Y a-t-il un Pilote dans l'Avenue ?

Avis sur Avenue 5

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Depuis l'avènement de Netflix et consors, les séries TV, c'est un peu devenu le bordel, il en pope de partout, c'est pire que des Mogwai arrosés au super soaker par Jacquie et Michel, c'est l'orgie, on ne sait plus où donner de la tête (mais pas queue), en plus tous les épisodes sont dispos d'un coup et c'est généralement pas assez bon pour vous laisser un souvenir de plus de trois mois, mais pas assez mauvais pour que vous laissiez tomber au bout de trois secondes, un peu comme de s'engager dans une relation de couple quand on est dyslexique et qu'on a tendance à intervertir les P et les U.

Du coup, on ne sait plus s'y retrouver, ça rappelle le buffet à volonté de chez Flunch, au début on se dit, c'est super, il y en a pour tous les goûts mais finalement, on réalise que même la salade de betteraves à le goût de frites. Alors qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ? On bouffe des frites, des frites, encore des frites, toujours des frites. En bâtonnet, en cubes, en potatoes, en smoothies, en ragoût, en pâte à tartiner. A tel point qu'on finit par oublier le goût de l'authentique, vu que Dirk Gently s'est fini il y a 5 ans de ça et que personne n'a su faire mieux depuis (à leur décharge, personne n'a essayé non plus, ce qui explique cela).

Et puis un jour, on se laisse tenter par ce petit machin dont personne ne veut, là, dans la petite marmite à l'écart, le truc qui couine avec des pattes poilues mais dont on te jure que c'est comestible quand même : on a repéré les toilettes avant au cas où il faudrait courir rendre à dame nature ce qui lui appartient, même si pas forcément dans l'ordre, on inspire un grand coup, on prend une bouchée à l'aveugle, ça couine comme de juste, et là, surprise, contre toute attente et malgré les mines dégoutées de vos camarades de tablée, on se régale.

Hé ben ce petit machin poilu, en 2021, c'est Avenue 5, comédie de SF grinçante bourrée de punchlines d'anthologie (sous réserve qu'on affectionne le pince-sans-rire, le sarcasme et l'humour anglais) et de moments de cringe en apesanteur, parfaitement contrôlés, sous la houlette d'un commandant de bord sexy ressemblant à s'y méprendre à Hugh Laurie, mais sans la jambe en RTT, sur fond de croisière cosmique qui tourne au désastre et à l'hystérie collective.

C'est absurde, c'est acide, c'est authentique, c'est social mais surtout, surtout, c'est drôle. Pas toujours très fin, certes, mais genre drôle pour de vrai, et tout le long de l'épisode, pas juste pour une séquence à caser dans la bande annonce ou avec des grosses blagues bien explicites à la Jeff Portnoy (même si son sosie joue dans la série) pour être sûr que tout le monde rigole. Juste drôle, quoi.

Les vannes tapent dur, tout en finesse, et c'est un festival - qui fera particulièrement la joie des fonctionnaires tant leur quotidien professionnel y est peint avec une terrible acuité (ou peint cuité tout court, ce qui revient au même).

Jubilatoire et triste, parce que trop bête pour être vrai. Et pourtant !

Après, a priori, ce n'est pas l'humour de monsieur-tout-le-monde, c'est même à peu près l'humour de monsieur-personne si on en croit sa note sur Sens Critique (en même temps, il passe très mal à la traduction, même si les personnes en charge de l'adaptation ont fait des efforts louables - bien qu'insuffisants) mais ma foi, si vous en êtes vous aussi, embarquez à votre tour à bord de l'Avenue 5 : vous verrez, on y est bien. Sauf si vous êtes allergique au homard. Auquel cas : courez.

En plus, c'est pas pour spoiler mais il paraît que le gars qui ressemble tellement à Hugh Laurie, là, c'est vraiment Hugh Laurie.

Coïncidence ?

Je ne crois pas.

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