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Alcatraz par VincK

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Alcatraz c'est la nouvelle série de JJ Abrams. Pour ceux qui ne le savent pas, sachez qu'il est un des apôtres de la série moderne, celle qui consiste à jouer avec le conditionnement culturel du spectateur pour créer des effets, plutôt qu'à développer une intrigue cohérente et touffue.
JJ a notamment commis les séries Alias et Lost souffrant toutes les deux d'une résistance nulle au reverse watching (principe qui consiste, à chaque révélation émise, à repenser aux événements antérieurs pour savoir si cette nouvelle information est cohérente).
C'est donc je l'avoue avec une certaine fébrilité perverse que j'ai lancé le pilote de cette nouvelle série.

Le pilote donc, débute sur une scène se déroulant en 1963 où deux policiers débarquent sur l'île. On y apprend alors qu'en fait, Alcatraz n'a pas été fermée volontairement (officiellement pour surcoût – dégâts sur les bâtiments à cause du sel, coût du ravitaillement en nourriture et eau douce, transports des enfants à l'école, les familles du personnel vivant sur place, etc.), mais que « 302 personnes ont disparu la même nuit et personne n'a jamais réentendu parlé d'eux. Personne jusqu'à aujourd'hui ». TADAAAAAM.

Alors, on va tout de suite essayer d'imaginer un peu ce qu'il faut pour maintenir le secret sur la disparition de 302 personnes, même il y a 50 ans. Déjà, ça implique que personne, parmi les gens au courant, ne moufte. Et comme c'était il y a 50 ans, ça veut dire que non seulement, personne ne moufte sur le coup, mais en plus personne ne moufte sur son lit de mort ou dans son testament.
Ici donc, ni les deux flics qui ont découvert le truc, ni les renforts qu'ils ont appelés n'ont dit quoi que ce soit. « Dis à tout le monde de venir » a dit le plus gradé des deux quand ils ont réalisé que tout le monde avait disparu, c'est beaucoup « tout le monde » ; ce ne sont pas deux pellos, mais dix, quinze, vingt... Et ce n'est pas du service secret habitué au secret d'état, non, non, c'est du flic de base, du commun, du qui est stressé par l'achat de sa nouvelle voiture et d'un frigo qui fait congélo, alors garder le secret sur la disparition de 300 personnes alors qu'ils ont vraisemblablement des potes parmi le personnel, ça parait compliqué.
Idem pour ceux qui vont s'occuper de la dissimulation (faux papiers de transferts, faux actes de décès...) même si eux étaient sans doute plus habitués au secret.
Parallèlement à ça et c'est encore plus étonnant, ni les familles des prisonniers, ni leurs avocats, ni les proches du personnel (il y avait des familles entières à Alcatraz !), les instituteurs, professeurs, copains d'écoles, ni ceux qui étaient en vacances ou malades, ne vont s'inquiéter ou parler. Pas de scandale, rien.

Voilà, ça c'est mon JJ en pleine forme. Ça démarre tellement fort que j'ai peur de l'effet soufflé. En moins de deux minutes il a réussi à nous balancer un mystère au summum du poncif et de l'improbable, et mieux, il s'en sert comme postulat de départ de sa série.

Fin de l'intro flashback, on se retrouve de nos jours, dans une visite touristique d'Alcatraz.
Une gamine décide d'aller voir ce qui se passe derrière une porte marquée « Fermé au public » qui n'est pas fermée à clef... Elle s'éloigne du groupe, passe la porte, suit un couloir et... elle hurle. Le guide, sa mère et des badauds déboulent. Elle est devant une grille derrière laquelle un homme est allongé.
« Faut pas dormir ici monsieur » dit le guide avant de se barrer.
Oui, parce qu'un mec qui dort dans une cellule en dehors du parcours de la visite et dans une zone fermée au public, c'est normal. Ça n'inquiète personne et surtout pas le personnel.

Nous verrons plus tard que toute la sécurité du site est du même acabit. Mais c'est normal, comme les catacombes de Paris, Alcatraz n'est pas DU TOUT propice à attirer des gens qui voudraient y passer une nuit discretos, et, dès lors, il n'est pas nécessaire de fermer les portes ou de mettre des gardes ou des caméras.

