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Phénomène sur Netflix, "Tiger King" est une série documentaire à l’image de son récit, un bordel fantasque et sacrément bien articulé. Elle présente le combat entre Joe Exotic et Carole Baskin, l’un voulant préserver sa garderie de gros chats et l’autre souhaitant le faire tomber. Bien entendu, pour que ce pitch ait un peu plus d’allure, nous avons des personnages édulcorés, des situations rocambolesques et comme Netflix aime bien le mettre en avant "un meurtre commandité, de la polygamie, un gourou manipulateur, ‘Tony Montana’, de l’escroquerie " , etc.

Ce merveilleux kamoulox porté sur le sensationnel, semble faire plus office de télé-réalité que de documentaire. Les personnages et leurs dérapages montrent une volonté de se faire remarquer devant la caméra, laissant ainsi les réalisateurs Eric Goode et Rebecca Chaiklin, spectateurs de leur propre show. Et le terme "show" mérite bien sa place même si c’est le point qui pourrait porter préjudice à cette série. Cependant son apparence sensationnelle et "showtime" est justifiée, parce que la forme de cette série documentaire et à l’image de ce qu’elle représente. Spectaculaire, hallucinante, voyeuriste où la réalité va au-delà de la fiction, impossible de se cantonner à une sobriété quelconque.

C’est du show à l’américaine, comme les Américains ont été habitué à le voir, avec une histoire aux multiples rebondissements. Et si vous vous attendez à voir une série qui plaide contre la maltraitance animale, tournez les talons. Dès le début réalisateur Eric Goode nous explique qu’il partait sur un sujet de documentaire et que la rencontre avec un homme possédant une panthère des neiges dans son camion, l'a dirigé vers Joe Exotic. Cette série raconte cette guerre sans merci entre des personnes en quête de popularité, ayant besoin que toute l'attention soit tournée vers elles. On nous montre les différentes facettes de ces gens parfois exagérés, tourné au ridicule ou adoucis, mais surtout que rien ne va chez eux. Joe, c’est le gamin capricieux qui ne saisit pas ses responsabilités. Carole, la bonne âme hypocrite et profiteuse. Doc, le gourou mégalomane qui cherche le pouvoir et le contrôle sur tout. Personne n’est bon dans cette histoire et il n’y a pas de parti à prendre. À nous aussi spectateurs de réfléchir à ces images, destinées probablement à un public averti. Mais n’oublions pas qu’un reportage pose des faits, un documentaire pose des questions. Celle qui nous reviendra le plus ici, c’est : pourquoi ? Nous permettant ainsi de mener notre propre enquête au fil des épisodes et interagir avec la série, autre point intéressant qui participe à sa force majeure.

Très scénarisé par ses propres protagonistes et monté à la manière d’un reality-show, « Tiger Kings » nous offre un spectacle hallucinant avec une pléthore de personnages hallucinés. C’est drôle, terrifiant, rock et décérébré, mais c’est maîtrisé de A à Z et j'y reconnais là une bonne série documentaire. Car le documentaire doit aussi nous raconter des histoires et en voilà une qu’on est pas prêt d’oublier…

Ellossan
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