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The Esthetic Demon

À propos de The Neon Demon

Illustration The Esthetic Demon

Je suis incapable de dire à l'heure actuelle si j'ai aimé le film ou non. Je l'ai vu hier en début d'après-midi mais je suis pratiquement sûre que je ne pourrais jamais émettre un avis se basant sur le j'aime/j'aime pas. A vrai dire, je ne pense pas que ce soit le genre de film dont l'appréciation se fait sur le goût mais bien plus en tant qu'expérience filmique. Le film ne se juge pas en sa qualité de bon film ou de mauvais film mais d'expérience filmique marquante ou oubliable.

Pour le coup, The Neon Demon est une claque. Une claque esthétique premièrement parce que le film tient toutes ses promesses, chaque plan est magnifique, construit avec une symétrie parfaite, au point qu'on peut prendre n'importe quelle image au hasard, elle serait une superbe photo. Cette volonté d'esthétiser tous les plans avec cette minutie m'a rappelé Barry Lyndon sauf qu'il ne s'agirait pas de peinture comme chez Kubrick mais en transposant cette volonté à la photographie. Il est possible d'entendre certains se plaindre de l'artificialité des plans justement. Cette artificialité au contraire sert le film puisque rappelons-le, le film se déroule dans l'univers de la mode et aborde sans cesse la question de l'apparence. L'esthétique filmique n'est ni plus ni moins en accord avec les sujets traités.

Concernant le scénario, il serait néanmoins naïf de réduire le film à un pamphlet engagé contre les diktats de la mode. Jesse, 16 ans, arrive à New-York dans l'espoir de devenir mannequin. Elle est jeune, belle, mince, vierge et séduit rapidement le milieu de la mode. Mais évidemment, cela a un prix car elle comprendra que les gens travaillant dans ce milieu sont méchant gnagnagna (C'est marrant parce qu'ils répètent pendant 1h57 à quel point la beauté de cette fille est unique alors que pas tant que ça. Elle a un physique plutôt commun ._.). Le plus important n'est pas le sujet mais la façon dont il est traité. The Neon Demon est jusqu'aubouttiste, refusant les concessions. La dernière demie-heure ne laisse aucun répit au spectateur, une descente aux enfers pour Jesse ("l'héroïne"), un cauchemar visuel. On plonge avec elle dans l'horreur avec la même brutalité. Du moins en théorie. Car c'est un des reproches que j'ai à faire au film : tout s'enchaîne trop vite durant ces dernières 30 minutes (évidemment que c'est volontaire de la part du réalisateur) au point que les événements montrés tiennent plus de la surenchère de traumas que d'une véritable progression dans l'horreur de sa condition. Le film donne l'impression de dire "tu as trouvé le premier viol éprouvant ? Pfff c'était que dalle ça, regarde ce que je peux encore faire lel." Oui mais non. On sent tout au long du film une forte influence lynchienne tant au niveau de la lumière que de la musique bref l'atmosphère globale transpire David Lynch. Sauf que le point fort de David Lynch était de créer justement une atmosphère progressive (la progression est à mes yeux l'un des procédés les plus maîtrisés par Lynch) tandis que The Neon Demon jette l'horreur. Ce qui est dommage parce que la notion de progression dans l'horreur aurait créé une double évolution entre l'ascension sociale de Jesse ainsi que sa plongée dans les travers de ce milieu. Refn a choisi de tracer ces deux lignes narratives en deux temps, l'une après l'autre, cassant un peu le rythme du film. Dommage.

Si vous voulez voir une oeuvre dépassant son simple statut d'objet filmique pour se hisser au niveau d'une véritable expérience, regardez ce film. C'est ce qu'il a de mieux à vous apporter (tant mieux d'ailleurs parce que ça manque au cinéma, les films qui te foutent des claques ^^)

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Avatar Luffy Trancy
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