Elémentaire, ma chère Watson

Avis sur Elementary

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Enfin diffusée sur M6, "Elementary" souffre de la comparaison avec la fameuse série de Steven Moffat et Mark Gatiss. Le concept d’un Sherlock Holmes opérant de nos jours paraît soudain beaucoup moins original. De plus, Jonny Lee Miller n’a ni la classe ni la prestance d’un Benedict Cumberbatch. Plus dépenaillé, le Sherlock Holmes d’"Elementary" est aussi moins hautain. On nous sert un personnage qui finalement, à peu de choses près, est davantage dans la lignée des héros de séries américaines que du personnage créé par Conan Doyle. Une sorte de version gentille de Holmes. Même Dr. House est plus horripilant.
Il ne reste d’ailleurs plus grand-chose de la mythologie de Sherlock Holmes. Bye bye Londres, bonjour New York. Adieu Lestrade, bienvenue Gregson, et le lieutenant Bell. Watson est désormais une femme (c’est la seule véritable originalité de la série) et si elle est bien un ancien chirurgien, elle n’a jamais fait partie de l'armée. Sa rencontre avec Sherlock Holmes n’est pas fortuite, elle a été engagée par son père pour être sa marraine de désintox. Eh oui, Sherlock est toujours un drogué, pardon, un ex-drogué, restons politiquement correct, et il faut attendre le quatrième épisode pour apprendre qu’il est (était) accroc à l’héroïne. Évidemment on n’échappe pas aux rencontres des drogués anonymes, même si (ouf !) pour l’instant le génial détective se refuse à participer activement aux séances. On n’échappe pas non plus aux tentatives de Watson pour tenter de percer l’origine de l’addiction de Sherlock à l’héroïne qui, hélas !, conduisent la jeune femme à des suppositions faciles. Tiens ! Au fait, mais où est passé le journal de Watson ? Disparu. Pas non plus de clin d’œil à l’accoutrement traditionnel de Sherlock Holmes. Quant à Moriarty, l’ennemi juré de Holmes, il semble pour le moment absent de la partie. Exit aussi pour l’instant le frère de Holmes, Mycroft. Bref, toute la mythologie de Sherlock Holmes en semble réduite jusqu’ici à la rare intelligence de Holmes, à son origine londonienne, son addiction à l’héroïne (mais n’était-ce pas plutôt la cocaïne chez Conan Doyle ?) et au tandem Holmes-Watson.
Les enquêtes, quant à elles, sont peu différentes de ce que proposent habituellement les séries policières américaines. On pense notamment à "Mentalist".
Concernant le packaging, la réalisation demeure conventionnelle, avec une photographie convenable mais moins classieuse que celle de Sherlock. New York offre son lot de décors défraîchis qui ne déparent pas face au théâtre original des aventures de Sherlock Holmes. Sans être transcendant, le tout est honnête.
Donnons toutefois sa chance à "Elementary" car malgré une originalité toute relative, la série fait son boulot en nous offrant un divertissement efficace, comme savent si bien le faire les Américains. Et les épisodes suivants réservent sans doute quelques surprises.

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