lève encore très tôt pour voir le film de Park Chan-wook. Mais un bon 7! Surtout pour le fun et ce bon moment de détente! Un peu surévalué sur le coup je pense. Mais minimum 6/10.

Objectif de ce samedi donc :
- Mademoiselle de Park Chan-wook (la place est normalement acquise)
- Toni Erdmann de Maren Ade
- Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg : en bonus si j’ai le temps !
A demain !

PS : Je n’ai pas pris le temps de répondre à vos questions. Dès que je trouve un peu de temps, je pense à vous ! Merci
PS bis: désolé pour les fautes s'il y en a.. je fais au mieux avec la fatigue.

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zoooran ·

On suit ton parcours avec plaisir, en espérant que tu puisses voir le nouveau Spielberg !

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Razafinralambo ·

Congrat's mon gars ! Pour avoir fait un peu de stop je comprends et respecte tout à fait ta démarche de mendicité. Tout est possible quand on a un minimum de volonté et de culot ;)

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Rajdevaincre ·

Merci du soutien :)

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #5 – Dimanche 15 mai

7h26 mon téléphone vibre ! Je suis encore dans mon lit j’ai loupé mon réveil ! Il faut que je me dépêche. En plus j’ai déjà ma place pour Mal de Pierres à 8h30 donc je dois l’utiliser. Je m’habille en vitesse et arrive au Palais à 7h50. J'ai pas trainé ouais. Je rentre facilement et m’installe donc pour le nouveau film de Nicole Garcia. Je le sens mal.

Verdict ?

Nicole Garcia n’a rien à faire en compétition. Son film n’est pas si mauvais que je l’attendais (c’est déjà une bonne nouvelle pour elle) mais il n’a pas grand-chose pour lui. L’histoire de Gabrielle aurait pourtant pu être attendrissante. Une jeune femme mariée qui tombe amoureuse d'un autre homme. Relation passionnelle et fusionnelle. Malheureusement, malgré une Marion Cotillard efficace, le personnage ne décolle pas. Aucune empathie ne s’en dégage. Aucune émotion. Les ficelles du scénario sont un peu faciles, notamment la dernière révélation. Et au fond le long-métrage est écrit d’avance. Pourtant l’idée du montage avec un immense flash-back (Carol Copyright Cannes 2015) était assez intéressante. Pas aidée par un très clair manque de rythme. La musique est trop présente avec ces partitions de pianos incessantes. Pas si mauvais mais rien de bien bon donc. Une sélection cannoise qui aurait été plus à sa place sur une chaîne de télévision française : téléfilm de dimanche après-midi.

5/10

Dès la fin de Mal de Pierres (soit 10h30), il est temps de se mettre à la recherche de American Honey. C’est le film que j’attends le plus dans cette compétition et dans ce Festival de Cannes 2016. Je me mets donc à la tâche d’abord au niveau du Marché du Film. En 3h de recherche, j’ai vu deux places me filer sous le nez et c’est tout !
Il est 14h, je change d’endroit et me positionne à l’entrée de la barrière d’accès à la montée des marches pour les équipes du film. Soit à côté du Carrousel, pour ceux qui connaissent le Boulevard de la Croisette. Et j’attends encore une fois avec ma petite affiche sous un soleil de plomb. J’attends et je vois passer une invitation. Puis deux, puis trois, puis une dizaine mais elles me passent tout le temps sous le nez. Pour la première fois de ce festival, je commence à perdre pied. Le seul film que je veux voir absolument, celui que j’aurai choisi s’il n’en fallait qu’un, je vais échouer à trouver une place.
Il est 15h, le film commence dans 30 minutes (mais plutôt 20 minutes avec l’équipe du film qui doit faire les photos sur le tapis). Je suis en perdition totale. Une des autres personnes mendiants vient me voir et me dit : « vous y croyez encore vous ? Moi je pense que c’est cuit ! ». Sereinement à l’extérieur bien moins à l’intérieur je lui réponds : « tout est possible jusqu’à la dernière minute ». Et 2 minutes plus tard, un couple s’avance. Je vois qu’ils ont trois invitations et qu’ils sont deux. Je suis doublé par deux femmes quémandeuses qui se jettent sur eux, je suis juste derrière et place rapidement un : « vous n’auriez pas une invitation supplémentaire » en montrant ma petite pancarte. L’homme me regarde et me tend une invit bleue ! Je n’en crois pas mes yeux, je mets quelques secondes à réaliser que je l’ai enfin. Quelques secondes pour comprendre qu’il s’agit en plus d’une invitation orchestre. PUTAIN YES !!! Applaudissements et ovation du GTL (le mec délire). Je suis tellement heureux, vous ne pouvez pas savoir à quel point. J’en ai tellement chier pour l’avoir. Désolé pour la violence des propos mais WAOUH !!!!
C'est pas tout mais il est déjà 15h10, je file sur le tapis rouge. Profite rapidement des marches quasiment seul. Et direction l’orchestre. Presque à la même place que hier pour Toni Erdmann mais plus proche encore de l’équipe du film. 6 places sur le côté et deux rangs derrière moi, la belle Kristen Stewart est aussi présente. L’équipe arrive, le film commence, je souffle, je revis. Merci Cannes !

Et American Honey ?

Le nouveau film d’Andrea Arnold reprend une nouvelle fois comme personnage principal une jeune fille ado-adulte (18 ans) qui se cherche dans le monde qui l’entoure. Une jeune fille qui vit des ordures qu’elle ramasse par ci par là dans la rue. Jusqu’à ce qu’elle décide de suivre un groupe de jeunes rappeurs fêtards qui traverse l’Amérique en vendant des magazines en faisant du porte-à-porte. Si la réalisation de la cinéaste britannique est quelque fois hasardeuse (ces scènes où le net devient flou parce que la caméra fait la mise au point automatiquement sont dégueulasses), elle reste une de plus grandes réalisatrices du moment. Le portrait de la jeune Star (excellente Sasha Lane) est à la fois abrupt et gracieux. Son personnage est très attachant voire presque envoutant dans les moments les plus aériens du film. Et au-delà de cette jeune fille attachante, American Honey portraitise les Etats-Unis. Cadenassé entre une jeunesse fougueuse, vivante et libre et l'Amérique vieillissante des cow-boys et old bar country. Un road-trip magnifié par une BO génialissime d’hip-hop, rap et RnB qui fait écho à chaque aventures, questions et réflexions sur la vie des jeunes américains. Si le message final a déjà été vu, il faut sûrement y voir une image plus étendue. Celle d’une Amérique tout entière qui doit à tout prix renaitre pour ne pas couler. Grâce à une jeunesse délabrée mais salvatrice ? Peut-être.

7,5-8/10

Voilà fin de cette journée. Au passage, comme je suis en orchestre assez souvent en ce moment, je me tente des challenges comme vous le savez. Avec Kristen Stewart à quelques mètres, je ne pouvais que tenter de l’approcher. La bise je ne l’espérais pas mais l’objectif : lui serrer la main pour lui souhaiter bonne chance pour Personal Shopper. Je la scrute donc et la suit à sa sortie de la salle, elle discute dans le hall du Palais avec des amies (dont Chloé Devine), j’essaye de m’approcher mais compliqué. Je tente le coup mais stoppé net par les gardes du corps par un geste de la main hostile. Dommage. Challenge raté.

Demain journée sûrement difficile puisqu’on est un jour férié (donc sûrement beaucoup de monde) et que les deux films en compétitions sont américains. Objectifs :
- Loving de Jeff Nichols
- Paterson de Jim Jarmusch
- Hands of Stone de Jonathan Jakubowicz (si j’ai le goût)

Schuss !

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1
zoooran ·

Ce qui est drôle c'est que le récit est haletant, et avec ta façon d'écrire, on se demande si tu vas y arriver ou non. Mais heureux que tu arrives à tes fins en tout cas !

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8
Rajdevaincre ·

Cannes Jour #10, #11 et #12 – Vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 mai

Désolé pour ce post très en retard. J’espère que vous prendrez quand même plaisir à le lire… 

**Vendredi 20 mai**

Dernière journée pleine au Festival de Cannes. Et j’ai déjà mes invitations pour The Last Face (8h30) et The Neon Demon (12h). Un ami m’informe au dernier moment qu’il vient à Cannes. Ayant une place pour The Last Face en trop, je lui donne. Il est en Debussy et moi dans le Grand Théâtre Lumière. C’est parti pour le film de Sean Penn. Salle assez peu remplie.