Notre inconnu se retrouve donc seul, la gamine ayant filé elle aussi. Nous sommes au pays des gens qui ne s'étonnent de rien. Tranquille, l'homme se lève, sort de la cellule, il n'a pas l'air en pleine forme, un peu fatigué, un peu sensible au Soleil et il semble un peu surpris parce qu'il voit (« oh un jeune avec une coupe émo et deux fils pendant à ses oreilles ! Oh un noir avec une petite caméra ! Depuis quand ces gens ont un pouvoir d'achat ? » etc.) Il enfile un blouson (qui sort de nulle part) et se dirige vers le pont d'embarquement pour le continent.

« Ticket s'il vous plait », il fouille les poches de son blouson et y trouve un ticket, des dollars et une petite clef avec le numéro 8. Il ne s'étonne pas, même s'il ne semblait pas très sûr de lui. Il monte dans le bateau. Sur un des bancs est posé un sac en papier contenant des produits achetés à la boutique des souvenirs de la prison. Notre ex disparu le pique, se met à le feuilleter tranquillement et tombe sur sa propre photo.

Ce serait moi aussi mon premier réflexe, me chercher moi dans le livre plutôt que regarder la date d'impression de ce dernier pour savoir quelle année on est (oui parce qu'entre la vue de la baie de San Francisco et ses réactions au contact des gens, il a bien dû capter qu'il avait changé d'époque et non pas 'juste' glissé dans une réalité parallèle).
Passons aussi sur les raisons qui ont fait que malgré la disparition de tout le monde, on se soit dit qu'on allait garder les archives de la prison, voire même les filer à un auteur pour qu'il puisse faire un bouquin avec les photos des prisonniers disparus sans que personne ne le sache.

Flashback ! On se retrouve en 1960, Jack (notre ex disparu) est donc prisonnier et on découvre que le directeur-adjoint ne l'aime pas et est très méchant avec lui: il fait une fouille de sa cellule, prétend y trouver un tournevis pour lui sucrer son droit de visite. Fin du flashback, retour de nos jours.
Oh JJ ! Quelle idée géniale de nous raconter la vie des personnages via des flashbacks incessants !

Jack continue de feuilleter le livre et tombe sur la photo du fameux directeur-adjoint et sur la page d'à côté, une photo plus moderne (comme c'est pratique) où il reçoit la medal of valor. Jack murmure « Tiller » les dents serrées avant de regarder la baie de Frisco se rapprocher (pendant ce temps-là, le possesseur du bouquin n'a pas bronché et Jack ne s'est toujours pas demandé en quelle année il était, non il va plutôt penser à sa vengeance contre le vilain adjoint). Ben oui quand ça fait 7 ans qu'on est en taule et qu'on se retrouve à une autre époque et libre avec des dollars en poche, le premier réflexe c'est de faire la gueule et de bouquiner en pensant à sa vengeance.

Générique !
Le mot Alcatraz apparait au milieu de l'écran avec un zoom arrière (pas du tout comme Lost donc).
Fin du générique de 10 secondes.

Des gens courent dans un escalier de secours, un homme est poursuivi par deux inspecteurs (un black et une blonde – ça remplit tous les quotas d'un coup). Arrivé en haut, l'homme saute, le flic aussi, mais se loupe et se retrouve suspendu. Le vilain en profite pour lui filer un coup de latte. La femme flic saute et réussit. Elle tente de faire remonter son partenaire pendant que le fugitif se sauve, mais n'y parvient pas. Le flic tombe et meurt prouvant ainsi que tous les blacks ne savent pas sauter.

Plus tard, dans le bureau du lieutenant, la blonde (Rebecca de son prénom) ne veut pas d'équipier. Elle explique qu'elle ne culpabilise pas, car elle en veut à celui qu'ils poursuivaient (ce qui explique sans doute que tu ne veuilles pas d'équipier, imbécile).

