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Que voir à Gérardmer 2017 ?

À propos de Clown Grave Split The Jane Doe Identity The Last Girl - Celle qui a tous les dons On l'appelle Jeeg Robot Orgueil et préjugés et zombies Rupture Under the Shadow The Lure

Cette année, l’équipe du grill ne fera pas le déplacement au festival de Gérardmer. Vous ne nous trouverez pas sur les marches de l’église en train de savourer une tourte vosgienne, une bière à la main en espérant voir Philippe Rouyer passer dans un anorak rouge saillant. On aurait aimé mais même si on veut bien clamer sur tous les toits que notre vie est dédiée au cinéma, elle nous rattrape comme un Jason ne voulant pas mourir sous les assauts répétés de la final girl de service. Déception.

Sauf que (in)consciemment, on avait prévu le coup. On se doutait au vue des dates assez tardives du festival vosgien que cette 24ème édition allait être un gros mais magnifique best of des meilleurs films fantastiques de 2016 n’ayant pas encore trouvé le chemin de nos salles obscures donc on s’est aventuré dans quelques festivals à l’automne. On a fait l’étrange festival, Alcide a pu voir quelques films au PIFFF, Willard couvrir quelques projets qui le bottaient bien à l’occasion d’un voyage outre-mache. Résultat, on a visionné 80% de la compétition et 50% de la hors compétition, on a donc voulu vous donner notre avis sur quelques titres du cru 2017.

Le Grill a aimé

On commence par la compétition où est présent l’un de notre gigantesque coup de cœur de ces 12 derniers mois : « Grave » (critique plus détaillée ici). Entre Teen movie et film de cannibalisme, le premier long métrage de la française Julia Ducournau est un petit bijou à la fois jouissif et anxiogène qui devrait partir favori pour l’obtention d’un prix. Son outsider le plus sérieux est « On l’appelle Jeeg Robot » (critique plus détaillée ici), un film de super héros italien plus proche d’un mélange entre « Incassable » et « Kick Ass » que d’un Marvel. C’est un poil fauché mais très bien écrit et doté d’une bonne mise en scène. Autre outsider de la compétition avec « The Girl With All The Gifts », un film d’infectés anglais où un groupe de militaires et un jeune cobaye errent dans une Angleterre décimée par un mystérieux agent pathogène. Certes, de loin, ça ressemble à « 28 jours plus tard » dans les décors de « La route » mais le traitement est d’une intelligence folle et la mise en scène a de beaux moments de grâce. Ensuite,« The Autopsy of Jane doe » n’a peut-être pas l’étoffe d’un favori mais c’est vraiment un bon film d’horreur. On se retrouve projeté dans une morgue familiale où peu avant l’heure de fermeture, un policier vient porter un mystérieux cadavre, source de phénomènes étranges durant l’autopsie. L’histoire est simple mais l’ambiance que distille le long métrage d’André Øvredal est vraiment effrayante. Stephen King a déclaré avoir adoré cette œuvre et je comprends tout à fait pourquoi.

Du côté de la hors compétition, on vous recommande « The Lure » (critique plus détaillée ici) projeté durant la nuit décalée. Pour faire simple, imaginez la petite sirène d’Andersen revisitée par Jacques Demy dans une Pologne à l’esthétique 70s/80s, vous serez assez proches du résultat. C’est coloré, sexy, trash, jouissif, bref une jolie curiosité à voir. On vous conseille aussi un premier film court (75 minutes) d’un frenchie explorant un désert californien entre Dupieux et Aja, « Sam was here » (critique plus détaillée ici) offre de vrais moments de tension dans un emballage un brin expérimental qui lui va bien. Une bonne pioche même si l’on aurait voulu un peu plus de tenue niveau scénario. On reste dans un sud des États-Unis halluciné avec la soirée « Phantasm », l’œuvre d’une vie pour son auteur Don Coscarelli qui a écrit et réalisé la (désormais) pentalogie Phantasm entre 1979 et 2016. Saga dantesque par ses proportions et ses ambitions, on suit les aventures de son héros Mike Pearson, croque-mort, à travers chacun de ses films aux allures de « Contes de la crypte » aux virages à 180° dans la narration entre réel et hallucinations très southern Gothic. Parfois longuets, parfois trop ambitieux pour son budget, parfois datés mais toujours fascinants. Seul les deux premiers épisodes seront diffusés lors d’une nuit spéciale mais ce n’est pas une raison pour les manquer.

Le Grill trouve passable

Au rayon des films intéressants mais imparfaits, on commence avec « Orgueil et Préjugés et Zombies ». Croyez-le ou non mais cette relecture du chef d’œuvre de Jane Austen à la sauce films de zombies aurait pu être bien si on ne trouvait pas un Matt Smith qui cabotine et que le film ne sombrait pas dans les dernières quarante minutes dans tous les clichés du blockbuster moderne. Reste que jusque-là, l’univers construit fonctionne plutôt pas mal. Ensuite vient « Rupture », une œuvre assez intrigante car l’ambiance et le suspense que distille Steven Shainberg, nous tiennent en haleine, une partie du long métrage. Sauf que son histoire de mère de famille kidnappée par une société secrète de scientifiques déçoit fortement de par ses incohérences scénaristiques et sa superficialité. Dans un autre style, genre et culture, on trouve « Under the shadow » (critique plus détaillée ici). Ce film d’horreur n’a pas séduit Willard même s’il pense qu’il a des chances de trouver son public. Après 30 minutes dénonçant certaines dérives de la société iranienne, le long métrage prend son envol lorsqu’une bombe va traverser le toit d’un immeuble, où vivent une mère progressiste et sa fille, entraînant le réveil d’un Djinn en colère. Si l’ambiance et le scénario sont vraiment bien travaillés, la mise en scène, bien qu’assez bonne dans l’ensemble, se repose trop sur des jumpscares très prévisibles.