Et donc ?

Le Festival de Cannes 2016 propose une sélection d’une qualité indéniable. Une majorité des films sont très bons. Mais comme chaque année, il faut que la sélection officielle en compétition compte une purge terrible. Et dans le rôle du film qui n’aurait jamais dû être là : The Last Face. Le pitch ne donnait déjà pas envie. Une histoire d’amour banale entre une chargée de mission dans une ONG et un médecin humanitaire. Et le résultat est catastrophique. Rarement un film n’a été aussi mauvais au Festival de Cannes. Une histoire terriblement mal écrite. Dès son prologue, The Last Face se ridiculise quand apparaît en bas à gauche de l'écran : "L'histoire d'amour impossible entre un homme..." que l’écriture disparaît peu à peu et qu’apparait sur le coin en bas à droite cette fois-ci : "... et une femme." Merci pour l’information. Applaudissements moqueurs de la salle. Le début d’une longue série de raté pour Sean Penn et tout le casting. Les dialogues sont d’une médiocrité insupportable. Les moments censés être émouvant ou beau, deviennent ridicule. Adèle Exarchopoulos est mauvaise et pas crédible une seule seconde. La Palme de l’acteur raté revenant à Jean Reno. Un personnage quasi inexistant, qui n’a que quelques dialogues. Dont deux répliques hilarantes – alors qu’elles n’ont pas ce rôle. Air philosophique, regard regardant le ciel : « Il ne s’agit pas de choper. Il s’agit d’aimer ». Fou rire interminable. Javier Bardem ne rehausse pas le niveau avec son génialissime : « je lui ai dit que je l’aimais mais je ne lui ai jamais dit que je l’aimais autant que je ne le fais quand je te dis je t’aime ». Ouch. Au-delà des dialogues pourris, la réalisation à coup de ralenti n’améliore pas le film. Film d'ailleurs au message d’une affligeante banalité : la guerre en Afrique c’est mal. Aider les pauvres c’est bien. Merci beaucoup, on ne savait pas.

3/10

Après avoir subi 2h12 de nullité, je pars à la recherche d’une invitation The Neon Demon pour le pote venu à Cannes aujourd’hui. Et bizarrement, il n’y pas grand monde dans la file. Le film de Nicolas Winding Refn semblait parti pour être une énorme attente. Finalement, les invitations coulent à flots. Ça sent la fin de festival… En cinq minutes, je récupère deux invitations bleues orchestre. Je donne donc l’invitation que j’avais eu la veille à un ami américain qui voulait absolument voir The Neon Demon. Montée des marches et installation dans la salle. L’orchestre est plein. En revanche aucun membre du jury présent : ils sont tous à la villa Suquet. Je ne peux donc pas réussir le challenge de prendre une photo avec l’un d’eux. Dommage.

Comment est le nouveau NWR ?

Dès son ouverture, The Neon Demon m’a fait chavirer. Un générique multicolore, une musique tonitruante, une ambiance déjà envoutante. L’expérience commence. Parce que oui, le nouveau film de NWR – comme certains aiment à le dire – est une œuvre à part entière. Pendant toute la durée du film, le cinéaste danois nous emporte là où il veut, sans jamais nous dire où et pour quoi faire. The Neon Demon est une perpétuelle découverte. Découverte de personnages, de situations, de moments magiques. Une œuvre quasiment uniquement visuelle et musicale. Le scénario est presque inexistant. Il y a bien, par-ci par-là, un semblant d’histoire avec ces top-modèles cannibales mais au fond ce n’est pas l’important. Le principal c’est de profiter d’un monde incroyable créé de toute pièce par Nicolas Winding Refn. Un monde d’une beauté de tous les instants : effrayant (cannibalisme et nécrophilie) ou hypnotisant (des mannequins magnifiques, des couleurs incroyables, des cadres infinis). Une nouvelle fois NWR accouche d’un OFNI (Objet Filmique Non identifié). Et si le film est victime d’un manque de rythme – ne faire parler que les images ça ne marche pas toujours – quelques séquences sont mémorables. Les vingt dernières minutes sont à mourir de rire ou à couper le souffle c’est selon. En tout cas il prouve une nouvelle fois que son style est unique. Un prix de la mise en scène possible.

7/10

Fin de ce dixième jour cannois pour moi. Demain je ne peux pas être présent pendant la journée pour des raisons personnelles (cérémonie de remises de diplômes). J’essayerai donc dans la mesure du possible de combler mon dernier film objectif :
- Le Client / Forushande de Asghar Farhadi

Schuss!

**Samedi 21 mai**

Il est 21 heures et 10 minutes quand je commence ma recherche d’invitation pour le nouveau film d’Asghar Farhadi. Je l’attends énormément car j’ai apprécié chacun de ses films (A propos d’Elly et Une Séparation sont selon moi des mini-chef d’œuvres). Et il est 21 heures, 10 minutes et 30 secondes quand j’obtiens ma place pour le film. Je vous avais dit que parfois c’était limite improbable la rapidité à laquelle les places tombent. Et encore mieux pour moi, c’est une place orchestre. Je n’aurai pas eu à bosser beaucoup aujourd’hui pour profiter de l’œuvre iranienne. Montée des marches du dernier film projeté de la sélection officielle en compétition. Arrivée d’Asghar Farhadi et de toute son équipe. C’est parti.

Vers la Palme d’Or ?

Les murs tremblent. Des cris retentissent. Un homme se lève et réveille vite sa femme. Que se passe-t-il ? Un tremblement de terre ? La caméra garde les yeux rivés sur le mari naviguant d’une pièce à l’autre de l’appartement. Elle passe par les escaliers, suit ses moindres faits et gestes avant de finir sa course sur une fenêtre. Et de découvrir une tractopelle en action qui menace, indirectement, l’écroulement du bâtiment. En deux minutes, Asghar Farhadi dénonce les problèmes architecturaux que connaît la ville de Téhéran et il ne le fait pas d’une façon ennuyeuse mais bien virtuose. Dans le Client, il raconte l’histoire de ce mari (Emad) et de sa femme (Rana), qui vont donc louer un logement en attendant de pouvoir retrouver leur appartement insalubre et dangereux. Mais ce changement d’adresse va provoquer le malheur du couple après que Rana soit violemment agressée. Le mari va alors tout faire pour se venger quitte à se détacher de ses valeurs, à changer de personnalité et surtout à prendre de la distance avec sa femme. Asghar Farhadi raconte cette histoire de manière assez consensuelle dans son déroulé. Un cruel manque de rythme pendant la première heure malgré une très belle mise en scène – le plan-séquence d’ouverture donc mais aussi les passages au théâtre de l’adaptation de Mort d’un commis voyageur par Emad, Rana et leurs amis. Puis dans sa deuxième heure, il rehausse le ton de son film qui passe quasiment du statut de drame à celui de thriller avec une belle réflexion sur l’idée de vengeance. L’image de l’immeuble et de l’appartement familial qui s’effondre annonce peu à peu la détérioration d’un couple qui n’a pas (plus) la même vision des aléas de la vie. Encore une fois, l’iranien frappe fort. Et peut ainsi penser au palmarès notamment grâce à une direction d’acteur toujours parfaite (Shahab Hosseini un des meilleurs acteurs de ce Cannes 2016).

7/10

Après cette séance mon festival se termine. Demain je tenterai pour le plaisir de m’incruster à la cérémonie de clôture et de vivre le Palmarès de l’intérieur.

Schuss !

