Je... Je suis perdu là...

Avis sur Berserk

Avatar PhenixduXib
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Je ne vais pas tourner autour du pot : cette série m'en a fait voir de toutes les couleurs et a remis en question nombre de règles et limites que je m'imposais, de manière générale, pour ce qui est des objets culturels. Qu'on se le dise également - élément que j'avais déjà mentionné dans ma critique sur la série Berserk de 1997 - je n'ai pas lu une seule ligne, une seule bulle du manga de Kentarō Miura, du moins, pour l'instant. Or, dans le cas de cette adaptation, ça n'est pas resté une simple anecdote.
J'ai découvert l'univers de Berserk via les adaptations télévisuelles et cinématographiques, aurais-je dû commencer par l’œuvre originale pour me préparer à ce que les adaptations allaient donner ? Et cette sensation extraordinaire après le visionnage de ces deux saisons : à me demander si l'adaptation était réellement fidèle à l'outil de base ? Une multitude de questions donc... qui ont mené à coller un malheureux 4/10. En voici les raisons.

Nous suivons les aventures de Guts et de Casca, quelques temps après l'Eclipse. Ils portent encore les stigmates de cet événement et sont donc poursuit sans relâche par les Apôtres.
Voilà... Grosso-modo, pas plus de spoil.

Alors... J'avais adoré la série de 1997 et ce, pour pas mal de raison dont cette saveur de Dark Fantasy assez spéciale que je n'ai pour le moment retrouvé nulle part ailleurs. Une série donc, très teintée La Compagnie noire de Glen Cook comme j'avais pu la comparer grossièrement, avec son traitement des personnages, ces éternels questionnements sur le bien et le mal... C'est vraiment ce qui m'a plu dans cette série, en ajoutant le fait qu'elle était assez sérieuse dans l'ensemble. Mais la série de 2016... Je ne parviens pas à expliquer comment, si c'est une mauvaise interprétation de ma part, une mauvaise compréhension mais elle ne me plaît pas, dans le sens où elle a largement moins de charme et de piquant que sa prédécesseure. Pour essayer de décrire ça de manière grossière, cette série n'a pas le même atmosphère chaotique (même si...), elle ne se focalise plus tellement sur les notions manichéennes (même si...) mais surtout, elle a ajouté, par l'apparition de quelques personnages, une dose d'humour sympathique certes mais loin d'être de mise, à mon avis, pour un univers tel que celui de Berserk. Pour reprendre dans l'ordre, nous avons toujours ces chasses à l'homme opposant Guts et les Apôtres mais je m'attendais à quelque chose de plus sombre, plus cruel. Nous avons de nombreuses focalisations sur les pensées de Guts, notamment en ce qui concerne les religions (un point que j'ai apprécié malgré deux-trois détails), mais elles semblent moins puissantes, plus "banales". Et cet humour. Certes, il n'est pas mauvais mais il est malvenu pour habiter un univers que je percevais comme ténébreux. Une fois n'est pas coutume, c'est une succession de petits détails qui amènent à une pénible réflexion et remise en question sur nos a priori vis-à-vis de la série mais également de l'ambiance globale, l'univers.

Pour ce qui est de l'histoire, il y a deux voies, et plutôt bien délimitées puisque d'un côté nous avons la première saison et de l'autre, la deuxième. Pour la saison 1, je dois avouer ne pas avoir adhéré complétement et ce, probablement pour un point pas forcément légitime. Plus pour un blocage personnel, que j'avais déjà ressenti dans la première saison de Shingeki no Bahamut : l'aspect très religieux - christique. En soi, pourquoi pas et en effet, cette première saison donne quelques passages plus qu'intéressants sur la foi, la vision de la papauté vis-à-vis des démons... mais je ne saurais expliquer pourquoi, cet aspect ne me plaît guère, je n'adhère pas pour reprendre mes propos. Il n'empêche que cet ajout demeure logique dans le déroulement de cette première saison et met en scène des figures charismatiques et intéressantes, mais pas que...
Pour la deuxième saison, dirons-nous que l'on revient dans les rails sans pour autant atteindre la transcendance de la série de 1997. Mais on revient à des bases plus propices à la Fantasy donc, en un sens, ça va mieux. Pour ce qui est de l'intrigue globale, pas grand chose à dire. L'aventure se poursuit, c'est tout et c'est triste à qualifier de la sorte. Elle semble vide si l'on excepte les quelques rares passages qui tentent de nous remémorer l'aspect non manichéen de l'univers. On noter que cette série devient véritablement intéressante dès l'instant où Guts obtient son armure de berserk, apportant par la même occasion pas mal de moments intenses et explosifs. Néanmoins, j'attendrais de découvrir le manga avant de poser véritablement mes ressentis vis-à-vis de l'histoire car j'ai la curieuse impression d'avoir en très haute estime la série de 1997 qui se permettait peut-être quelques (nombreuses) libertés contrairement à celle-ci qui est peut-être plus proche de l’œuvre de base. Autrement, ça demeure divertissant, mais sans plus malheureusement.

