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Avis sur Derek

Avatar Boubakar
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Derek est un homme de 49 ans qui travaille dans une maison de retraite, et si il parait autiste, il est doté d'une grande gentillesse, s'extasiant sur tout, avide de tenir compagnie aux pensionnaires. Il est entouré d'autres personnages plus ou moins improbables comme la directrice qui veut un enfant, un concierge d'un grand cynisme faisant plus vieux que son âge, une jeune délinquante qui va se prendre de passion pour aider les retraités et un squatteur, véritable déchet de la société qui passe son temps à boire à tire-larigot.

Derek est la nouvelle série de Ricky Gervais, Dieu absolu auteur de The office, Extras ou encore Life is short. Cette fois, il est l'unique créateur, et si la réalisation est encore une fois du mockumentary (faux reportage), c'est la première fois que Gervais va aussi loin dans l'émotion. Cela dit, ça reste encore très drôle, mais le choix qu'il a eu d'incarner Derek, tête rentrée, cheveux gras, en soi quelqu'un de différent, le rend très attachant, car il a est totalement insouciant de ce qui passe en-dehors de la maison de retraite.
Les autres personnages sont également très bien écrits, mais tous sont représentés sous une certaine forme de recherche du bonheur. Cela peut être au niveau professionnel (comme Victoria, Jeune délinquante qui va découvrir à la suite de TIG cette maison de retraite et qui va gravir les échelons), mais c'est surtout au niveau affectif, aussi bien dans la relation bien-aimante avec les pensionnaires, afin de les accompagner le mieux possible jusqu'au bout, mais aussi et surtout la recherche du bonheur. C'est souvent bouleversant à ce sujet, et ce sans jamais verser dans le pathos.

La mort revient très souvent dans la série, du fait de décès de retraités (ou d'animaux), mais là aussi, ça n'est jamais obscène, la caméra s'arrête là où il faut, au pas de la porte. Si certaines personnes âgées sont rigolotes, bourrées de vies, d'autres ont des relations magnifiques. Comme par exemple ce vieil homme qui rend visite chaque jour à sa femme frappée d'Alzheimer mais qui prend ceci du bon côté, car cela lui permet de la séduire à nouveau 365 fois par an. Ces personnes âgées reviennent aussi beaucoup sur le bonheur qu'ils ont eu à vivre, souvent accompagnées, et loin de les effrayer, la mort représente souvent pour eux la continuité de leur amour éternel avec leur conjoint.

C'est une série où on passe quand même très souvent des larmes au rire, surtout grâce à Dougie, le premier concierge, et Kev, qui sont les deux meilleurs amis de Derek, mais sans qu'on sache trop ce qu'il peut leur trouver ! Kev est le prototype même du type qui sert à rien ; queutard patenté, spécialiste des gestes obscènes, il est constamment une bière à la main en train de parler de sexe, et vouloir coucher avec tout le monde, y compris si la personne en question est âgée ou obèse ! Il n'a pas de but dans la vie à part la glande, à trainer dans cette maison de retraite, jusqu'au moment où un incident va le changer et qu'on va découvrir son trauma. Là aussi, Kev est au départ l'élément comique de la série, y compris dans ses échanges avec Dougie, mais il a un côté pathétique qui peut le rendre par moments touchants. Mais il faut chercher loin...

Comme toutes les séries de Ricky Gervais, Derek est une série très courte (treize épisodes sur deux saisons et un épilogue d'une heure), mais je ne peux que vous recommander cette série que je trouve magnifique, d'une grande justesse sur le bonheur et juste le fait de vivre.

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