**Dimanche 22 mai**

Pour rentrer à la clôture il n’y pas 36 solutions : il faut avoir une invitation. Et donc pour la dernière fois de ce festival, je me mets à la recherche du graal tant convoité. Dès 16h je me poste au marché du film. Je dois en trouver deux car je suis avec ma mère. Je retrouve mes comparses de chasses (se voir tous les jours pendant une semaine et demi ça créer des liens) et je patiente. Au bout d’une heure, je décide de changer d’endroit. J’en ai vu deux passer pour le moment. Ça semble compliqué. A 17h45, toujours rien. Trois autres invitations sont passées sous mon nez. Elles se font rares. Puis à 18h, la chance me sourit, une invitation me tombe dans les mains (merci madame). Mais la situation s’avère délicate. J’en ai une (rose) mais il m’en faut deux. La pire problématique possible. L’accès balcon sera fermé à 18h30 selon mon ticket. Je continue donc à chercher. Les minutes passent et je n’en trouve pas. 18h10, 18h15, 18h20, 18h23. Je décide d’aller voir ma mère pour lui demander ce que je fais. Je veux y aller et en même temps je ne vais pas la laisser sur le tapis. Enfin… sur le goudron puisqu’on veut aller sur le tapis. Bref. On se met d’accord et on continue à chercher quand même et je garde l’invitation avec moi. Et miracle, une minute plus tard, le même homme qu’hier pour le Farhadi apparaît. Je vois qu’il a deux places pour ce soir. Je m’approche de lui avec ma mère. Lui demande les places mais évidemment il me reconnaît. Et comme il m’a donné une place hier, il ne veut pas m’en redonner une. Je lui explique alors que je n’en veux qu’une seule, pour ma mère. Elle qui vient pour la première fois de sa vie au Festival et qui recherche en vain depuis plus de 2h maintenant. Il soupire quelques secondes, hésite et là il nous tend les deux invitations gentiment avant de s’éclipser rapidement. Je le remercie énormément. Juste avant de passer le contrôle, je donne mon invitation rose à un des nombreux larrons avec qui j’avais discuté pendant ces 15 jours (et avec qui on a failli se fighter avec un photographe quelques minutes avant^^).
Après avoir franchi le contrôle de sécurité, on patiente devant le tapis rouge. Et oui, il est 18h32 et comme indiqué l’accès est bloqué. Je sais que ce n’est pas rédhibitoire mais j’apprends que l’intérieur du Palais (au niveau balcon) est quasiment plein. Je suis moyennement confiant. Les gardes ouvrent les barrières, la file avance mais se referme juste devant ma mère et moi. Aie. Je la sens encore moins cette histoire. D’autant plus que les stars arrivent. Dolan, Farhadi, Mungiu, Loach… le palmarès se dessine devant mes yeux sans que je sache si je vais pouvoir le vivre dans le GTL. Il est 19h00 et arrive alors Mel Gibson. Le moment pendant lequel les gardes décident d’ouvrir la barrière. Avec ma mère je monte rapidement les marches. (On nous voit d’ailleurs ici entre 1:00:55 et 1:01:18. Arrivée sur le côté droit en deuxième et troisième position robe orange et costard : https://www.youtube.com/watch?v=tWEuOIFWzCc). On est placé dans la salle au bout de quelques minutes d’hésitation et de frayeur (j’ai cru qu’on allait être dérouté vers Debussy…) et mission finale réussie.

A peine dix minutes plus tard la cérémonie commence. La suite vous la connaissez puisque vous avez sûrement regarder ça en direct. De mon côté un peu déçu de ne pas voir Toni Erdmann, Loving ou encore Mademoiselle remporter un prix. Mais surtout que la Palme aille à Ken Loach.

Mon palmarès est à retrouver ici : http://www.senscritique.com/liste/Mon_palmares_Cannes_2016_en_competition/1334560 (19 films vus sur 21. Me manque à ce jour : Elle et Paterson).

Même si je l'avais déjà vu, après la cérémonie je suis resté pour regarder la Palme d’Or et vivre une dernière fois cette ambiance. Au final, l’ambiance justement elle n’y était pas vraiment (il faut dire que beaucoup de monde est parti avant le film et qu’on a pu descendre en orchestre pour la projection). Puis parce que le film de Ken Loach n’était pas le plus propice à une séance de folie.

Fin de la projection et après ma dernière montée des marches de 2016 il y a quelques heures, première descente des marches de ma vie. Exceptionnellement, la sortie se passe par le tapis rouge. Une soirée totalement inédite donc. Dommage que la Palme ne soit pas revenu à un de mes chouchous. Mais tant pis, c’est déjà quand même extra d’avoir vécu ça.

Au total, ce Cannes 2016 se conclut avec 25 films vus : 19 en compétition, 4 hors-compétition, 1 en séance de minuit et 1 à la Quinzaine.
Deux films vus deux fois : Rester Vertical et donc Moi, Daniel Blake.
Une seule rechercher infructueuse (si j’enlève l’ouverture puisque j’ai réussi à voir Café Society à 23h) provoquant un raté majeur : Paterson.
Mais surtout des dizaines d’heures de cinéma, des centaines de belles rencontres et des milliers de sourires.

A l’année prochaine, je l’espère. Cette fois sur les marches tous ensemble !

Schuss !

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Tiabsol ·

Merci beaucoup de nous avoir fait vivre cette aventure ! J'ai vraiment adoré lire chaque galère que tu as eu pour trouver tes tickets et tes critiques ^^

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Rajdevaincre ·

Super content de te (et vous) faire plaisir... :)

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zoooran ·

Gros kiff de t'avoir suivi pendant le festival! J'espère y être l'année prochaine et pourquoi pas de croiser !
En tout cas, merci pour ton post :-)

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Rajdevaincre ·

Merci de m'avoir suivi chaque jour! :)

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Crillus ·

ça fait quand même un sacré succès, chapeau mec ! c'était bon de te lire.

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Rajdevaincre ·

Merci ça fait plaisir! :)

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #4 – Samedi 14 mai

Hier soir, j’avais rencontré une fille qui m’avait dit qu’elle me donnerait une place pour Mademoiselle séance de 8h30 ce matin. Par sms, on se fixe le lieu de rendez-vous et elle me donne donc la place à 7h30 devant le Palais. Il me suffit de trouver un accompagnateur. Mais sur le coup, je tente de passer avec elle (elle a un badge jaune). Et ça passe. Je ne comprends pas trop ce système au final. Parce que le matin ça passe mais le soir non. Bizarre mais tant mieux. Bref, direction la première séance de la journée : Mademoiselle signé Park Chan-wook.

Et donc ?

Mademoiselle c’est des images à couper le souffle. Une esthétique d’une splendeur infinie. Un thriller érotique, sensuelle et intriguant absolument grandiose. 2h20 d’arnaques, de trahisons, de retournements de situations. Un scénario à twists très intelligemment raconté. La force de Mademoiselle c’est de captiver en long et en large. Découpé en trois parties différentes, le film nous offre les points de vue des deux personnages principaux. Et parsème surtout de multiples indices sur l’ensemble du récit au fur et à mesure. Permettant au spectateur de découvrir de nouvelles informations et indications sur le passé de chacun. Parallèlement, le scénario est sublimé par une mise en scène virtuose. Une musique d’une extrême douceur. Et surtout une relation lesbienne puissante et émouvante. Des scènes dignes de La Vie d’Adèle – un 69 lesbien pour le 69e festival de Cannes, le cinéaste coréen fait bien les choses - sublimées par les deux actrices principales. Un véritable plaisir. Clairement le plus beau Park Chan-wook ! En route pour le palmarès.

7,5/10

Après la claque visuelle de Mademoiselle, il est temps de se mettre à la recherche des autres invitations. Au tour donc de Toni Erdmann. Et oui je ne suis pas très chaud pour le film de Spielberg. Mais la recherche n’aboutit pas. Jusqu’au moment où deux jeunes me tendent leurs billets pour le BGG pour les échanger contre un autre film. Malheureusement pour eux (et pour moi), je n’ai rien à leur échanger. Je leur demande de repasser nous les donner s’ils ne trouvent personne. Et 2 minutes plus tard, les voilà de retour, un peu déçu mais dans l’obligation de le faire s’ils ne veulent pas perdre leurs points.
Me voilà donc parti pour la séance de BGG, sans rien en attendre du tout !

Au final, ça donne quoi ?