Un mec frappe à la porte du bureau et passe la tête par l'embrasure « Homicide, c'est pour toi » et hop, voilà Rebecca qui se lève et qui commence à se barrer sans que le lieutenant ne dise rien. Visiblement, le respect, c'est plus une valeur à la mode. De mon temps, ça ne se serait pas passé comme ça. Séquence souvenir.

Insérez ici la musique de Starky et Hutch, puis une vidéo du Capitaine Dobey en train de crier.

Rebecca arrive sur les lieux du crime. La victime est Tiller, le fameux directeur-adjoint. Hum ok, on imagine que Jack a trouvé son adresse dans l'annuaire (ou un bouquin avec son adresse vu qu'il aime bien les bouquins), qu'il avait assez de thunes pour se payer le taxi et qu'il a donc assouvi sa vengeance sans s'interroger sur l'année en cours ni savouré les joies de la liberté. Un bon diner ? Une pute ? Ah non Jack il va plutôt buter un vieux sans même lui demander comment et pourquoi il a changé d'époque, ok. Merci JJ.

Le FBI déboule rapidement et vire la flic. Comme ça l'a fait un peu bouder, elle en profite pour voler une photo dans un cadre brisé se trouvant sur une étagère la scène de crime (après le respect, parlons de l'intégrité). A noter que la photo est la même que celle dans le bouquin que Jack a feuilleté sur le bateau. Que de coïncidences !!! Serait-ce un nouveau mystère ? Une main divine ? Ou juste une connerie de mauvais auteur ? Je vous laisse réfléchir à la question.

Elle retourne donc au commissariat avec son cadre et le passe dans un super programme pour récupérer une empreinte digitale, balance ça dans la super base de données du SFPD (San Francisco Police Dept): Jack Sylvane. Attention, reverse watching. On retourne en arrière et on regarde comment était posé le cadre qu'elle a volé. Ah ben oui, il est complètement impossible que le disparu ait laissé une empreinte à cet endroit au vue de la position dans laquelle était la photo.

Rebecca s'en fout et clique sur le nom de Jack pour ouvrir le fichier.
Ça télécharge jusqu'à 37%.
Accès refusé.

Tout cela me parait correct. Le super outil de la police est codé avec les pieds et vérifie l'accès APRES avoir commencé à télécharger des données.
Allons plus loin. Des gens ont donc pris la peine de scanner et de garder les fichiers sur les disparus d'Alcatraz. Ils ont rentré leurs empreintes dans les bases de données de la police 30 ou 40 ans après les faits. Mais comme quand même c'était un peu secret, ils ont verrouillé les dossiers des fois que quelqu'un voudrait les ouvrir.
C'était tellement plus simple et plus discret que de ne pas les rentrer... Et comme on apprendra plus tard que Jack est censé être mort et qu'il existe un certificat de décès. C'est clair qu'on ne pouvait pas mettre ces infos dans le dossier informatique. Noooon. On préfère balancer un 'Accès refusé' c'est tellement plus logique.

Comme c'est une fille de l'e-génération, Rebecca se dit qu'elle va plutôt chercher Jack Sylvane directement sur Internet. Et comme Internet c'est trop balèze, elle tombe sur une entrée au sujet du bouquin « Les pensionnaires d'Alcatraz » (ah ben tiens, c'est visiblement LE bouquin à connaître dans cet univers). Et comme la main de Dieu est toujours là, la photo de Jack est mise en exergue à côté du lien vers le bouquin.
Mais au final, ça la saoule, alors elle ne clique pas sur le lien pour en connaitre un peu plus sur Jack, elle ne regarde pas les autres références et se dit qu'elle va plutôt chercher des infos sur la victime ! (sur internet oui, après tout c'était un agent du FBI, il ne doit pas apparaitre dans les dossiers de la police lui).
Et hop, elle tombe (encore) sur une référence au même bouquin avec les photos (jeune et vieux) de la victime. Quel enchaînement, quelle enquête, que de brillantes idées !
Elle décide là encore de ne pas cliquer sur les liens concernant la victime, mais plutôt sur celui donnant la biographie de l'auteur du bouquin.

Si, si, sérieusement.

