Le triste sort de Teresa Palmer

Avis sur A Discovery of Witches

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S’il fallait trouver un premier argument pour se lancer dans A Discovery of Witches (et c’est justement la raison pour laquelle on s’est montré curieux à son sujet), ce serait probablement la présence de Teresa Palmer. Elle est de ces actrices (comme acteurs) qui ont développé, consciemment ou non, une certaine personnalité au travers des films auxquels elles participent et des rôles qu’elles incarnent. Dans le cas de Teresa Palmer, si on met de côté la partie romance de sa filmographie (Wish you were here, Amour et honneur, The Choice), et à l’exception d’une œuvre d’auteur indéfinissable comme Knight of Cups, c’est dans le cinéma de genre qu’elle semble avoir vraiment trouvé sa place.

Avec Dans le noir principalement, où une créature cauchemardesque s’en prenait à elle et son petit frère, son naturel et la crainte visible dans son regard offraient une totale empathie. Elle récidiva avec Berlin Syndrome, qui la voyait se faire kidnapper par un maniac. Elle partagea enfin l’écran avec Chadwick Boseman dans le Message from the King de Fabrice Du Wetz. En clair, s’il fallait la résumer, Teresa Palmer n’est pas qu’un beau visage, ce à quoi certaines productions voudraient la réduire. Il aura fallu pour elle se battre contre le cliché de la « jolie fille en détresse », et prouver qu’elle excelle lorsqu’elle s’en prend plein la gueule et qu’elle ne peut compter que sur elle pour s’en sortir.

Ces « bons » rôles, c’est donc bien dans le cinéma de genre (épouvante, fantastique ou thriller) qu’elle les a trouvé – au même titre qu’une certaine Jane Levy (Evil Dead, Don’t Breathe, Twin Peaks, Castle Rock). L’idée de la voir évoluer dans la série A Discovery of Witches, dans le rôle d’une sorcière, était alors prometteuse. Dès les premières minutes, Teresa Palmer aborde une attitude qu’on connaît bien, mais qui fonctionne à chaque coup. Simple, le regard intrigué par ce qui se déroule devant elle, méfiante, mais malgré tout curieuse de ce qui l’entoure. Elle y interprète Diana Bishop, une historienne qui étudie de vieux manuscrits à la bibliothèque Bodleian d’Oxford. De plus, Diana est une sorcière, cachée parmi les humains. Bien que refusant d’utiliser ses pouvoirs, voulant adopter un mode de vie « normal », Diana se voit confrontée à la magie lorsqu’elle fait la découverte d’un livre disparu depuis des siècles. Celui-ci renfermant le secret derrière la création des vampires, la jeune femme est rapidement la cible de plusieurs camps.

Rien de bien original dans cette histoire, où l’héroïne est malgré elle confrontée à quelque chose qui la dépasse. Et c’est bien là le problème. Même si la production britannique se montre efficace dans sa mise en scène (avec tout de même quelques fautes de goût, on y reviendra), elle pèche avant tout par son manque flagrant d’ambition. Très premier degré, A Discovery of Witches reste en surface et ne semble pas vouloir raconter autre chose qu’une opposition vue et revue entre deux clans : vampires et sorciers (des démons pointant aussi le bout de leur nez). On pourrait toujours voir dans le conflit sorciers/vampires une sorte de métaphore de la crainte des humains envers ce qui est différent d’eux (par la religion, la couleur de peau, l’origine…). Mais ce serait, honnêtement, faire de la sur-interprétation et chercher à intellectualiser une œuvre qui n’en mérite pas tant.

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