Le BGG de Steven Spielberg n’est pas une déception. Pas une déception car je n’aime pas vraiment l’univers de Roald Dahl mais surtout parce que je n’attendais pas ce film. Au final, une naïveté à en pleurer. A se demander comment un des maitres du cinéma a pu pondre un film aussi ridicule. Les effets ne sont pas mauvais, l’univers est bien retranscrit mais au fond, le scénario n’accroche pas. C’est un film purement et exclusivement destiné aux enfants. Les enjeux de l’histoire sont presque inexistants et les personnages ne provoquent ni l’empathie, ni la tristesse, ni le bonheur. Mais plutôt l’indifférence et l’incapacité hallucinante à créer une once d’émotion. Heureusement que la nouvelle mascotte de Spielberg, Mark Rylance (voix du BGG) sauve le film. La séquence à Buckingham Palace est sûrement la plus amusante mais propose la quintessence de l’humour gras présents tout du long : un concours de pets ! C’est dire le niveau...

5/10

Aussitôt terminé le raté Spielbergien, me voilà à nouveau dans les starting-blocks pour dénicher une invitation pour Toni Erdmann. Métrage que j'attends beaucoup depuis les premiers échos des journalistes qui l’ont vu hier. Je ne suis pas le seul à vouloir le voir mais la recherche est rapidement fructueuse (j'obtiens 3 invitations en moins de 15 minutes). Le fait que ce soit un film allemand de 2h42, ça aide aussi !
Bref, me voilà avec une invitation bleue et en… orchestre. Génial. Première bonne nouvelle. Deuxième bonne nouvelle c’est que je suis placé trois rangs devant l’équipe du film donc c’est super sympa. Et troisième nouvelle mais bien plus incroyable, je suis à côté d’une star. Le pire c’est que j’ai eu du mal à le reconnaître au début. Je savais que je connaissais ce visage, qu’il s’agissait de quelqu’un de connu mais impossible de retrouver qui. Assez marrant quand on sait qu’il s’agit finalement de l’acteur interprétant Jaqen H’Ghar de Game of Thrones. Le chef des sans visage a failli passer sous mon nez sans que je m’en aperçoive. Coïncidence ? Je ne crois pas ! Bref, c’est bel et bien lui. Et tant qu’à faire, en attendant le début du film, je lui demande si c’est possible de faire une photo. Il est très heureux de voir que quelqu’un l’a reconnu (il est vraiment passé inaperçu en vrai) et accepte immédiatement. Et voilà, une star de plus dans l’escarcelle.

Et Toni Erdmann alors, c’est si bien que ça ?

Toni Erdmann n’a pas le pitch le plus intéressant de la Terre, bien au contraire. Un père qui rend visite à l’improviste à sa fille pour lui redonner le sourire, elle qui semble ne jamais s’arrêter de travailler. Mais Maren Ade a un talent hors du commun, hors norme. C'est un bijou d'écriture qui n'ennuie jamais sur près de 3h. Toni Erdmann est le vrai premier choc émotionnel de ce festival de Cannes. Une ode à la vie et à l’amour. L’amour que porte un père à sa fille. Une fille gêné par le ridicule de son père. Mais dont l’humour lourd va rapidement se transformé en un humour chargé de tendresse, de compassion et de soulagement. Dans le paysage cinématographique actuel, Toni Erdmann est une bouffée d’air frais. Entre frissons et éclats de rires physiques, le film de la jeune cinéaste allemande est libérateur. L’écriture, la réalisation, le jeu des acteurs tout est fantastique. Plusieurs scènes sont déjà des futures légendes vivantes de la comédie. Cet anniversaire fêté dans le plus simple appareil. La séquence "petit four". Peter Simonischek et Sandra Huller, forme le « couple » père-fille et sont absolument excellents. Un film jouissif, qui libère l’esprit et donne envie de vivre. Délicate comédie s'opposant férocement au sérieux exigé par le système actuel. Favori incontestable pour la Palme d’Or ou à un prix majeur à ce stade la compétition!

9/10

Pour revenir sur Toni Erdmann, l’ambiance pendant la projection était incroyable. De nombreux applaudissements pendant le film. Des éclats de rires par milliers. Une quasi ovation pendant la scène mémorable et déjà légendaire de l’anniversaire. Et enfin une standing ovation de près de 10 minutes (ça fait mal aux mains je peux vous dire) pour l’équipe du film après le générique. Séance inoubliable. Film remarquable.
Pour terminer cette journée, j’ai cherché à obtenir une place pour American Honey (pendant 1h30) et son unique séance de ce dimanche à 15h30. Sans succès. On reprendra donc la chasse demain

Demain justement, plusieurs objectifs :
- Mal de Pierres à 8h30 (déjà ma place en poche)
- American Honey à 15h30. Ma grosse attente
- The Nice Guys peut-être mais à vraie dire j’ai envie de faire l’impasse.

Schuss !

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DelSpooner ·

Toni Erdmann <3

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DelSpooner ·

Whitney Schnuck <3

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Rajdevaincre ·

<3

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zoooran ·

Encore une belle journée cannoise !

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Chnapy ·

Montre nous la photo !

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Rajdevaincre ·

How?

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Chnapy ·

Avec un hebergeur d'image, noelshack.com par exemple

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3
Rajdevaincre ·

Bon tout le monde connaitra ma tête mais OSEF. TADAM!
http://image.noelshack.com/fichiers/2016/20/1463353361-jaqen-h-ghar.jpg

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Chnapy ·

Wow, en effet il est méconnaissable sans ses longs cheveux. Un vrai sans-visage héhé.

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Sergent Pepper ·

C'est tout bonnement passionnant. Merci du partage et keep on viewing in a free world !

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Rajdevaincre ·

:)

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #6 – Lundi 17 mai

Ce matin, pas d’invitations en poche pour la séance du matin. Normalement je suis censé chercher une place devant le GTL à partir de 7h30. Mais à mon réveil, j’ai la bonne surprise de constater que j’ai reçu un message. Le pote américain que j’ai rencontré au début de Cannes (et qui a son court métrage au Short Film Corner : http://knpr.org/knpr/2016-04/gasngo032416-las-vegas-film-short-way-cannes?utm_content=buffer31e1e&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer ) a une invitation en plus pour Loving. Et donc il va me la donner. Parfait ! Je me dépêche d’aller au GTL pour avoir la place. Et je rentre immédiatement avec lui. Loving, une de mes grosses attentes pour Jeff Nichols et moins pour le scénario. C’est parti.

Alors ?

Jeff Nichols a un talent exceptionnel. Il l’avait déjà prouvé avec Take Shelter, puis accentué avec Mud et démultiplié avec son dernier (maintenant avant-dernier film) Midnight Special. Loving ne déroge pas à la règle même s’il s’inscrit dans une veine plus classique. C’est peut-être le seul reproche compréhensible, à mes yeux. Car au-delà de ce classicisme dans la structure narrative et un récit, au demeurant, presque sans surprise, le dernier film de Jeff Nichols est sans défaut. D’une simplicité envoutante et entrainante. Nichols captive grâce à un ensemble d’une cohérence sans limite. Un montage excellent, sublimé par la musique de David Wingo (le compositeur fétiche du réalisateur) et un casting parfait. Joel Edgerton et Ruth Negga en parfaite symbiose. Amoureux et forts face à l'adversité. Une apparition furtive et fun de Michael Shannon. Car si le film traite d’un sujet difficile – une loi américaine interdisant le mariage entre personnes de « races différentes » - Nichols nous fait sourire à plusieurs reprises. Des petites touches d’humour qui rendent les personnages principaux encore plus attendrissants et proches du spectateur. Pendant la totalité du film, la caméra ne quitte jamais l’un ou l’autre. L’histoire est centrée sur eux et ne tombe jamais dans les clichés des films historiques. Il préfère rester dans la discrétion et la délicatesse (la magnifique scène du téléphone) et ne heurte jamais. Pour revenir à la mise en scène du jeune cinéaste américain, il est probablement le réalisateur qui sait le mieux filmer des scènes nocturnes. Un jeu de lumière magnifique. Bref coup de cœur pour ce film classique mais d’une rayonnante simplicité. Compliqué de savoir si le film obtiendra un prix (son classicisme lui fera sûrement défaut) mais pourquoi pas la mise en scène. En tout cas une chose est sûre, avec ce film Nichols est entré dans la course aux Oscars. Génial!