Je me permets d'ailleurs un petit arrêt ici pour résumer : tu as l'empreinte digitale d'un mec qui était à Alcatraz et qui devrait avoir 80 ans, tu l’as trouvée dans l'appartement d'un agent fédéral mort et toi ton premier réflexe c'est de lire la bio du mec qui a rassemblé des photos de prisonniers dans un bouquin ? Et tu es la super flic de la série ? Ce livre est visiblement maudit ou particulièrement attirant, sans doute est-il le nœud d'une force mystique à l'œuvre.

Comme Rebecca semble suivre une logique toute personnelle, elle ne s'arrête pas en si bon chemin et se dit qu'elle va rencontrer l'auteur. On la retrouve alors entrant dans... une librairie / salle de jeux avec une décoration de salon, peut-être un magasin de jeu de rôles, de comics et de jeux vidéo. Toujours pour préserver un peu de mystère, on ne sait ni comment elle a trouvé l'adresse, ni pourquoi elle viendrait ici le trouver. Et vu sa capacité à lire les bons liens internet, on doute, mais là encore, la main de Dieu reste une explication plausible.

Quoi qu'il en soit, c'était une bonne idée car l'auteur est bien là. A noter qu'il est joué par celui qui faisait Hurley dans Lost et comme il est censé avoir deux doctorats, je l'appellerai le doc à l'avenir. Comme le monde est bien fait, le doc se souvient parfaitement de l'histoire de Jack : WW2 vétéran, a braqué une boutique, mais comme elle vendait des timbres ça en fait un crime fédéral, a fini en prison puis a tué un prisonnier qui l'embêtait et a donc échoué à Alcatraz.

Flashback 1960

Jack est en isolement (sans blouson d'ailleurs), plan sur du pain de mie moisi, Tiller lui fait la blague de « Allez, tu sors...nan je déconne c'est au tour de Michel aujourd'hui, toi tu restes encore un peu, fais gaffe tu es tout palot tu devrais manger un peu, lol ! ».

Fin du flashback de 10 secondes. Là, je constate que j'en suis à 15 minutes du début de l'épisode. Ça va être long.

Nous retrouvons Jack à l'entrée de ce qui semble être une piscine municipale. Jack dit qu'il veut utiliser un casier. La clef entre dans le casier 8 et fonctionne parfaitement. Il trouve une mallette, très moderne, un flingue, très moderne. Le mec de l'accueil arrive pour lui filer une serviette. Jack le cogne à coups de crosses. On mettra ça sur le compte du choc temporel.

Rebecca entre dans un bar. Il est tenu par son oncle, ancien gardien à Alcatraz, qui a connu la victime. « Il n'y a pas de coïncidences » disait V (pour Vendetta). Je ne me permettrais pas de remettre sa parole en doute. Le doc arrive dans le bar (non on ne sait pas comment il a trouvé l'adresse) et file à Rebecca une photocopie de l'ordre de transfert de Jack signé par Robert Kennedy et l'acte de décès de Jack en disant « j'ai retrouvé ça chez moi » nous indiquant donc qu'il a TOUTES les archives d'Alcatraz dans son appart et qu'il a eu le temps de rentrer chez lui, fouiller ses archives, trouver le bar et s'y rendre, le temps qu'elle, elle... vienne au bar.
A noter que le doc connait l'oncle de Becca, il précise même qu'il l'a étudié et qu'il s'est inspiré de son nom pour un des personnages de son comics (c'est un détail qui aura son importance plus tard : le doc connait aussi l'ensemble du personnel de la prison, l'oncle n'était « que » un garde).

L'oncle de Rebecca dit qu'elle devrait arrêter l'enquête vu que c'est du fed (on apprendra plus tard que le grand-père de Rebecca a été prisonnier là-bas alors qu'elle croit qu'il était gardien, ce qui pourrait expliquer la réaction de l'oncle). Elle boude un peu. Mais le doc lui dit qu'elle devrait continuer alors elle dit que oui c'est vrai et ils deviennent potes.
Il lui révèle alors que la dernière fois qu'il était à Alcatraz, il est tombé sur des piles d'archives qu'il n'aurait pas dû voir. Et que... ah non c'est tout. Juste ça. Pas de détail, pas d'anecdote. En gros, le mec il tombe sur des archives, ne les lit pas, ne se fait pas virer à coups de crosse, mais il SAIT qu'il n'était pas censé les voir.

