The netflix experiment

Avis sur Dark Crystal : Le Temps de la résistance

Avatar Voracinéphile
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Cette série dark crystal est une bizzarerie dans le catalogue, un bidule inespéré pour les nostalgiques d'héroïc fantasy et de kitscherie généreuse. Mais comment relancer un objet fortement nostalgique en s'assurant un minimum de trouver un large public ? L'animation de marionnette est tout sauf vendeuse. Des emprunts sont donc à faire pour doper le style Hanson, et quoi de plus proche que la trilogie Le Hobbit dans le style héroïc fantasy grand public ?

Le pilote n'est pas très rassurant sur le tableau de l'originalité, les principaux élargissements de l'univers pouvant être comparés sans peine aux bases du Hobbit, les gelfling remplaçant ici les elfes et les nains, les humains étant évacués du paysage pour rester fidèle à l'ambition principale de Jim Hanson : dépayser avec uniquement des créatures qui vivraient l'aventure. Le pari est toutefois réussis, car après des bases un peu laborieuses qui essayent d'en mettre plein la vue et de donner des morceaux de dark crystal rappelant fortement le film, l'histoire décolle enfin, et se permet beaucoup plus de noirceur que le film original (les manipulations des Skeksis vont alors beaucoup plus loin que ce qu'Hanson se serait permis). Un ou deux emprunts aux blockbusters modernes sont à noter (une tempête furieusement mad maxienne, une chorégraphie arachnide matrixienne...), sans toutefois ternir l'exploration de l'univers qui finit par trouver une nouvelle dynamique de cohérence dans son histoire étoffée, somme toute classique (la comparaison avec l'incontournable GOT pour les intrigues de pouvoir doit sans peine s'étoffer). La série fait toutefois de gros efforts pour recréer les personnages du film et leur donner davantage d'étoffe, essentiellement pour les Skeksis. Les mystiques sont les grands portés disparus du film, maintenus dans l'ombre pour préserver le film, que la série nous présente comme la suite des évènements.

La conclusion nous permet une nouvelle comparaison avec le Hobbit : l'absence d'ampleur du final. Les préquels d’œuvres cultes semblent régulièrement contraintes à subir cet écueil : se devant de respecter leurs aînés, un préquel ne peut avoir pour conséquence que de préparer le terrain pour son successeur, et donc ne peut pas s'autoriser de réelle surprise. Certains s'en sont bien sortis (Rogue one notamment, en se focalisant sur des personnages dont la survie est tout sauf assurée), et d'autres, comme le Hobbit, tombent à plat car n'apportant finalement rien de plus à leur sujet, sinon des images cheesy bourrées d'effets spéciaux. Cette série du dark crystal apporte hélas peu dans sa conclusion, ne pouvant tuer les Skeksis et ne pouvant faire évoluer l'univers fondamental du film. Toutefois, une certaine richesse graphique et quelques plaisantes innovations comme le chasseur et de nombreuses bestioles viennent booster un peu la nostalgie du spectateur. En cela, la série ne déçoit pas et délivre docilement la marchandise, plaisante sans être trop originale ou risquée. On en conclut que cela valait la peine et que Netflix est décidément meilleur en série qu'en film. Le ton délicieusement kitsch est fait pour plaire aux yeux, et quelques bonnes séquences rythmeront les épisodes, asse pour qu'on s'en rappelle. La réalisation de Louis Leterrier est à ce titre tout à fait effacée dans le projet, il se contente d'être le faiseur que les producteurs apprécient, et qui délivre la marchandise avec efficacité. Mine de rien, avec le choc des titans, le second dead space et cette série, le bougre enchaine les commandes... qui gagnent en qualité.

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