7,5-8/10

Fin de cette petite perle. Direction un petit café pour se reposer un peu. Puis reprise de la chasse aux invitations. Je me poste comme hier au Marché du Film et attends pour Paterson. Une ou deux me passent sous le nez mais elles ne courent pas les rues. Deux heures avant la séance, je change d’endroit (direction le carrousel) et patiente avec mon affichette sous un soleil frappant. Je vois le temps défilé, les places aussi mais pas pour moi. Jusqu’au moment où je vois un groupe de quatre personnes avec quatre invitations bleues et quatre invitations roses. Je me dirige vers eux et leur demande gentiment s’ils n’ont pas des invitations supplémentaires (ce qui semble clairement être le cas). Réponse rapide : « oui. Vous avez un badge ? ». Comme vous le savez je n’en ai pas donc je lui réponds négativement mais sans oublier de préciser que je peux rentrer si je suis accompagné… Bref vous connaissez la chanson depuis. Mais à ce moment-là, il(s) ne veule(nt) pas. Je lui propose alors de me donner une des bleues et que lui (je parlais à un seul des 4) garde la rose, vu qu’il avait un badge. Sec : « Jamais de la vie ! » et petit sourire narquois dégueulasse. Je relance pour les roses mais le mec ne me calcule même plus. « Non mais je n’ai pas envie de les donner… ». Dégoûté j’abandonne ma tentative sur ce groupe. Pire quelques minutes, je les vois me passer devant avec leurs invits supplémentaires à la main puis passer le contrôle avec, sans les donner ! C*****d. J’espère qu’ils perdront leurs points, ces put**n de c*****d ! Quelle bande d’enfoirés.
Je regarde ma montre, déjà 15h30, ça sent le roussi. Je vois une invitation rose me passer sous le nez. Puis à 15h55, je me retourne, je vois un homme au loin donner une invit rose à une autre mendiante juste avant le contrôle et les vois partir ensemble vers le tapis rouge. Sûrement les derniers à profiter du tapis.
16h sonne. Premier échec pour le film de Jim Jarmusch (un de mon top 5 des attentes Cannes 2016). Dommage. Après 13 recherches réussies d’affilées, le sans-faute s’arrête ici. Un peu déçu. J’aurai due avoir ces invits roses de ce groupe des 4 cons (oups). Fin de journée pour la compétition. Paterson n’a qu’une seule séance.

Je décide alors de me balader sur le Boulevard de la Croisette pour profiter de ce beau temps et me dégourdir les jambes. Ensuite je regarde la montée des marches de Loving vers 18h30 jusqu’à 19h. Puis je décide de retourner une dernière fois au Marché du Film pour quémander pendant un petit temps des invitations pour demain et mercredi.
Je fais la rencontre de deux jeunes filles novices de la discipline phare pendant le Festival. Elles m’expliquent qu’elles cherchent des places pour Hands of Stone à 22h. Elles en ont 3 mais elles sont 5. Et elles me disent surtout que si j’en ai elles me l’échangeront contre une des leurs. A savoir : Personal Shopper ou Goksung. Je sens ma chance. Je me mets donc à la recherche de Hands of Stone pour ces nouvelles venues. Et avec pas mal de réussite, j’en chope une, 10 minutes plus tard. En orchestre en plus. Je leur donne alors la place. Elles sont trop contentes. Et comme promis, elles me laissent choisir laquelle je veux entre les deux. Je choisis le film de Assayas (privilégiant avant tout la compétition officielle). Superbe nouvelle. Ma journée n’aura pas été vaine !

En revanche, c’est un peu la nouveauté cette année, que je trouve déplorable : c’est cette histoire d’échanges de places. L’année dernière, les mendiants s’offraient les places en échange de rien du tout (ou alors d’une demande d’accompagnement pour passer les contrôles, ce qui ne représente rien). Mais cette année, les gens gardent leurs invitations si on ne leur donne pas celle(s) qu’ils cherchent en échange. Je trouve ça vraiment dommage. Avant l’exercice était courtois, bon enfant. Mais il y a maintenant presque un rapport de force qui s’exerce. Certains prenant tout ce qui passe et ne les donnant que s’ils ont une contrepartie. Nul. Personnellement à chaque fois que j’en ai eu une supplémentaire, je la donne tout simplement à ceux qui cherchent pour le film. Mais jamais ne me serait venu l’idée d’échanger contre un film que je veux voir plus tard. Et donc de faire ce troc débile ! Bref les aléas de Cannes. La nouveauté de cette année…

Demain, grasse matinée pour moi. Je boycotte (enfin, je fais l’impasse) Julieta pour le matin à 8h30. Pour viser mes deux objectifs majeurs :
- Personal Shopper d’Olivier Assayas (j’ai déjà l’invitation en poche pour 11h)
- Aquarius de Kleber Mendonça Filho
- Julieta de Pedro Almodovar (si j’ai déjà trouvé une invit pour Aquarius je tenterai la séance de 13h30. Si j’arrive à voir Aquarius et Personal Shopper, je tenterai la montée des marches de 19h30)

Pas beaucoup de critiques aujourd’hui mais il fallait bien que la chance se retourne contre moi un jour où l’autre après ce début en fanfare. A demain pour l’épisode 7 à mi-parcours de ce Cannes 2016!

Schuss!

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Razafinralambo ·

Il manquerait juste une photo de toi en train de quémander je trouve

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Rajdevaincre ·

Je vais essayer de vous faire ça pour demain alors... ;)

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4
Rajdevaincre ·

Cannes Jour #8 – Mercredi 18 mai

Le réveil est très difficile ce matin, et j’hésite même à me lever pour tenter le film des Frères Dardenne à 8h30. Finalement à 7h je prends mon courage à deux mains et me prépare pour partir à la chasse aux invits. Et dès mon arrivée à 7h35, à peine 15 secondes après avoir sorti ma pancarte, j’en obtiens une. Ça s’est fait ! J’en cherche une deuxième pour Rawi. Deuxième succès. Et c’est donc parti pour le nouveau film des Frères Dardenne.

En route vers la troisième Palme ?

La Fille inconnue raconte l’histoire d’une jeune médecin (interprétéd par la star montante Adèle Haenel) qui, un soir, n’ouvre pas la porte de son cabinet à une femme car l’heure est dépassée. Mais le lendemain, la jeune fille est retrouvée morte quelques mètres plus loin. Jenny, la jeune Docteure va alors culpabiliser et chercher à savoir qui elle était. Les Frères Dardenne font partie du cercle très fermé des doubles détenteurs de la Palme. Et avec leur nouveau film, ils ne devraient pas être les premiers à en obtenir une troisième. Surement pas ! La Fille inconnue est une déception. Une déception car si la sélection des Frères Dardenne est toujours critiquée (le habitués cannois), ils ont toujours été à la hauteur de l’évènement. Mais ici, Jean-Pierre et Luc passent au travers. Une histoire peu entrainante et surtout extrêmement faible. Le scénario est prévisible à des milliers de kilomètres et manque clairement d’enjeux majeurs pour créer une tension. L’enquête de Jenny aurait pu être passionnante si les deux réalisateurs belges avaient changé leurs manières de filmer. En utilisant plus les codes du thriller pour créer une atmosphère particulière. Mais non. Ils se contentent de suivre la quête du personnage d’Adèle Haenel, excellente mais trop froide. Certes c’est plutôt bien fait avec leurs multiples plans-séquences mais ce n’est pas suffisant pour convaincre. Dommage le scénario avait du potentiel. Il est gâché par le manque d’audace et de renouvellement.

5,5/10

Après la semi-déception belge (je ne suis pas un grand fan des deux frères), me voilà à la recherche de Goksung ou The Strangers ou The Wailing appelez le comme vous voulez pour la séance de 11h30. En quelques minutes j’en chope une et je remonte les marches. J’attends ce film avec impatience. La bande-annonce m’a vraiment séduite. Et le cinéma coréen m’intrigue énormément.

Le meilleur film sud-coréen depuis 10 ans ?