Le Grill déconseille

Parmi les fortes déceptions, on commence par la compétition avec « Clown », produit par Eli Roth, on suit l’histoire d’un père de famille qui va se transformer en démon mangeur d’enfants. Le film brise le tabou du meurtre de marmots de manière assez trash mais pour le reste, il ne prend aucun risque. On devine la fin dès les premières minutes, les personnages sont assez clichés et les rares idées intéressantes mais très amorales sont vite enterrées dans l’œuf. Un Direct To Dvd pas mauvais mais oubliable.

La hors compétition n’est pas avare en mauvaise surprise elle aussi. On attaque par « Prevenge » signé Alice Lowe, une actrice/scénariste anglaise ayant collaboré avec Edgar Wright et Ben Withley. Une habituée du cinéma de genre qui décide de passer en même temps devant et derrière la caméra lors de sa grossesse pour adapter son scénario de femme enceinte que son fœtus télépathe force à tuer. Pour l’anecdote, le film a été tourné en 11 jours alors qu’elle était au 7ème mois de sa grossesse, le problème c’est que ça se sent et malgré quelques fulgurances, le travail est globalement bâclé. Mauvais film policier inspiré de « Seven » tourné en Malaisie, « Interchange » (critique plus détaillée ici) peine à nous intéresser à son histoire de flics torturés contre un tueur sadique. Plus à l’est et toujours pour ceux qui aiment souffrir au ciné, « Terra Formars » de Takeshi Miike (critique plus détaillée ici), projeté durant la nuit décalée, est un mauvais nanar. Une sorte de « sharknado » de la SF dont le réalisateur japonais a supervisé l’ensemble de manière totalement désintéressée. Le film est en roue libre total malgré un combat final intéressant.

Le Grill aurait aimé voir

Projeté en ouverture du festival, « Split » de Night Shyamalan est l’un des 4 films qui nous fait regretter de ne pas pouvoir monter dans le village des Vosges. Les premiers retours US sont vraiment bons soulignant que ce film signerait la résurrection du réalisateur américain tandis que James Mcavoy, en psychopathe aux 11 personnalités, serait excellent. Autant de raisons qui devraient en faire un concurrent plus que sérieux à Grave dans la course aux principaux prix. Nous attendons la fin du mois de février avec impatience. Toujours en compétition, « Realive » est le deuxième long métrage de Mateo Gil, l’ancien complice de plume d’Alejandro Amenabar. En gros, un homme qui, atteint d’un cancer incurable, aurait décidé de se cryogéniser avant, 60 ans plus tard, de se réveiller dans un monde qui le dépasse. Très clairement, cette œuvre m’intrigue au plus haut point et Alcide m’a dit qu’elle était au cœur d’une bonne partie des discussions dans les couloirs du PIFFF. Ce qui renforce mon envie de le voir dans les prochains mois.

En hors compétition, « Le secret de la chambre noire » est le premier long métrage en langue française du japonais Kyoshi Kurosawa, auquel le festival va rendre hommage pour l’ensemble de sa carrière. Ce dernier s’est entouré d’un casting de qualité (Tahar Rahim, Mathieu Amalric et Olivier Gourmet) et la bande d’annonce ainsi que le pitch sont extrêmement attirants. En gros, un jeune homme décide de devenir le disciple d’un ancien photographe de mode dont le seul passe-temps est d’immortaliser, plusieurs fois par jour, sa fille sur plaque argentique. Un récit angoissant qui devrait valoir le détour. Enfin, notre intérêt pour le documentaire « David Lynch – The Art Life » se résume en une question : Qu’est-ce qui pourrait pousser à aller voir un reportage bien noté par la presse américaine qui revient sur la vie de David Lynch ? On a envie de répondre : absolument tout !

En résumé, une des plus belles sélections de ces 5 dernières années, bravo aux organisateurs, en espérant que le palmarès sera à la hauteur mais il y a de grandes chances que ce soit le cas. Pour les chanceux qui s’y rendront, hurlez pour nous au loup-garou de générique d’intro et profitez à fond de cette compétition, elle le mérite.

Willard et Alcide

Article publié sur : http://cinematogrill.fr/que-voir-a-gerardmer-2017/

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4 réponses

Axel Courdy ·

Et bah, si il y a quelques années on m'aurait dit que des gens voudrait voir un film de Shyamalan.... A mon plus grand plaisir, bien sur.

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Cinématogrill ·

De 99 à 2004 c'était pas dur, après... C'est plus discutable.

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Axel Courdy ·

même si j'aime bien ses films de cette période, je pense que le gros problème qu'on les gens avec ses films, surtout de cette période(donc a partir de signes) c'est que Shyamalan mettait un trop l'aspect sur l'interprétation, ce qui fait que beaucoup sont passer a côté de ses films(bon, d'accord, pour After Earth et le dernier maitre de l'air, c'est ces moins bons).

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Cinématogrill ·

Je ne sais pas si tu connais l'émission Chroma mais il y a un épisode particulièrement bien construit sur Signe qui se penche sur le moment où sa carrière a tourné aigre. Personnellement il y a une partie "ego" dans Shyamalan qui me gênait dès sixième sens mais qu'il a su étouffer dans The Visit et je l'espère Split, il arrête de parler puissance supérieure et créateur en se donnant le beau rôle et ça fait visiblement du bien à son cinéma.

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