Pour les personnages, on en a pour tous les goûts...
On retrouve bien évidemment Guts qui, depuis les événements de l'Eclipse, a changé en un sens. Ce doit être le personnage - fort heureusement - qui possède le plus de substance avec son rejet du monde ou de dieu (d'une quelconque divinité même). C'est avec lui et sa vision du monde que l'on est encore immergé dans l'univers si spécial de Berserk. On retrouve quelques figures hautes de la série de 1997 tel que Casca qui n'a pas tellement évoluée que ça - c'est d'ailleurs l'une des missions de Guts : lui faire retrouver ses esprits - ainsi que Griffith qui a perdu absolument tout le charisme que je lui trouvais dans la série de 1997 (je ne parle pas des films, il l'avait personnellement déjà perdu à ce moment là) et qui n'a que peu d'importance dans ces deux saisons ; faut-il attendre une troisième saison pour creuser plus profondément le caractère de ce "nouveau" personnage ? On notera des apparitions plus fréquentes du fameux Skullnight (je ne sais absolument pas comment il s'appelle) - à qui j'attribue une mention spéciale - qui demeurent vraiment appréciables étant donné l'aura que dégage le personnage. Nous apercevrons également le fameux Zodd qui, là encore, semble avoir perdu du prestige qu'il avait fait naître dans la série de 1997. Pour le reste, il s'agit de personnages plus secondaires mais surtout, plus oubliables. Très sincèrement, très peu de personnages secondaires m'ont intrigué et pour la plupart, ils sont plus là en guise de décoration, à commencer par Dame Farnese qui ne m'inspire absolument rien contrairement à son serviteur Serpico qui semble plus intéressant et mieux construit. Isidro, un enfant fasciné par Guts, est également de la partie et c'est de lui, et de Puck (un petit elfe), que viendra la plupart des situations comiques de ces saisons. Des comiques sympathiques mais sans plus. A la limite, on pourrait même ce demander pourquoi il y en a autant car, selon moi (donc ça vaut ce que ça vaut), ça détruit véritablement l'univers sombre de Berserk. Schierke, une jeune sorcière, demeure une des rares, parmi les personnages secondaires à avoir de la substance étant donné qu'elle est embarquée avec Guts alors qu'elle est encore en formation. On passera rapidement sur la longue liste d'antagonistes qui font leur apparition et qui semble bien badass mais qui sont extraordinairement éclipsés au profit d'une intrigue qui patine un peu trop. En bref, hormis les personnages que l'on suivait déjà depuis la première série (et encore), les nouveautés sont loin d'être sensationnelles car mal amenées, mise en scène ou retranscrites. On se soulagera d'avoir un Guts pour nous accompagner dans ce périple.

Et l'on vient à l'aspect qui semble fâcher : la technique. La qualité graphique de cette série est, en effet, discutable et pour me positionner dans le débat, je la retrouve vraiment limite dans le sens où, comparatif oblige, la série de 1997 était bien plus belle visuellement, au même titre que la trilogie de films. C'est dire ! Je ne sais pas pourquoi le réalisateur s'est dit que ça allait passer, parce que personnellement, ça ne passe pas du tout. Ça demeure regardable mais en de nombreux endroits, c'est juste insupportable notamment avec le procédé d'ombre qui est vraiment mal fichu. L'animation est assez fluide, le tout est assez dynamique pour ne pas entièrement nous gâcher la fête, si tant est que fête il y a.

Pour les combats, on est sûrement sur le meilleur point de la série : c'est fluide, les combats sont globalement bien orchestré, c'est violent et par moment jouissif, notamment les passages avec l'armure de berserk. On ressent parfaitement bien la puissance de notre héros dans ses coups et ses attaques.

En ce qui concerne les musiques... Très franchement, il faudrait que je réécoute le tout car si je me base sur ce que j'ai retenu de ma première et seule visualisation, excepté un ou deux sons, c'est le vide absolu. D'un côté, c'était déjà le cas pour la série de 1997 mais les quelques percutants avaient de quoi faire frémir. Là, outre certains sons certes épiques, il n'y a guère de frissons qui se propagent en nous et c'est dommage.

Dans l'ensemble, cette série est un raté. Alors, bien évidemment, il y a pas mal de points subjectifs en cause dans cette appréciation finale : le côté religieux (auquel je ne m'adapte vraiment pas), l'ambiance qui diffère drastiquement - dans le mauvais sens - de la série de 1997... et des points assez objectifs même si... comme les personnages secondaires assez oubliables et pas forcément intéressants, l'humour certes sympathique mais inapproprié pour cet univers, la qualité des images, les musiques... Je pense très sincèrement avoir été chamboulé un peu trop brusquement par la série de 1997 au point d'en attendre beaucoup trop pour les créations cinématographiques et télévisuelles à venir, et ce sans avoir lu une seule ligne du manga. Néanmoins, de nombreux points présentés ne m'ont pas permis d'être pleinement diverti malgré des volontés perceptibles de donner quelque chose de neuf. Mes avis que cette série trouvera des fans auprès des incollables de l'univers - mais ayant lu quelques critiques, cela ne semble pas forcément gagné. Pour ma part, ce n'est pas une grande réussite. Une série qui divertit tout de même un temps soit peu mais qui semble être passée à côté d'un quelque chose qui était essentiel.
Et n'oubliez pas : la Fantasy nous appartient !

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