The Strangers est sûrement un des thrillers fantastiques les plus énigmatiques de ces dernières années. Mélangeant les genres et les styles pour déboucher sur quelque chose d’extrêmement bon et mauvais à la fois. La première partie du film de Na Hong-jin est absolument incroyable. Une qualité formelle à couper le souffle et un scénario extrêmement riche. Le drame se mêle à la peur et aussi à l’humour. Le flic interprété par l’excellent Kwak Do-won notamment. Puis, vient une révélation. Un tournant dans l’histoire qui fait chavirer le thriller classique dans une dimension surnaturelle. Voici l’arrivée du diable en personne. A vraie dire, je le dis clairement, j’ai vraiment décroché à ce moment-là. Le scénario se complexifie et il ne faut rien manquer pour vraiment apprécier l’œuvre. Malheureusement même en me concentrant à fond j’ai subi la deuxième partie. Trop fantastique et lointaine dans son délire diable-zombie-chaman. Evidemment, le message politique et règlement de compte un peu facile sur l’histoire qui lie coréen et japonais ne m’a pas aidé améliorer mon jugement immédiat. En revanche, globalement, rien à reprocher sur le rythme. La mise en scène est excellente et la photographie magnifique. Déception sur le reste du film, croyant y retrouver l’ambiance et la qualité d’écriture du parfait Memories of Murder. Mais tout n’est pas à jeter. The Strangers est sûrement une œuvre qui se savoure mieux après de multiples visionnages. A revoir donc.

5,5/10

Fin de Goksung en hors-compétition, qui dure tout de même la bagatelle de 2h36, et direction le carrousel ou en tout cas autour pour la dernière recherche de la journée : Ma’ Rosa de Brillante Mendoza. La chasse s’avère extrêmement compliquée puisque très peu de monde est présent. A croire que personne ne va voir le film. Il faut dire qu’il est quand même encore tôt. 14h15 et le film commence à 16h. Au bout de trente minutes de recherches je commence à me poser des questions sur l’espoir d’en trouver une alors que personne ne semble y aller. Heureusement, quelques minutes après, une femme d’une quarantaine d’année me tend son invitation. Et me fait jurer d’y aller immédiatement. Bien sûr que j’y vais.

Mendoza dans la course ?

Le jeune cinéaste philippin revient sur la Croisette avec un film au pitch assez intéressant. Une famille qui se sert de son épicerie comme couverture pour vendre de la méthamphétamine. Oui oui, le cristal si cher au bon vieux Walter White. Sauf qu’ici, l’histoire se déroule dans les bidonvilles de Manille. Et parallèlement au scénario, Brillante Mendoza souhaite faire passer un message politique fort. Critiquer pleinement une police corrompue et malsaine. Brillante Mendoza le fait d’une manière abrupte et très réaliste. Caméra-épaule proche du documentaire. L’histoire peine à s’installer avant de trouver son rythme de croisière dans la deuxième partie du film et la recherche d’argent. Si le dernier film de Brillante Mendoza manque de rythme et de souffle, il parvient à nous ancrer immédiatement dans l’enfer de Manille. Dommage que l’enjeu de l’histoire soit aussi faible. Et que finalement, le film n’est qu’une portée minimaliste sur les désordres politiques et sociaux que connaissent le pays. Possible prix de la mise en scène. Mais la concurrence est rude cette année.

6/10

Fin de cette journée dès 18h. Je cherche une place pendant une heure de Juste la fin du monde. Au final, je n’en aurais pas mais en trouve une pour Baccalauréat 8h30. C’est déjà ça.
Demain seulement deux objectifs :
- Baccalauréat de Cristian Mungiu (le billet est en poche)
- Juste la fin du monde de Xavier Dolan. En espérant que la recherche ne sera pas trop compliquée.

Schuss !

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DelSpooner ·

Y'a Risk de Laura Poitras à la Quinzaine, je vais plutôt opter pour ça

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Ytterbium ·

sentirais-je une certaine fatigue après 8 jours de festival ? En tout cas, merci pour le partage de cette expérience et la chronique. C'est vraiment passionnant à lire !

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Rajdevaincre ·

Quel fatigue? ;)

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #7 – Mardi 17 mai

Aujourd’hui c’est grasse matinée pour moi. Je fais l’impasse sur la séance de Julieta d’Almodovar à 8h30. Ça permet de récupérer un peu des heures de sommeil et de se reposer avant cette grosse journée. Et oui, trois films en compétition projetés. Je ne l’avais pas encore mentionné mais j’ai rencontré l’ami DelSpooner pendant ce festival. Et ce matin pour Personal Shopper, il est mon « accompagnateur badgé ». Merci à lui ;) Et me voilà donc en corbeille pour le nouveau film d’Olivier Assayas. Un de ceux que j’attends impatiemment.

Et donc, c’est une daube ?

Olivier Assayas est un des réalisateurs français contemporains que j’apprécie le plus pour de nombreuses raisons. Non seulement, il tourne avec des acteurs et actrices internationaux et ne reste pas cantonné à la langue française. J’aime sa façon de réaliser. Puis il sait surtout créer une ambiance assez particulière. Et bien avec Personal Shopper il ne m’a pas déçu. Bien au contraire. Même si le titre est trompeur (ici la mode est juste en fond), le nouveau film du cinéaste français est une petite perle. Ce que j’aime ici, c’est que c’est vrai film de genre. Un film de fantômes avec des scènes où le rythme cardiaque s’accélère peu à peu. Petits sursauts de frayeurs. Les moments d’incompréhension. Les discussions sur l’au-delà et la vie après la mort. Avec Personal Shopper, Olivier Assayas tente quelque chose. Par des pans entiers du film sans aucun dialogue parlé et échangés par sms. Par une réalisation qui ne lâchera jamais Kristen Stewart. Qu’elle soit nue chez le médecin ou endormie dans la maison de son frère décédé. L’ambiance du film est assez flippante. Certaines scènes sont vraiment angoissantes et le final est absolument magique – ce dernier plan ! Kristen Stewart se positionne pour le prix d’interprétation. Le film divisera. Détesté peut-être pour le placement de produits abusés - d'Apple et Youtube - pour certains. Mais qui peut aussi être vu comme utile à la construction et narration du récit pour d’autres. En tout cas, Personal Shopper fait parler de lui, se distingue et se détache du carcan habituel cannois de films d’auteurs très classique voire pompeux quelquefois. Futur grand film du genre.

7,5/10

Après cette géniale séance de Personal Shopper, je vois George Miller et Donald Sutherland passés juste à côté de moi très vite et sortir par une porte dérobée. Il est 13h et je me mets en quête d’une place pour Aquarius. Comme à 13h30, commence la deuxième séance de la journée de Julieta, je me vois proposer une trentaine d’invitations pour l’Almodovar. Je les refuse toute. Ma priorité restant de trouver une place pour Aquarius. Julieta sera en bonus à 19h30 si j’ai le temps et l’envie. Au bout d’une heure de recherche, un homme me donne une invitation supplémentaire bleue pour le film de Mendonça Filho. Et voilà, victoire. Vu que j’ai deux heures d’avance sur le début de la séance (16h) je prends mon temps pour manger tranquillement et pas en vitesse comme un fou. Ça fait du bien. Puis direction le tapis rouge et le premier et unique film brésilien de la compétition 2016.

Kleber Mendonça Filho tient-il toutes ses promesses ?

Le réalisateur brésilien présente ici à Cannes son deuxième film. Après le bon Les Bruits de Recife, il fait son entrée dans la cour des grands sur la Croisette avec Aquarius. L’histoire d’une soixantenaire déterminée à rester dans son appartement alors même que le bâtiment doit normalement être détruit. Kleber Mendonça Filho est clairement dans le thème de ce 69e festival de Cannes. Il fait partie de ces nombreux cinéastes à discuter, réfléchir ou contempler la société actuelle. Dumont parle du contraste riche-pauvre, Loach critique le système social britannique, Sieranevada suit le quotidien d’une famille moyenne roumaine ou encore Rester Vertical est une ode à la différence dans une société prisonnière d'une agaçante normalité. Aquarius, c’est donc un combat. Celui d’une femme, qui a vaincu le cancer il y a 30 ans et qui se bat pour garder sa vie là où elle l’a toujours vécu. Quitte à se faire des ennemis, quitte à se disputer avec sa famille. Mais si le sujet est fort, Kleber Mendonça Filho tombe dans les mêmes mollesses que son précédent film. Son long-métrage est inégal. D’une qualité formelle au début mais accompagné par un scénario peu entrainant. Se jouant de plusieurs flashbacks. Malgré plusieurs thématiques très bien développés (la mémoire, la musique) l’ensemble manque clairement de rythme et le tout reste assez vain. Heureusement le film monte crescendo en qualité avec un dernier tiers excellent. Et surtout repose sur une Sonia Braga tout bonnement parfaite. Grâce à un personnage très bien écrit et son talent démesuré d’actrice. Une nouvelle performance qui s’ajoute à la longue liste des prétendantes au prix d’interprétation. Aquarius ne convainc donc pas totalement mais propose de très belles choses à tous les niveaux. La Palme d'Or s'éloigne mais pas le Palmarès.

