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Avis sur After Life

Avatar Boubakar
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Dans cette nouvelle série écrite, jouée et réalisée par Ricky Gervais, ce dernier joue Tony, un homme qui a beaucoup de mal à se remettre de la disparition de sa femme. Il broie tellement de noir qu'il songe constamment à se suicider, mais il ne peut pas, car sinon, qui donnerait à manger à sa chienne ? Donc, il va étaler sa mauvaise humeur et ses pulsions morbides à son entourage, ainsi qu'à son boulot (il est journaliste pour un magazine gratuit, l'équivalent de 20 minutes).

La nouvelle série de Ricky Gervais traite du sujet difficile du deuil et de vivre seul quand on a connu le bonheur qui nous a été arraché. Le traitement peut être au fond assez répétitif (il broie du noir-regarde des vidéos de son épouse qu'elle a enregistré avant son décès-essaie de se suicider-pourrit ses collègues de travail-rencontre son père frappé de la maladie d'Alzheimer...) sur les six épisodes, il se dégage de plus en plus une lumière, nommée espoir.
Au départ, il est amusant de voir le cynisme de Ricky Gervais, qui est quasiment de tous les plans, frapper ses collègues, et en particulier Tony Way, que je trouve formidable. C'est un des journalistes de ce quotidien, qui ne pense qu'à bouffer, et qui a un physique assez étrange qui le rend à la fois drôle à touchant. J'y retrouve l'humour noir qu'il aime tant dans ses podcasts et ses spectacles, notamment quand parle de la religion, de Twitter ou de Kevin Hart, qui est l'idole d'une journaliste.

Mais plus ça va, plus l'émotion semble se distiller au fur et à mesure des épisodes quand il rencontre d'autres personnes, notamment le livreur qui est un junkie n'arrivant pas non plus à se remettre de la disparition de sa compagne, ou la prostituée qu'il paie ... pour lui faire la vaisselle (!) et cette dame qui vient tout les jours sur la tombe de son mari, lequel est toujours d'accord avec elle, et qui va être la morale de cette histoire. Car même s'il est veuf, le personnage de Gervais a encore droit au bonheur, et une nouvelle rencontre va être l'occasion d'un possible nouveau départ...
Même s'il s'essaie sur le terrain de l'émotion, ça reste quand même assez drôle, en particulier les visites que fait Gervais et ses collègues pour faire du journalisme dans cette petite ville anglaise où un type aux cheveux gras les harcèle pour venir chez eux, un autre qui a une tâche sur le mur ressemblant à Kenneth Branagh, ou encore le bébé d'Adolf Hitler, avec la moustache !

Alors que ses films sont vraiment pas terribles (Life on road, Special correspondants, sérieusement ?), Ricky Gervais n'est jamais meilleur que quand il est dans le domaine de la mini-série, car il semble avoir une liberté créative totale. C'est sûr que ça ne sera jamais au niveau de The office ou Extras, j'ai dévoré littéralement cette série, qui est de plus très courte (6 épisodes de 25-30 minutes), et souvent émouvante.

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