Ni une ni deux, nos amis Josette et Jocko se donnent rendez-vous au bateau navette pour Alcatraz.

Une fois sur place, ils échappent facilement au guide, gardiens et vont se balader dans les sous-sols, là où Jocko a vu les archives. Oh une grille bloque le passage ! No souci, elle commence à crocheter. Comme il s'emmerde un peu, le doc lui demande ses origines secrètes (c'est un geek). Son père était flic, elle lisait les dossiers avant de dormir et l'a aidé à résoudre des enquêtes. Elle est donc vraiment balèze. Elle finit de crocheter et les voilà dans les archives. Une salle pourrie, avec une fenêtre, enfin une grille donnant sur le dehors, les papiers sont là, exposés...

Elle prend un dossier random et reconnait de suite qu'il s'agit d'un dossier d'un prisonnier transféré et dit « mais pourquoi ils ne les ont pas emmenés avec eux s'ils ont déplacé les prisonniers ».
Comme nous, nous savons qu'il y a eu un cover-up, on se demande surtout pourquoi ces cons ont laissé des dossiers sensibles plutôt que de les enfermer ailleurs que sur un site touristique non gardé... Ou même tout simplement pourquoi ils ne les ont pas juste foutu au feu. On se demande aussi à quel point ça a été chiant de trimballer tout ça pour les scanner (eh oui pour la base de données et le futur livre super génial du doc), puis les ramener ici – sans que personne se pose de question.

Heureusement, JJ Abrams pense à nous. Et comme il n'aime pas trop que les téléspectateurs réfléchissent le JJ, hop, scène d'action.

Coupure de courant dans les archives, elle sort son flingue, gueule « SFPD ». Une grenade à gaz roule dans l'escalier. Pschhhhh. Fin de la scène.

Ah ben mince, en fait il y a bien des gardes. Mais pas devant la porte. Ni devant les accès à cette partie de la prison. Et ils sont prêts à attaquer des flics (tout en prenant soin de leur laisser le temps de fouiller un peu). Ça promet du lourd.

Rebecca se réveille dans une salle blanche où il y a des écrans et surtout le mec du FBI et une indienne (qu'on appellera Pocahontas pour la caution historique, certes elle est indienne d'Inde ou peut-être Perse, mais ça le fait, on n'est pas à une incohérence ethnique près). Tout cela nous conforte donc dans la logique Abramsienne : on laisse des archives derrière une grille pourrie non gardée alors qu'on a une base secrète à 3 mètres. J'imagine qu'après avoir trimballé les archives pour les scanner puis ramener ici, les mecs ont fait grève et refusé de les redéplacer.

Le mec du FBI explique qu'ils « ont un protocole très strict pour les intrus ». J'en conclue que le protocole c'est « ne pas sécuriser la salle des archives ; gazer les intrus puis leur montrer la base ». Je veux bien croire que c'est strict, mais l'adjectif 'débile' me parait plus approprié. On essaye : « Nous avons des protocoles débiles en ce qui concerne les intrus ». Tout de suite, ça sonne mieux, non ?

Le gars du FBI explique qu'ils sont une section spéciale qui enquête sur les disparus d'Alcatraz. Il montre à Rebecca et au doc (oui vu que c'est un secret gardé depuis 50 ans, on va filer des infos à un civil) une photo de Jack vieillit par un logiciel très perfectionné (!). Puis, une image d'une caméra de surveillance où on voit Jack, jeune. Le doc confirme que c'est bien lui (il est fort pour comparer les deux photos qu'il connait de Jack et une image toute pourrie d'une caméra de surveillance).

