dépression à toute époque

Avis sur Dark

Avatar Cosette Way
Critique publiée par le

This is the coastal town That they forgot to close down Armageddon,
come Armageddon! Come, Armageddon! Come! Morrissey - Everyday Is
Like Sunday

Spoile tout le long !

Résumé de l’histoire : des gens malheureux trouvent un moyen de voyager dans le temps afin d’avoir une vie encore plus malheureuse mais à différentes époques pour pouvoir retourner à leur malheur d’origine.
Il se peut aussi qu’il faille éviter l’apocalypse, mais il semblerait que personne de part le monde ne fasse la différence entre un monde post-apocalypse et un village allemand.

Dark porte bien son nom pour une série sur la dépression avec des acteurs mono-expressifs filmés la moitié du temps sous la pluie, soit un gros placement de produit pour des antidépressifs, avec chaque minutes qui comptent en heures passée à la Sécu, c’est long, c’est chiant. Il se passe rien.
Toutes les critiques crient au génie, alors tu te recroquevilles sur ton canapé, tu attends, il se passe toujours rien.

Reprenons dans un vague ordre.
Déjà pour qu’il existe un enjeu dans une histoire de voyage temporel, de dimensions alternatives, il faut que la situation initiale vaille le jeu d’être rétablie, que le spectateur souhaite voir les personnages revenir à une normalité appétissante, une base satisfaisante, n’importe quoi, mais là, rien du tout, nada, peau de zobi, rien, tout se résume à un village pluvieux allemand peuplé de beaufs qui se trompent, mentent et se font des sales coups et des ados qui dépriment et des gamins qui se font enlevés (tu es presque content pour eux !), etc. Rien du tout qui nécessiterait qu’on se batte pour, aucun des personnages dont on veut voir un accomplissement, dont on attend une réussite.
Le point d’orgue c’est les deux dépressifs en chef, dont on nous chante leur amour absolu pendant cent dix milles épisodes environ (ça m’a semblé long) mais ce dont on voit à l’écran c’est qu’ils auraient vaguement joués à touche pipi l’été dernier, qu’ils se sont quittés sans raison, son pote sortant avec la meuf quand ils s’aperçoivent que leur séance de docteur tout nu c’est limite incestueux donc, ils arrêtent les frais. Ca envoie du rêve, cette histoire d’amour !
Eux et le reste des acteurs sous dose maximale de Xanax, je vous en prie, manipulez le temps à mort, changez de dimension pour apparaître ne serait-ce qu’ailleurs, avec d’autres personnes. Précipitez l’apocalypse ça à l’air plus fun, au moins, les gens dans Last of Us ont des bons moments et s’aiment parfois.

Bon, les persos sont des larves apathiques, ok mais il existe des très bons récits avec des connards, des losers, des antihéros mais ils compensent en étant actif dans l’histoire, en faisant bouger les lignes et on finit sinon par les apprécier, au moins s’intéresser à l’intrigue, vouloir savoir la fin.
Là, non, dommage, tout ce beau monde subit, tout amorphe qu’ils sont, à ne prendre aucune initiatives, ils voyagent dans le temps mais sans prendre les résultats du Loto et permettre à l’ensemble du casting de partir de ce bled teutonique pluvieux, ils vaquent à leurs activités et feignant la surprise de comprendre que tout ceci relève de "voyage dans le temps" (la deuxième saison, c'est tout l'ensemble du casting innombrable (soit deux cent personnes) chacun à son tour, en file indienne qui semble rétif trois minutes et l'instant d'après avec une des dix milles machines s'en va dans une époque aléatoire...) mais surtout, ils attendent qu’une personne, souvent un vieux obscur sorti de nulle part, survienne et leur dise quoi faire avec des sentences recopiés d’une annale du bac de philo, « le début c’est la fin et la fin le début », ouuuuuuuuuuuh ! Trois cent épisodes plus tard (c’est long comme série) un autre vieux vient dire que le précédent vieux mentait, oh la la la et annoncer un autre truc digne de la philosophie de fin de soirée « Le cœur a ses raisons… » (sans citer Goethe, mais on s’en fiche)… Les serpillières de protagonistes se frappent le front en suivant sans raison, les instructions super vagues du dernier vieux mystérieux, en attendant de revoir un autre vieux subvenir avec d'autres directives débiles. A la troisième saison, tu as carrément des conversations complètes de huit, douze heure de vieux entre eux à s'agonir de citations plagiées ad nauseam, pour noyer le poisson et faire genre.
Ils sont toujours à dire, "j'attendais ce moment !", mais gars, tu voyages dans le temps, tu n'as pas à attendre va programmer ta machine sur ce moment, tu verras c'est pas pire que changer l'heure sur un micro-onde.
Résultat, tu as des tas ectoplasmes visqueux qui a différentes époques trouvent plus passionnant leur petites affaires d’adultères que de s’atteler à stopper l’apocalypse, alors que la saison deux et trois se trouvent être de manière putacière basées sur un chrono, « encore deux cinquante trois épisodes avant l’apocalypse » (si, c’est long, chaque saison j’ai pris dix ans !) et personne ne fait rien. Les acteurs restent mono expressif devant une caméra statique et les vieux lisent leur fiche philo « le mal ce n’est pas très bien, quand même ! ».
En résumé : les moyens sont énormes, le voyage dans le temps, les enjeux planétaires, l’apocalypse, mais la série se résume a tenter de régler de petits tracas du quotidien, des affaires de familles banales, du marivaudage germanique.
Le spectateur de choisir qui est le vieux qui préfère, celle avec la perruque dégueulasse ou celui avec du chewing-gum sur la face, le choix est difficile.
A la fin, tu es censé être ému qu’enfin les acteurs puissent ne plus vivre dans ce village, que jamais ils fassent des gamins dans ce bled, qu’aussi bien l’Allemagne ce ne peut pas être si pire mais que la mort semble plus souhaitable que tout ce qu’on vient de vivre pendant dix, douze ans (elle est super longue cette série quand même !).

Questionnaire (non exaustif) pour les soit-disant malins qui ont trouvé du génie dans cette entreprise antigermanique :

Pourquoi les gamins sont enlevés au final ? (la seule explication c’est « combler une brèche », soit de la merde pseudo scientifique)

Et pourquoi, ils reviennent avec les yeux crevés alors que l’autre gamins Helge, lui non, il a le droit à un modèle différent ?

Qui a choisit le papier peint bleu ? Il y avait une promo et combien ?

Ils en font des caisses sur les pièces de monnaie autour du cou, mais elles servent à quoi ?

Pourquoi ouvrir un fut fait surgir la « particule de Dieu », alors qu’on a vu Jonas (avec barbe), les ouvrir deux fois sans qu’il se passe rien (et sans doute aussi quand des ouvriers les ont remplis au début…) ?

Jonas qui ne peut pas mourir se fait fumer par sa meuf, comment c’est possible ? Et sa meuf aussi meurt, c’est ballot pour la cohérence ?

Pourquoi le père se suicide ? (à part ne plus faire partie de cette série, je le comprends trop !)

Celui qui a compris pourquoi, les gens se tuent entre eux ? Notamment pourquoi il a tué le frère du flic le gars de la centrale et comment il est devenu le boss ?

Si vous savez pas, c'est peut être que votre série, elle toute pourrie ?

Surtout, ça valait le coup de tout sacrifier pour voir un fils dépressif gueuler sur son père absent perpétuer leur belle vie de merde !

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