States of Decay

Avis sur American Gods

Avatar Bachi Bouzouk
Critique publiée par le

American Gods c'est ce genre de série un peu spéciale, un tantinet capricieuse à se mettre en place, caractérisée d'une écriture longue et de séquences psychédéliques, dans la lignée de Hannibal et Legion. Une esthétique très soignée donc, mais qui pourrait bien souffrir des mêmes maux que les précédents projets de Bryan Fuller, qu'on retrouve ici comme créateur et scénariste, ayant également bossé sur notre cannibale raffiné, qui je l'avoue m'a perdu en fin de saison 2 et m'a achevé avec une saison 3 d'un obscur abyssal.
J'ai bien cru y voir passer un anaconda ou deux.
Pour le coup noir c'est noir et y'a pas franchement d'espoirs pour que j'my remette.
Une excuse de moins pour ce cher Bryan ayant dorénavant tout le temps pour se consacrer à la trame de ce projet, puisqu'il n'est plus le showrunner de la future série CBS "Star Trek : Discovery", mais reste tout de même producteur exécutif. FR - US
Michael Green est aussi de la partie, qui a fait son apparition en 2009 avec la série Kings, à qui l'on doit Logan, le tristement célèbre Alien : Covenant, et qui devrait nous pondre un Blade Runner 2049. Toujours au scénario donc, ici agrémenté du statut de créateur/producteur, et on évitera de mentionner un désastreux Green Lantern (mais on le fait quand même).
L'influence de Neil Gaiman est indéniable, de qui on se souvient pour avoir mit son véto par rapport à la fameuse scène de la pipe au cimetière, toujours là pour maintenir les rênes (heureusement), et même à l'écriture de certains épisodes.
Côté casting, ça envoie carrément du pâté de caviar : Ian McShane dans le rôle de Voyageur toujours aussi jouissif dans toutes ses répliques, Peter Stormare incarnant Czernobog, tueur de vache confirmé imbibé de vodka, Ricky Whittle qui envoie du lourd dans son rôle d'ex taulard renfrogné, dont on se souvient vaguement dans The 100, et une ribambelle d'autres personnages pour le moins atypiques.
Le patte artistique étant cernée, on va maintenant s'attaquer au morceau :
Le niveau de la réalisation loin d'être révolutionnaire recèle quand même quelques plans bien sympathiques qui sortent du lot, des lumières quand même excellentes et décors tout à fait corrects.
Le résultat est bien , il faut l'avouer ; c'est esthétiquement sublime.
Bien qu'on pourrait reprocher quelques lenteurs, on ne peut nier un style évident, et pour ne citer que ça, un générique hypnotique sous amphéts qui fracasse tout, annonciateur d'une décadence imminente, subjuguant par sa beauté hyper-agressive et la minutie de sa composition. On remercie mille fois le brillant studio Elastic, à qui l'on doit notamment les génériques époustouflants de True Detective, The Leftovers, Westworld etc...
Pour mentionner le pilote, plutôt obscur vis-à-vis du niveau général, qui nous présente des personnages de façons random un peu bancale, mais pas d'inquiétudes ça s'améliore et y'a quand même de l'idée dans les suites.
Rappelons que l'aboutissement d'un pilote convenable est un exercice ardu sur lequel même les plus grands y ont laissés quelques dents. FR - US
Quant à la bande son y'a rien a dire, c'est varié et toujours dans le thème avec de temps en temps un brin d'étrangeté, tantôt tirant sur une espèce d'influence scandinave, tantôt vers des sables sinueux quelque part dans le Moyen-Orient - en un mot - ça a du style. Et c'est diablement efficace.

American Gods, c'est ce genre de série auquel tu mets des mots anglais dans le titre de la critique parce-que ça fait plus classe et comme ça tout le monde sait que t'as du vocabulaire.
C'est le genre de série qui parviens tout de même à me captiver juste assez pour me forcer à continuer, mais qui maintiens constamment une bonne dose de mystère.
Une démarche audacieuse si vous voulez mon avis.
Et y'a intérêt à ce que ça continue comme ça, même si tout au fond de moi ça gueule d'appuyer un peu sur la pédale scénaristique sous peine de perdre quelques fans en court de route..
Mais dans l'ensemble ça se tient, ça se déroule correctement, on prend plaisir à décortiquer les personnages comme des crevettes, on est comme les aventuriers de l'arche numérique dès qu'un brin de mystère est soulevé, et pour l'instant je suis loin d'être déçu par la nouvelle production d'Amazon.
Reste a confirmer tout ça dans les prochaines saisons mon p'tit Bryan.

"Imagine the most luscious dream sequences from Hannibal and extend them for an entire episode: That's the vibe of American Gods"
Ben Travers, IndieWire

"For what is obviously such a grand and ambitious undertaking, though, there is something oddly familiar about American Gods. Perhaps it is simply one of those accidents of timing, but in recent months there have been a number of shows along roughly the same lines: violent, moody and handsome, so sure of their own good looks that they lack the inclination to explain anything about themselves. Fans of Legion and Preacher, in particular, will be happy to add another clever-clever supernatural show to their library, while fans of the book may be delighted that it has found its way to the screen at last. But it may take patience for those viewers who fall somewhere in between."
Rebecca Nicholson, The Guardian

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