Un coup de fil, Pocahontas répond, puis va filer les infos à l'oreille du gars du FBI qui lui va les répéter à voix haute à nos deux kékés (c'est lui le boss, il fait ce qu'il veut des infos sensibles, c'est sans doute lui qui a approuvé le stockage des archives): « la police a retrouvé un uniforme sur un lieu de crime, c'est du Alcatraz donc c'est pour notre section ».

Marrant ça, dès qu'un flic trouve un truc lié à Alcatraz, ils reçoivent un coup de fil. Ok, de qui ? Faut que le process soit connu de pas mal de monde et que le numéro de téléphone de cette section spéciale et secrète aussi.
Là, on a affaire à une agression à coups de crosse dans la tronche, il doit y avoir que des flics de base sur place et pas de détective, ni de nommés. Y a même pas eu vol. Mais ils SAVENT que le pantalon en jean avec un 2024 dessus signifie Alcatraz et ils SAVENT qu'il faut appeler la ligne de la section secrète spéciale. « Si vous trouvez un jean avec 4 chiffres dessus, envoyez « ALCATRAZ » au 0622 ».
Le vieux (qui est aussi logique que le scénario) décide donc d'y aller et d'emmener avec lui les deux rigolos.

Fin de la scène avec un fondu au noir sur le programme de vieillissement de photo, avec une barre de progression « Inversion du vieillissement » puis « retour à l'original ». Euh... Why ? Recharger la photo originale ? Fermer le logiciel ? Y avait pas d'autres options pour retourner à la photo originale que de refaire les calculs ? Vous êtes sur mac ou quoi ? Hmm, passons.

FLASBACK 1960
Jack est sur un lit en prison, attaché. Un médecin lui prélève du sang. Le médecin est méchant avec Jack, presqu'autant que le directeur (pour votre culture personnelle, la prison d'alcatraz était plutôt cool en fait et les prisonniers voulaient y être transférés). Le voisin de chambrée de Jack (caché derrière un rideau, on saura sans doute qui c'est dans un épisode futur et ce sera sans doute une super révélation), se met à lui parler, à lui demander combien de sang a été prélevé et à faire tous plein de mystères avec des sous-entendus « je sais des choses ». Il finit sur un « des choses terribles vont se passer ici ». Zoom sur Jack et musique qui fait peur.
Yeah ! GG JJ !
Fin du flashback.

Nous revoilà avec nos trois compères (le vieux, la blonde et le doc) qui sont arrivés à la piscine (?). Le doc, en voyant le pantalon (ou la chemise) en jean laissé en évidence sur un banc près du casier : « 2024, c'est Jack ! ». Le vieux prend un air étonné/intéressé alors qu'il a le dossier de Jack dans les mains. Dossier qui est jauni sans pour autant être l'original car la photo est imprimée et non agrafée laissant à penser qu'ils utilisent du papier recyclé pour imprimer. Classe.
Par contre, quand il montre la photo au mec de l'accueil, c'est celle de ce dossier. 5cm x 5cm. Bizarrement, quitte à prendre un fichier j'aurais pris la photo grand format pas le dossier secret avec une petite photo de qualité dégueulasse. Mais bon, je ne suis pas du FBI moi.
Coup de bol, le gars a noté le numéro du taxi (oui parce que Jack l'a tabassé à coups de crosse mais ne l'a pas assommé, c'était juste comme ça, pour le fun). Du coup, Rebecca colle tous les flics sur la piste du taxi – ce qui est encore une bonne idée pour gérer cette affaire confidentielle, mais bon il faut faire vite. Et elle a raison ! Ça va aller vite.