6/10

Fin de la projection d'Aquarius, je décide donc de tenter ma chance pour le Julieta de ce soir à 19h30 et commence ma chasse aux invits. 30 minutes de recherches sans réel conviction. Je suis décontracté et n’est pas dans le stress habituel. Si je le rate, je m'en fiche un peu. Puis la chance est avec moi aujourd'hui. Le verdict à 19h08, une femme me tend son invitation car elle ne va pas y aller. Une corbeille bleue. Parfait. Je me permets d’attendre quelques minutes au début du tapis rouge pour bien profiter du crépitement des flashs… Puis je monte les marches (déjà la 16e fois cette année) et direction le GTL pour Julieta avec l’équipe du film

Et donc ?

Almodovar a la terrible manie de toujours parler de sexe, de transsexualité, de changements de personnalités. Et Julieta… fait exception. Miracle ! Alors bien sûr, on n’échappe pas, dès la première image, au plan d’une statue miniature au phallus démesuré. Mais dans ce drame hitchcockien pas une seule apparition de travesti pendant tout le long-métrage. Et au-delà de cette presque originalité pour lui, Almodovar arrive à créer une narration très plaisante. A travers un long flash-back et une voix off très bien écrite. Quelques scènes particulièrement réussi (tout le passage dans le train). Des actrices formidables. Emma Suarez et Adriana Ugarte parfaites dans la peau de Julieta à des époques différentes. Rossy de Palma assez fun, comme souvent, mais dans un rôle à l’opposé de ce qu’elle joue habituellement. Almodovar séduit donc par l’ambiance et l’atmosphère de son film. Et l'histoire assez captivante ou en tout cas intéressante de son personnage éponyme. Malheureusement pour lui les éloges s’arrêtent là. La musique est belle mais trop souvent utilisée à mauvais escient. Et surtout, l’histoire semblait conduire à une réponse sur la recherche de Julieta mais ne mène finalement nulle part. Se terminant, élégamment mais vainement sur un paysage de l’Espagne montagneuse et littoral en même temps. Dommage!

6/10

C’est ainsi et sur cette dernière parole que s’achève ma septième journée cannoise. J’avais envisagé la possibilité de retourner voir Personal Shopper que j’ai vraiment aimé. Mais la fatigue me décourage de chercher une invitation. Et je fais bien car me voilà à nouveau à rencontrer une star. Et pas n’importe laquelle. Après avoir réussi à serrer la main de Cristi Puiu et de George Miller. Après avoir été assis à côté de Jaqen H’Ghar. Et après avoir raté ma tentative d’approche de Kristen Stewart. Voici ma rencontre avec Jeff Nichols ! Oui, le réalisateur du magnifique Loving de la veille.
Pour vous expliquer rapidement, je sortais de Julieta. Je marchais tranquillement. J’arrive au lieu-dit des chasseurs d’invitations pour le soir (au niveau du Carrousel). Et j’arrive aux passages piétons. Je suis arrêté et attends que la police ouvre le passage. Puis quand ils ouvrent, sur le passage piéton passe Jacques Attali (ou en tout cas son parfait sosie). Mais bon lui je m’en fiche un peu. Et trois mètres plus loin, cette fois sur le trottoir mon œil tombe sur Joel Edgerton. Enorme. Et ½ secondes plus tard mon regard continue et trouve juste derrière lui : Jeff Nichols avec une (sa ?) femme au bras. En confiance de fou, je passe derrière lui, lui tapote sur le dos et l’interpelle d’un souriant « Mister Nichols ». Il se retourne, je lui tends ma main, il fait pareil. Petit serrage, et je le félicite chaleureusement pour son superbe Loving. Il est super content (à en croire son sourire) et me remercie. Je lui souhaite alors le meilleur pour la suite et lui dit que j’espère le retrouver au Palmarès. Il me remercie à nouveau et on se salue mutuellement d’un simple « bye » et de deux grands sourires. Superbe journée ! Je suis trop heureux. En 30 secondes de rencontre à peine, il vient d’enjoliver ma soirée. Et je rentre tranquillement chez moi, le sourire aux lèvres et heureux de cette nouvelle entrevue inattendue dans les rues de Cannes.

Parenthèse. C’est hallucinant de voir comme les gens ne reconnaissent pas les acteurs et réalisateurs dans les rues. Beaucoup passent inaperçu. D’ailleurs ça me fait penser que j’ai encore vu passer Laszlo Nemes devant moi quand je cherchais une invit pour Julieta. Je le vois tous les jours mais j’ai l’impression que je suis le seul à le reconnaître. Personne ne détourne le regard quand il passe… Bref.

Demain, trois films à voir dont deux en compétition et donc prioritaires :
- La Fille inconnue des frères Dardenne
- Ma’Rosa de Brillante Mendoza
- The Strangers de Na Hong-jin

Bonne nuit et à demain !

Schuss !

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Rajdevaincre ·

Cannes Jour #9 – Jeudi 19 mai

Ce matin, j’ai déjà ma place pour Baccalauréat de Cristian Mungiu et la séance de 8h30. Mais cette fois pas de GTL. Direction Debussy. La salle juste à côté. Celle des petites marches. Innovation pour moi qui ne suis jamais entré dans celle-ci. Le placement est libre et on voit extrêmement bien l’écran. J’étais en orchestre il faut dire. En revanche, la place pour les jambes est très restreinte. Moi qui aime bien m’étaler ça va être compliqué. Mais peu importe, c’est parti pour mon 15e film en compétition.

Mungiu reçu avec mention ?

Cristian Mungiu vient de se placer en grand favori pour un prix majeur au Festival de Cannes grâce à Baccalauréat. Avec une nouvelle petite perle de mise en scène, le cinéaste roumain arrive à raconter une histoire prenante. Qui remet clairement en question l’être humain, sa façon d’être ou de paraître. Car ici, il est question de mensonges. Cristian Mungiu raconte la descente en enfer d’un homme respecté, médecin de surcroit. Il va devenir un homme qui perd toute morale, ou presque, pour faire réussir sa fille. Afin qu'elle obtienne son bac pour intégrer une école prestigieuse, cet homme de principe va corrompre et perdre toutes valeurs morales ! Le scénario est sublimé par deux points majeurs. Une mise en scène impressionnante. Avec des plans-séquences parfaitement orchestrés accompagnés de dialogues superbement écrits. Mais surtout, l'histoire est portée par un casting excellent et son talentueux acteur principal Adrian Titieni (prix d'interprétation en vue?). Dommage que le film se montre un peu trop moraliste dans ces intentions finales. Avec une mention très bien, le palmarès semble une formalité.

7-7,5/10

Comme ce petit bijou roumain vient de terminer à 10h40, il faut vite que je me dépêche de trouver une place pour le nouveau film de Xavier Dolan : Juste la fin du monde. Il ne me reste que 50 minutes pour en trouver une, la foule est déjà immense et les files sont déjà quasiment pleines. Pas de temps à perdre, je me mets à la recherche du précieux sésame. Plusieurs invitations me passent sous le nez. A 11h10, déjà beaucoup de monde est rentré dans la salle. Je commence à me dire que je vais devoir me replier sur la séance de 22h. Et puis à 11h17, un britannique me tend son invitation supplémentaire. Une bleue orchestre. Génial. Le passage est bloqué un petit moment, le temps que les organisateurs comptabilisent le nombre de places restantes. Donc je patiente et je rentre dans la salle cinq minutes plus tard. Le film commence dans une salle comble. Puis hallucinant, une vingtaine de personnes sont installés en orchestre alors que le film a déjà commencé depuis deux minutes. Super rare, d’autant plus que c’était sûrement des personnes de la file dite de "dernière minute". Bref.

