Emily in Europe

Avis sur Emily in Paris

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Après un succès monstre de Sex and the City, Darren Star refait surface avec une histoire fortement similaire intitulé Emily in Paris.

Comme son nom l'indique nous suivons une jeune femme dénommée Emily originaire des Etats-Unis et plus précisément du Midwest qui sera envoyée à Paris pour un travail dans le domaine de la communication.

Bon rentrons dans le vif du sujet, cette série est une daube totale.
Le concept de base avait de quoi être attrayant ! En effet, voir le stéréotype de la femme étasunienne, superficielle, inintéressante les yeux rivés sur les réseaux sociaux (telle une aliénée) se faire ridiculiser par les français est un rêve absolu ! Ce serait juste hilarant !

Bien sûr que non, l'auteur ne peut se permettre de faire cela, il faut donner un espoir aux étasuniens, montrer que ce monde rempli de richesse leur est accessible, ce monde (en voie de disparition) où il existe encore le bon goût, une culture, une histoire. Ainsi, les prétendues scènes déstabilisantes auxquelles Emily fait face ne sont qu'un prétexte pour montrer que la vie à Paris est loin d'être catastrophique, bien au contraire ! Dès les premières secondes on annonce au spectateur que ce qu'il s'apprête à regarder est un rêve. La ville de Paris est magnifié, sublimé, avec des rues, restaurants absolument pas bondés de monde et tous les adjectifs mélioratifs que vous voulez. Cependant, l'image a beau être soignée, je n'y vois que des paillettes aux yeux, car la vision reste celle d'un étasunien, en effet Paris sert ici de décors artificiels à des situations "comiques" mais qui ne feront rire que l'américain moyen, Paris c'est aussi un prétexte pour insérer l'héroïne dans des fêtes plus stupides les unes que les autres. Plus généralement, nous avons rien de français ici, mais une vision clairement européenne de la France.

Il serait maintenant intéressant de comprendre certains messages qu'insuffle Darren Star. Au delà de cette manière complètement ridicule dont Emily se fait une amie, il y a une phrase que Chen prononce qui nous interpelle, en effet elle dit que son père est un grand homme d'affaire qui "tient le monde par les couilles", nous avons ici deux rivales féminins l'une représentant les Etats-Unis qui va essayer de mettre en avant sa méthode de fonctionnement et l'autre la Chine, deux rivales implantés dans un décors qu'est la France afin d'accroitre superficiellement le capital symbolique des deux personnages, je ne surinterprète rien du tout puisque nous voyons par la suite Brigitte Macron de dos entrain de retwitter les post d'Emily.

Le pire selon moi c'est que réalisateur a l'air d'apprécié le fait que le modèle / fonctionnement étasunien détruise toute la beauté et la subtilité à la française, plus concrètement à la fin de la série Pierre Cadault (un espèce de styliste reconnu mondialement) se fait soudainement humilié lorsqu'un groupe de deux personnes habillés en ghostbusters viennent renverser un pot de peinture sur la plus sublime robe qu'il ait faite (après l'avoir acheté pour un prix de 38 000 euros), on apprendra par la suite que ce groupe était dans une démarche artistique purement assumée. Donc au lieu de donner raison à Pierre Cadault, le réalisateur préfère expliquer par le biais du personnage d'Emily que c'est normal et qu'il faut essayer de s'adapter face à ce changement des pensées populaires (des pensées étasuniens rappelons-le), par la même occasion Pierre Cadault est montré comme quelqu'un de méprisable, de très aigri qu'on ne peut qu'haïr. Cadault dans un délire absolu sombrera dans une telle folie qu'il concevra des vêtements qui n'ont aucun sens. Certes, son malheur est atténué par le fait qu'il obtiendra de nouveau un certain succès, mais il signe néanmoins son arrêt de mort aux yeux des plus grands stylistes français. On peut donc facilement en déduire que c'est le modèle étasunien qui finit victorieux, un modèle avec aucune finesse, complètement ridicule et n'ayant aucune saveur.

En bref, au lieu de faire une comédie sarcastique sur une gamine qui passe sa vie sur Instagram et à faire des selfies désespérants, Darren Star privilégie un divertissement abrutissant en taclant légèrement les bêtises de l'héroïne, mais sans jamais être jusqu'au-boutiste puisqu'elle finit par toujours s'en sortir. Un message grotesque à l'égard de la culture française, des discussions stériles, un langage d'entreprise d'une pauvreté lexicale affligeante et une écriture scénaristique digne d'une gosse de 10 ans.

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