On retrouve Jack, à pieds, qui a visiblement changé de blouson, il traverse une rue et se dirige vers une maison. Deux flics arrivent en bagnole avec les gyrophares. Ils ont repérés le taxi, ont interrogé le chauffeur et sont arrivés pile au bon moment pour avoir le temps de reconnaitre le passager. Du coup, Jack les bute. Dans la maison, un mec entend les coups de feu et va vers la porte un peu inquiet, il ouvre, jette un œil, voit les flics, s'inquiète encore plus et retourne rapidement vers son bureau. Too slow ! Jack pop (il est passé par une autre entrée de la maison), flingue à la main.
« Ouvre le coffre ! » Le mec l'ouvre. « File-moi le sachet noir ! » Il lui file. Jack vérifie ce qu'il contient : une clef mystérieuse ! Jack bute le mec. Il sort (par où il est rentré visiblement) au moment exact où Rebecca arrive à la porte.
On notera donc que le temps d'aller d'Alcatraz à la piscine, d'interroger le mec, de lancer l'appel, de laisser les flics trouver le taxi, puis de rallier l'emplacement où les flics ont été shootés est identique (à deux minutes près) au temps qu'il a fallu à Jack pour aller de la piscine à la baraque. Ahlala, le vilain chauffeur de taxi qui t'a fait la blague de passer par le périf sud parce qu'il savait que l'A6 était fermée... C'est ballot quand même.
Rebecca lui court après et le perd. Le doc qui attendait près des flics morts (enfin un mort et un blessé) a soudainement une épiphanie et apprend à Rebecca que la femme de Jack est morte mais s'était remarié à son frère et que ce dernier est donc peut-être la prochaine victime.
Euh ? WHAT ? D'où vous tirez ces conclusions les enfants ? J'ai à peine le temps de hurler que Jack arrive chez son frère et tombe sur le fils de ce dernier. « Entrez, je vais chercher mon père ». Jack entre et regarde les photos sur les étagères et en trouve une de sa femme à l'époque.

FLASHBACK 1960
Jack au parloir avec sa femme.
Elle : Ton frère te passe le bonjour.
Lui : Super, il s'occupe bien de toi ?
Elle (gênée) : Il faut que je te demande quelque chose. Je veux divorcer.
Lui : Non.
Elle : Il faut que tu me laisses partir !
Lui (en cassant une chaise) : Non. NON. NOOOOOOOOOOONNNNNNN.
Fin du FLASHBACK.

Le frère (tout vieux donc) arrive et le reconnait.
Alan, le frère (qui est visiblement le personnage le plus intelligent de cette série) : Mais tu n'as pas vieilli ?!
Jack (perspicace) : Toi, si.
Alan (nous révélant un morceau du cover-up) : Mais, on m'a dit que tu étais mort, j'ai jeté de la terre sur ton cercueil.
Jack : Elle a souffert ?
Alan : Elle a eu le cancer. Oui, elle a souffert. Il t'est arrivé quoi ?
Jack (visiblement monomaniaque et n'arrivant toujours pas imprimé qu'il s'est passé 50 ans) : Il s'est passé que mon frère a épousé ma femme. Et tout ce qui est arrivé après n'a aucune importance.
Jack arme son flingue.

Rebecca et le doc arrivent sur place (trimbalons le gros sans arme et non entraîné à la poursuite d'un criminel recherché et dangereux). Jack et le frère ont disparu. Le fils est attaché. Il dit que Jack est allé sur la tombe de son ex-femme.
Au cimetière, Jack pleure sur la tombe et dit qu'il l'aime.
Rebecca arrive : « Haut les mains SFPD ! »
Jack : Je vous connais ?
Rebecca pense « Mais t'es con, tu as tué trois mecs et je viens de dire que j'étais flic ».
Jack : J'ai tué Tiller parce qu'il était vilain et l'autre mec parce qu'on me l'avait dit.
On voit une unité style SWAT se positionner.
Jack : Tue moi.
Rebecca : Non ! Qui t'a filé un ordre ?
Jack (la pointant avec son flingue) : Tue moi !

J'aurais ajouté un « chienne » et une insulte à son père, perso, mais Jack a un côté gentilhomme. Un mec du SWAT qui visiblement en a aussi marre que moi, tire, bim dans l'épaule, voilà Jack désarmé. Tir parfait ! Rebecca gueule quand même « ARRÊTEZ, CESSEZ LE FEU, ARRËTEZ !!!!! ».
Euh, t'es vraiment conne hein, il allait te buter et a juste une balle dans le bras.
Le vieux du FBI un peu plus pragmatique, arrive et serre Jack.