Et donc, comment c’était ?

Le cinéma du jeune québécois fascine autant qu’il révulse. Avec Juste la fin du monde, Xavier Dolan divise donc une nouvelle fois l’avis des festivaliers. Pour être honnête, son nouveau film est une petite perle. En adaptant une pièce de théâtre (et notamment celle-ci), le cinéaste se confrontait à un nouveau défi : le huis clos et les dialogues à gogo. Et pour être franc, le début m’a fait un peu peur. Quand Louis - Gaspard Ulliel excellent même si parfois trop dans le ton de Saint Laurent – arrive dans la maison de campagne et que c’est l’heure des retrouvailles après 12 ans d’absence, j’ai craint le surjeu. Le surjeu de Cassel, Seydoux ou Baye. Et surtout un manque de naturel flagrant. Avec des acteurs qui sortent leurs petites phrases apprises par cœur et qui la crachent à la caméra sans essayer d’y mettre leurs pattes personnelles. Oui, je l’ai craint. Et finalement, tout cela a disparu. Les dialogues sont devenus plus justes, plus spontanés. Parfois drôle, parfois violent et souvent émouvant. Frissonnant quand les regards des acteurs sont filmés au plus près. Dans une succession quasi exclusive de gros plans sur leurs visages. Comme pour nous enfermer, nous étouffer. Nous mettre au cœur de cette famille déchirée, emplie de regrets et d’amertume envers ce fils brillant et solitaire. Louis en prend pour son grade pendant cette heure et demie magique. Il navigue entre les personnages, chacun distillant sa rancœur contre lui mais aussi son amour. Car encore une fois, Xavier Dolan raconte l’amour. Celui dissimulé d'une mère pour son fils – Nathalie Baye de retour au haut niveau. Celui perdu chez son frère – Vincent Cassel admirablement bon. Celui admiratif de sa jeune sœur qui ne l’a jamais connu - étonnante Léa Seydoux. Celui compassionnel et grandissant de sa belle-sœur – Marion Cotillard extrêmement touchante.
Alors évidemment, Xavier Dolan tombe parfois dans la caricature de son propre cinéma. Envolée musicale sur le mythique Dragostea Din Tei du groupe O-Zone, flash-backs flous sous une musique larmoyante ou gros plan sur les objets de la vie (et cette fascination pour la poussière de l’air ?). Malgré cela, Juste la fin du monde fascine plus que tout. Ode à l’amour et au temps qui passe, d’une intensité magnifique et bouleversante. Véritable coup de cœur. Futur nom du Palmarès ? On l’espère.

8/10

Après cette magnifique séance de Juste la fin du monde, j’ai fini ma journée. Et pourtant, il n’est que 13h15. Je pars donc à la chasse aux invitations pour demain. Et en quelques minutes, j’en attrape une pour The Last Face 8h30. Bien joué. Quelques instants plus tard, deux places pour The Neon Demon me passent sous le nez. Mais juste après, je vois qu’une des deux jeunes filles échange son invitation pour le NWR contre une invitation pour The Last Face. A vraie dire, je suis certains que je trouverai une invitation pour The Last Face demain, alors que j’ai de gros doutes pour le film du danois, très attendu! Je décide donc d’échanger ma place. The Neon Demon 11h30 en orchestre dans la poche. Et me revoilà parti pour chercher The Last Face. A 16h15, une femme d’une quarantaine d’année me la tend. Séance de 8h30. Parfait. Contrat remplie.

Demain dernière journée pleine pour moi, avec si tout se passe bien :
- The Last Face de Sean Penn à 8h30
- The Neon Demon de Nicolas Winding Refn à 12h

Schuss !

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DelSpooner ·

Je suis très mitigé sur le Mungiu, je préfère largement le Puiu. Et j'ai vu le NWR finalement, faut vraiment le prendre comme un délire un peu vain.

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Rajdevaincre ·

D'accord pour le Refn. ça peut être fun au moins.
Concernant le Puiu plus j'y pense plus je me dis qu'il s'est raté. A trop vouloir en faire et en dire, il s'est crashé dans l'ennui. Franchement dommage. Dans mon palmarès, bientôt dévoilé, il n'y est plus...

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Rajdevaincre ·

Ah et j'ai l'impression d'aimer tous les films que personne n'aime: Personal Shopper, American Honey et Juste la fin du monde.
Et d'avoir trouvé moyen, les films adulés: Aquarius et Sieranevada
En revanche unanimité pour Toni Erdmann! Comment peut-il raté la Palme?

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Lilii ·

Je viens de découvrir tes posts (bon 15 jours de retard ça passe non ?). Je suis aussi une "chasseuse d'invitations", du coup je me retrouve complétement dans ton aventure ! On a sûrement dû se croiser. Félicitation pour ce quasi-carton plein en tout cas. Je n'ai eu aussi qu'un seul échec cette année (sur 13 tentatives), et c'était pour... Paterson ! Vraiment la guerre ce jour là en bas des marches. Quand je pense que deux de mes amies ont eu le précieux sésame... Enfin j'ai lu tout ça avec beaucoup de plaisir (avec tous les détails que tu donnes tu n'as pas peur de la concurrence ? haha) D'ailleurs je me posais une question, tu es cannois ?

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Rajdevaincre ·

Hey salut,

Cool de savoir que tu étais de l'aventure aussi. Paterson était maudit en effet. Mais bon pas si grave. Et comme tu dis on s'est "sûrement croisé" mais comme on est beaucoup beaucoup beaucoup trop je ne peux pas l'assurer mais il y a de grandes chances ouais.
Autrement je ne suis pas du tout cannois. J'étais Niçois mais comme j'ai fini mes études je suis parti à Paris.
Content que tu ais aimé mes pérégrinations. C'est cool.

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nicaram ·

Comme disait un journaliste à la télé, pour avoir le droit d'aller où tu veux et faire ce que tu veux il faut dire "j'ai un 49-3".

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Pictured-life ·

Je suis un peu en retard (beaucoup même... énormément en fait !) Mais je voulais te dire que j'ai adoré te lire ! J’espère avoir un autre récit pour le prochain festival ! A bientôt

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Rajdevaincre ·

Merci beaucoup ! :)
Au plaisir de se croiser sur la Croisette si j'en suis, tu ne sembles pas habiter trop loin ;)

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Ukiyo ·

Bonne continuation, j'ai trouvé ta série de posts tres interessante.

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PierreAmo ·

moi aussi j'ai trouvé cette liste passionnante; "Moi, Daniel Blake" est un des films que je veux voir; Loach me semble bien plus "efficace" et moins misérabiliste que d'autres films sur le sujet tout en restant très clair et "dénonciateur"; mais je me demande juste si Dave Johns son acteur comique qui faisait des vannes sur les Français changera d'avis sur nous s'ils obtiennent des prix ce soir à Cannes ;) ;) ;) ;) ;) https://youtu.be/WZdMpmAHF3U?t=126

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Rajdevaincre ·

Je ne sais pas si Dave Johns a changé... mais Palme d'Or c'est trop selon moi. Le film n'est pas mauvais bien au contraire, mais c'est encore une fois une Palme politique plus qu'artistique. Dommage. Le jury n'a pas eu d'audace.

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Rajdevaincre ·

Merci beaucoup Ukiyo :)

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PierreAmo ·

bravo bravo pour ce post! vraiment passionnant à lire, voire touchant (si si!);
bonne chance pour la suite et t'inquiète si tu peux pas écrire tous les jours, on peut lire un peu en décalé

(c'est très marrant, entre autres, que tu trouves le Guiraudie super crue... et tu te retrouves encore plus proche de l'écran à une 2nde séance ;) )
merci et bon courage

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Rajdevaincre ·

Touchant vraiment? J'aimerai en savoir plus sur ce point...
Plus proche pour le Guiraudie oui, et le ventre plein! La scène de l'accouchement a été bien plus dure à supporter.

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