"The true nature of man and the devil is here and now."

Avis sur Berserk

Avatar Chnapy
Critique publiée par le

Dès lors que l'on s'intéresse un minimum aux mangas et à l'animation japonaise, Berserk devient un passage incontournable. Réputé pour son manga, critiqué pour ses adaptations animées, du moins les plus récentes.

C'était mieux avant, si la véracité de ce cliché peut plus ou moins être discutée pour l'ensemble du medium, elle ne fait aucun doute lorsque l'on parle de Berserk. Adaptation de la meilleure partie du manga culte au paroxysme des années 90', Berserk millésime 1997 semble s'être épanoui dans les meilleures conditions possibles pour nous offrir une perle, la perle. Qu'en est-il ?

Berserk a beau avoir été produit en fin de vingtième siècle, son faible budget a eu raison d'une partie de sa technique. Critique récurrente envers l'adaptation, l'animation fait parfois penser à un diaporama. Si l'on continue sur les défauts de l’œuvre, on pourrait mentionner un chara-design quelques fois peu soigné, ou encore un sound design à la synchro parfois approximative.
Et pourtant Berserk est beau, car il a su injecter le talent de Miura dans le design de l’œuvre, l'adaptant pour l'animation, pour son budget modéré : les personnages sont beaux, charismatiques. Les décors représentent leur époque, les couleurs sont chaudes, agréables.

Berserk c'est trois personnages. Le têtu Guts, le fier Griffith, et l'ardente Casca. Ces trois pôles à la synergie détonante grandissent ensemble, s'influencent l'un l'autre. A tel point que, très vite, les êtres des premiers épisodes semblent avoir totalement disparus.

Véritable cage pour la hargne de Guts, Griffith le considère comme son outil, son arme et le comburant de la flamme représentant son rêve si cher. Mais également l'être dont il a besoin de savoir à ses côtés, celui pouvant le détourner de sa ligne rouge. Car si Griffith s'enfermera dans ses ambitions, justifiant les moyens par la fin, Guts évoluera. Lui dont l'enfance a été arrachée, en recherche d'une idole à suivre, à soutenir. Il s'appuiera sur le faucon pour grandir, redevenir un être sociable, puis cherchera à l'égaler, volant lui aussi de ses propres ailes. Quitte à oublier sa place, irremplaçable, dans l'esprit de certains. Non spectatrice mais bien actrice des événements, la belle Casca brille par son combat avant tout intérieur, se battant contre son statut de femme vivant dans un monde inhospitalier, tout aussi fascinée par le faucon. Femme à la personnalité travaillée, offrant de très belles scènes, sans aucun doute l'un des meilleurs personnages féminins du médium.

Le récit se concentre tant sur nos protagonistes qu'il est presque regrettable que certains personnages secondaires ne soient pas plus développés, notamment les charismatiques Judeau et Corkus.

Berserk prend son temps, pour partager son histoire, développer ses personnages. L’œuvre ne se sent pas pressée par la masse d'informations qu'offre pourtant son manga. Non, Berserk a sa propre histoire, ses personnages, il avance à son rythme, lent. Ses personnages discutent, s'échangent des lignes de dialogue à l'écriture exemplaire, tranquillement, sur fond de musique de Susumu Hirasawa. Lente, accompagnant à merveille son univers, l'ambiance de Berserk possède un charme unique. Charme qui transparaît au plus fort lors des dialogues entre duo, avec nos protagonistes partageant leur état d'âme. Parfois intense, parfois mélancolique, toujours agréable.

Berserk c'est une série d'aventure, médiévale. Dans un univers de dark fantasy nous crie le premier épisode ! Le récit nous fait suivre l'ascension de Griffith qui paraît sans fin, sans embûche, avec l'invincible Guts comme épée. Les batailles médiévales se multiplient, le sang ruisselle sur la montagne de métal portée par Guts, les corps sont coupés en deux, décapités, les chevaux aussi. Ascension du faucon, dans la sphère politique également, avec ses rivalités, assassinats et autres complots, nous rappelant l'inspiration du design du personnage.

Si Berserk est clairement une œuvre plongeant dans les profondeurs du dark fantasy, la monture 1997, en plus d'adapter la partie en proposant le moins, réduit sa part au minimum avec en fer de lance le premier épisode. Berserk assume être une série sur les humains, leur progression, et montre jusqu'à quel stade peuvent-ils évoluer, ce qu'ils sont prêts à sacrifier, jusqu'à dépasser leur condition… Jusqu'où va-t-il aller pour son rêve.

Et c'est là que l’œuvre nous montre son aboutissement, le climax, sans doute l'un des plus puissants jamais vu dans le medium. Le festin, le festival : l'Eclipse. Les décors brûlent de détail, l'image horriblement belle en devient saignante. Les humains affichent leur désespoir, les démons leur excitation. L'âge d'or prend fin.

Ce moment unique est le résultat logique du développement du faucon. Rien n'est laissé au hasard, sa décision est cohérente. A la porte de son rêve, seul un homme l'a fait se retourner. Je les sacrifie.
Un déchaînement de violence et de rage traverse l'écran, la mort fait son affaire, l'intensité est à son comble. Jusqu'au moment où il apparaît.

Le moment éternel, la dernière vision de son œil droit. Vengeance envers le seul homme à l'avoir détourné de son rêve, acte d'une horreur jamais égalée dans la saga, la scène est brutale, déstabilisante à l'image de la musique de Hirasawa.
Les dents crissent et les larmes coulent. La haine du guerrier noir grandit exponentiellement et traverse l'écran. Le Berserk est né, dans la douleur et la haine la plus profonde. Il y restera.

Berserk est une excellente adaptation en cela qu'elle ne cherche pas à reproduire le manga source mais à en retirer l'essence, l'âme qui fait de Berserk ce qu'il est, ce qui le rend exceptionnel, pour en proposer sa propre version avec son charme unique.
Loin d'être parfait, autant pour sa technique que pour sa fin abrupte, Berserk n'en reste pas moins une œuvre épique, véritablement héroïque, passionnante. Sans équivalent.

Une perle de sang.

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