Hop, retour à la bat cave avec Becca et le doc (ils sont comme chez eux maintenant). Rebecca, grâce à son instinct de super flic, sent bien que le vieux ne dit pas tout alors elle lui dit « Vous nous cachez des trucs !!! ». Du coup, le vieux balance que oui, tout le monde a disparu le même soir d'Alcatraz, que Jack est un des premiers à refaire surface et leur montre une pièce secrète (dans la base secrète) qui contient des portraits et des notes de tous les disparus.

Rebecca jette un œil et tombe direct sur son grand-père « oh mais tiens dit-elle, il était prisonnier et pas gardien ». Et un peu après, elle réalise aussi que c'est son grand-père qui a tué son coéquipier (oui elle a tiqué sur le texte en police 6 avant de réaliser en voyant la photo format A4).
Rebecca se remet très vite et pose toute de suite la bonne question au vieux : « Vous le saviez ?! » - non savoir pourquoi il a été arrêté, quand il est revenu, ce qu'il a fait d'autre depuis qu'il est revenu... le lien avec son père... ça, elle s'en fout Rebecca. Et tout le monde s'en fout d'ailleurs. Du coup, Rebecca dit qu'elle veut être embauchée. Le vieux avait prévu le coup (il est super fort) et sort un contrat et ceci vingt secondes après lui avoir dit qu'elle était trop jeune et trop impétueuse.
Mais faut reconnaitre que pour l'instant, l'unité spéciale c'est le vieux et Pocahontas, ça fait léger. Surtout pour une unité à qui on a construit une base secrète, une prison secrète (on verra ça dans la dernière scène), il était peut-être temps d'embaucher des gens. Et qui de mieux qu'un obèse pas sportif et pas entrainé et une jeune femme qui n'a pas trop d'éthique pour faire des missions secrètes et dangereuses ? Good call old man, good call !

Dernière scène. Le vieux est en voiture dans une forêt. Il descend, sort Jack de la caisse (Jack a encore changé de blouson) et le conduit vers un bunker. On n'a aucune idée de sa localisation. Mais ça ne peut pas être sur l'île (il n'y a pas de bois sur celle-ci), ni sur Frisco même (où les seules zones boisées sont aménagées, là on a un vrai bois). Mystère, mystère. On se demande aussi où était Jack entre temps, ils l'ont ramené dans la base d'Alcatraz ? Ils l'ont gardé dans un coffre de bagnole ?
Par contre, on voit encore le manque criant d'effectif dans son unité vu qu'il est obligé de le trimballer tout seul. On découvre alors que la forêt cache en fait une prison super moderne et conçue spécialement pour les disparus d'Alcatraz. Il colle un coup de boule à Jack en lui disant que Tiller était son pote puis le remet à des gardes qui font plus militaires que gardiens de prison.

FIN DE l'EPISODE 1.

Si je vous dis qu'à l'épisode 2, on apprendra que la section spéciale, ce n'est pas juste le vieux et Pocahontas, mais qu'il y a aussi des analystes (en plus des militaires de la prison secrète), vous ne vous demanderez pas pourquoi le vieux à embaucher un flic et un civil (en attendant qu'ils viennent fouiller plutôt qu'en les recrutant). Si je vous dis que Pocahontas était en fait une psychologue d'Alcatraz (mais que là le Doc il a pas réagit alors qu'il connait toutes les bios des disparus) ?
Vous comprenez que le 2e épisode est à la hauteur du pilote et confirme la réponse à toutes les questions qu'on peut se poser.

Oui, JJ Abrams est une merde. Et si vous pensez que "quand même c'est pas si mal", vous vous plantez. Vous vous plantez parce que cette série (comme Lost) est une insulte à l'intelligence, le Big Deal de la série TV. Un truc formaté sans cohésion ni logique mais qui provoque des effets pavloviens (musique, champ/contre-champ avec effet de zoom --> 'OH MON DIEU QUE SE PASSE-T-IL').

Regarder Alcatraz ou Lost sans se poser de question, c'est comme manger de la merde tous les jours. Au bout d'un moment on trouve que ça a du goût.
Eh bien pourtant, je vous assure que ça reste de la merde.

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