Putain, 30 ans !

Avis sur Club Dorothée

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J’écris cette bafouille aujourd’hui parce que le Club Dorothée a 30 ans.
Est-ce que je me sens vieux ? Non.
Est-ce que ça m’en fiche un coup ? Certainement pas. Au contraire. J’ai rien perdu de ce temps-là.

Certain y verrons une nostalgie mal assumée, d’autres une idéalisation mais peu importe, le Club Dorothée a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Ma culture entière est bâtie autour de ce que le Club Dorothée m’a donné : les chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball, Ken le Survivant, Goldorak, Ranma ½, Juliette je t’aime, les jeux débiles, les animations foireuses, les playback désastreux…
Je considère, aujourd’hui que la quarantaine pointe le bout de son nez, que le Club Dorothée est un pilier de mon enfance, la pierre angulaire de ce que je suis devenu, le socle inaltérable de mon éducation. D’autres paramètres m’ont façonné, évidemment: mes parents, l’école, les clubs sportifs mais je place cette émission au même niveau.

Dorothée, c’était ma nounou, ma copine, mon amoureuse, celle que je détestais, ma confidente, ma honte quand j’étais plus grand mais toujours un bonheur total, assumé (parfois pas). Quand j’y repense elle était assez sexy et j’ai jamais compris cette représentation au long nez. Je pense qu’elle s’en souciait peu et que ça la faisait bien marrer aussi. Mais elle était jolie tellement elle souriait tout le temps.

L’émission en tant que telle était totalement foutraque. Plus c’était absurde plus c’était drôle, c’était délicieux tellement c’était inavouable, c’était bête comme ses pieds autant que convivial et unique. Le mercredi, regarder Dorothée c’était être avec le copain qui avait pas pu venir jouer aux petites voitures parce qu’il avait une compét de foot, c’était se sentir moins triste quand l’école allait reprendre le lendemain, c’était être sage comme une image pendant 4 heures, c’était la frustration de devoir attendre une semaine avant de savoir si San Goku allait se débarrasser de l’armée du Ruban Rouge, c’était voir son nom apparaitre dans le générique le jour de son anniversaire, c’était attendre à côté du téléphone (avec fil) dans l’espoir qu’on t’appelle pour le jeu des tartes à la crème (dont le nom m’échappe totalement), bref ; le Club Dorothée, c’était le ciment de mes joies d’enfant.
Je crois que ce qui me plaisait par-dessus tout, c’était que ça s’adressait à tous, sans distinction. Il fallait juste se marrer, c’était le mot d’ordre. S’amuser, rire, mais les chansons, les sketchs, au-delà de leurs bêtises, parlaient quand même toujours de solidarité, d’amour, de la joie d’être en famille, avec des amis, d’être triste mais bientôt heureux, de savoir s’émerveiller... On dira ce qu’on voudra mais ce sont quand même des putains de valeurs. Je crois qu’aujourd’hui, ça marcherait plus un truc comme ça. Ca a fait son temps. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que certains ne pourront jamais comprendre. C’était une époque, une génération, qui comme les autres, était unique.

Aujourd’hui il en reste des souvenirs, certes idéalisés, mais impérissables. Le terrible moment où il était l’heure de partir pour le judo alors que commençait un nouvel épisode des Chevaliers du Zodiaque, la putain de coupure pub avant Dragon Ball Z, l’épisode de merde de « pas de pitié pour les croissants » qu’il fallait se taper avant de mater Olive et Tom...

Alors voilà, je voulais, avec ma maigre plume, rendre un petit hommage à celle qui a irrémédiablement gravé des valeurs, de la joie et des souvenirs au plus profond de ce que je suis.
Je crois que si un jour un des membre du Club Dorothée venait à disparaitre, je ne m’en remettrai pas.

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