La faim justifie les moyens

Avis sur Bip Bip et Coyote

Avatar Nick_Cortex
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On ne présente plus ce célèbre duo du dessin animé. A ma gauche, Bip-Bip (Accelleratii Incredibus), oiseau d'une rapidité incroyable qui sillonne le désert du Sud-Ouest américain. A ma droite, Wile E. Coyote (Carnivorous Vulgaris) ou tout simplement Coyote, animal persévérant qui ne cesse de poursuivre le volatile pour en faire son repas, et qui pour ce faire aura recours à mille et un stratagèmes pour atteindre son objectif.

Et des idées, le prédateur n'en est pas dépourvu. A l'aide de ses nombreux produits ACME qu'il se procure au fil des épisodes et de ses inventions tout aussi rocambolesques, il va tout tenter pour venir à bout de sa proie. Cerf-volant, costume de super-héros, patins à roulettes supersoniques, graines à tornades, rouleau-compresseur miniature, graines pour oiseaux en fer, ressort géant, catapultes, éclairs... Le Coyote a plus d'un tour dans son sac, mais dispose aussi d'une extrême malchance et verra toujours ses propres pièges se retourner contre lui.

Créé par Chuck Jones et le scénariste Michael Maltese en 1949, le duo devenu légendaire part du postulat simple du prédateur qui cherche par tous les moyens à attraper sa proie qui se révèle bien plus maline qu'elle en a l'air. Bip-Bip et Coyote, c'est l'essence même de l'humour type "Mais bordel, j'ai déjà vu ce gag des centaines de fois, comment ça se fait que ça me fasse encore rire ?". On a beau connaître les retournements des pièges du Coyote, rien à faire, l'humour, parfois aussi simple soit-il, fait encore et toujours aussi mouche.

C'est tout l'art de Chuck Jones qui réside dans ce dessin animé. On y retrouve à chacun de ses épisodes un rythme frénétique où le réalisateur balance à cœur joie un grand nombre de gags pour mettre à l'épreuve nos zygomatiques. Dans le plus simple style du dessin animé sans dialogues, où le Coyote s'exprime surtout au travers de panneaux humoristiques (le meilleur restera celui à la fin du cartoon Gee Whiz-z-z-z-z-z-z où le Coyote demandera alors qu'il chute d'une falaise "Pourquoi ne pas terminer ce cartoon avant que je m'écrase ?"), Chuck Jones fait tantôt appel à des gags tout bêtes, tantôt il met son génie créatif à l'épreuve.

Et puis le Coyote fait partie sans conteste de ces losers qu'on adore (à l'instar d'un Grosminet ou d'un Tom chez Tom et Jerry), ceux qu'on aime soutenir malgré le fait qu'on rit toujours à leurs dépens, ceux dont on a envie de les voir atteindre leur objectif. Après tout, qui n'a jamais voulu voir Coyote enfin attraper ce satané et sadique volatile qui n'hésite pas à se moquer du malheur des autres ? Difficile de ne pas s'attacher à la persévérance de l'animal, qui après tout dépense probablement des sommes colossales pour s'offrir ses gadgets ACME alors qu'il pourrait simplement s'offrir un bon repas commandé par téléphone. Il aura beau toujours se prendre ses gadgets dans la tronche, il aura beau être toujours victime d'une gravité capricieuse, il aura beau être malmené, écrasé, explosé de différentes manières, il se relèvera toujours pour notre plus grand plaisir.

De 1949 à 1964, Chuck Jones prend les commandes de ses deux personnages pour nous livrer un bon nombre d'épisodes rapides et furieux, fonçant à toute allure et menés par des scénaristes jamais à court d'idées créatives et affreusement drôles pour mener la vie dure au pauvre Vil Coyote. Après, lorsqu'il quitte la Warner et que les Looney Tunes se retrouvent désormais sous la charge de Friz Freleng et David H. DePatie, les cartoons restent plutôt corrects mais moins effrénés et moins drôles.

Mais peu importe. Ce duo hors du commun ne cessera jamais de nous faire rire. Et leurs cartoons sont à jamais inscrits dans la tradition du dessin animé tout bête mais tout bonnement jubilatoire.

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