Ad vitam æternam

Avis sur Californication

Avatar Weliany
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Très souvent avec les séries TV, le premier épisode, voire la première saison, n'est pas terrible. On sent qu'il y a du potentiel, d'importantes bases sont posées mais ce n'est pas encore LE truc. Avec Californication c'est tout l'inverse.
On est d'emblée plongé dans un univers à la fois drôle et tragique qui a pour héros un écrivain non pas en panne d'inspiration mais en pleine crise identitaire. La femme de sa vie est avec un autre homme, sa fille adorée grandit et lui se perd.

Présenté comme un amoureux de l'amour, Hank Moody est une bonne poire cynique qui ne comprend pas ce que non veut dire et se taille un chemin à la bouteille et au charme. Accompagné de son agent, le trublion Charlie Runkle, il tente de recoller les morceaux de sa vie tout en créant un chaos qui semble infini.

Et là première saison est génial. C'est sans concession, le héros est bourré de défaut et la série empreinte aux codes de la comédies pour raconter ce qui est ni plus ni moins qu'un drame familiale, une chronique de la crise de la quarantaine. Le dernier épisode laisse à penser que les aventures de Hank Moody & Cie sont terminées mais non : il y a 6 autres saisons.

Le format 30 minutes rend la chose très addictive mais force est de constaté que la saison 2 est en dessous de la première et que ça va decrescendo. Ce qui était au départ frais et décalé devient lourd et sans intérêt et c'est avec beaucoup de mal que j'ai terminé la série avec un goût amère.
Chaque épisode n'était qu'une excuse pitoyable pour Hank de lever des meufs (car au final l'amoureux de l'amour et bonne poire cynique n'est en fait qu'un bon vieux queutard qui refuse le refus). J'avais pitié pour toutes ses femmes qui tombaient sous le charme (parfois ravageur) de Moody et surtout, surtout, j'avais une de ces envies de baffer Karen !
Karen c'est l'Amour de Hank, sa muse, celle qui le hante jour et nuit. Mais en vrai Karen est une gourdasse qui joue à chaud et froid avec cet homme complètement épris d'elle. Elle lui dit non mais son corps crie oui. Elle lui dit de partir mais n'aime pas le voir avec d'autres femmes et lui dit "stop" en gloussant comme une pintade. Ah...et elle n'aime pas parler de sexe. Venant d'une pseudo hyppie c'est quand même le comble. Madame n'assume pas et l'actrice que je trouvais d'une beauté énigmatique (une sorte de Meryl Strip un peu flou) s'est vite mué en une sorte de pâté sans saveur (pas physiquement hein). C'est simple, elle joue comme les bébés. Son regard est tout le temps ailleurs et elle accroche un sourire niais en permanence. Manque de bol, la romance entre les "amants maudits" nous abreuve de clichés et de moments Karen penchée au-dessus de la caméra, Karen dans les rideaux, Karen sourit en faisant du houmous.
C'est tout le temps la même chose. Hank chope Karen, Hank merde, Hank perd Karen, Hank essaie de récupérer Karen, Karen ne veut pas de Hank, Hank et Karen finissent ensemble et c'est reparti pour une saison.

À lire ma critique vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai tenu jusqu'au bout. La raison est simple : la relation entre Hank et sa fille Becca. C'est d'ailleurs la raison qui aurait fait revenir l'acteur David Duchovny à la télé. S'il y a bien une chose à sauver de la série c'est cette relation à la fois forte et fragile, où l'enfant offre un regard éclairé, parfois glaciale, sur la vie, et met le nez de ses parents dans leur propre merde.

Donc pour résumer Californication saison 1 c'est bien, le reste beaucoup moins. Je pense que les scénaristes se sont pris les pieds dans leur propre piège et n'ont pas vu plus loin que le bout de leur nez (ou de leur queue).

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