On devient vite addict

Avis sur Engrenages

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Saison 1 : Le critère positif qui ne trompe pas, c'est que tout du long de la saison on est curieux de connaitre la suite. Maintenant il faut aussi se modérer. D'abord il faut faire avec un paquet de sous-intrigues dont on se demande toujours si elles vont avoir un rapport avec le fil rouge de la série, avant de comprendre qu'en fait c'est le format qui est comme ça, après tout pourquoi pas ? La casting ensuite, il est très inégal, rien à dire pour ces dames, Caroline Proust fait bien le boulot et Audrey Fleurot est rayonnante. Chez les messieurs c'est différent, Gregory Fitoussi fait très balai dans le cul, Philippe Duclos est un bon acteur mais le rôle ne lui va pas du tout, quant à Guillaume Cramoisan c'est une catastrophe ambulante; les second rôles sont bons à l'instar d'un étonnant Thierry Godard. Si les 7 premiers épisodes se maintiennent  à un niveau très correct, le 8ème est une catastrophe, avec une résolution de l'intrigue décevante, des facilités de scénario débiles, des "bisounours attitudes" et des comportements incohérents, quand à la jeune victime dont on nous a rabâché depuis le début qu'elle était magnifiquement belle, on la voit enfin… et on tombe de haut ! 6/10

Saison 2 : On est nettement à un niveau supérieur à celui de la saison 1. Les premiers rôles sont bons, même Fitoussi joue mieux, la série restant dominée par la sulfureuse Audrey Fleurot. Dans les nouveaux, je n'ai pas trouvé très brillante la prestation du gars qui joue Sammy. La trame principale est noire et on a un peu peur de tomber dans un manichéisme de caricature avec le personnage d'Aziz, mais le coup est magistralement rattrapé avec le portrait des frères Larbi, les personnages n'étant pas réduit à leurs occupations illicites et s'avérant complexes. La tension est omniprésente au fil des épisodes, on regrettera juste le happy end un peu idiot. 7/10

Saison 3 : La montée en puissance continue dans cette saison qui se suit avec délectation et qui n'a pas grand-chose à se reprocher. Les acteurs sont désormais bien à leur place et nous déroulent une triple histoire, celle du sérail killer est très bien huilée avec son lot de rebondissements et de fausses pistes, celle impliquant le juge Roban est également très bien vu, et rappelle au passage certaines affaires pas tristes. Celle de Clément montre aussi comment le système peut détruire un innocent. On s'attache aux personnages tel point que l'on pardonne les aspects très légèrement réacs du récit. Quant aux acteurs, il ne semblait pas que ce soit l'intention première des créateurs de la série, mais la vrai vedette est bien Audrey Fleurot. Tout cela est brillant, la mise en scène suit, et à ce propos, l'épisode final est, contrairement aux précédentes saisons, le meilleur. 9/10

Saison 4 : On reste au nouveau de la précédente, Plus de soucis a se faire pour l'interprétation des premiers rôles, et certains personnages secondaires ont assez croquignolet comme le médecin légiste ou le procureur Machard. A remarquer l'apparition assez hilarante du personnage de Jorkal. La trame principale est originale est plutôt bien brossé, avec une description de l'ultragauche qui quoiqu'en dise certains s'avère assez réaliste, gentils rêveurs noyautés par des fanatiques sans scrupules (on pense à Action Directe ou la bande à Baader) On y parle aussi des dérives maffieuses de l'opposition kurde. Quant au combat à la David contre Goliath du juge Roban, il offre aussi son lot de surprise. A ce propos j'aime bien le rôle de sa greffière, très discrète, mais dévorant le juge des yeux alors que lui n'en a pas conscience. Il y a malgré tout un élément qui me chagrine, c'est la construction dramatique du scénario hors enquête bâti sur le schéma : un personnage se fout dans la merde, un autre l'en sort, puis ensuite un autre personnage se fout lui aussi dans la merde, un autre l'en sort et ça continue, on fait avec parce que tout est dans la façon de faire, mais le procédé trouve vite ses limites et il ne faudrait pas que ça devienne systématique. 9/10

Saison 5 : Bon, on sait très bien qu'elle va se le garder son bébé, et toutes ces digressions autour de de cette situation deviennent gavantes d'autant qu'elles contiennent en filigrane un sorte de message anti-IVG qui n'oserait pas dire son nom. Il fallait le dire, mais cela n'empêche pas la saison d'être très intéressante. On est désormais habitué au rythme de la série, fausses pistes, filoches foireuses, guerre des services, mais tout cela est parfaitement maîtrisé. On n'est pas dans Agatha Christie, le coupable est introuvable pour le spectateur, parce que l'intérêt est justement ailleurs, car dans toutes ces vicissitudes et ces fausses certitudes, il y a derrière des êtres humains, dont la vie peut être brisée, alors qu'ils n'ont rien fait, même si en fouillant dans leur vie, tout n'est pas clair… mais qui est complètement clair ? La démonstration y est ici magistrale. On appréciera la scène finale impressionnante. Et si le scénariste ne nous précise pas le sort du coupable, c'est que ce n'était pas le propos. 8/10

Saison 6 : Il est vraiment dommage que la saison soit parasitée par les événements personnels des protagonistes. Les états d'âmes de Berthaud vis-à-vis de son bébé, je veux bien, mais là ça prend une place considérable, Tintin qui coure après son fils et qui se tape le divorce, est-ce vraiment si intéressant ? Dommage parce que la thématique policière est super intéressante : Quand devient-on ripoux, et quand on franchit la ligne, jusqu'où peut-on aller ? Cet aspect est traité avec intelligence dans cette saison, d'autant que si ajoute un environnement social très réaliste, comment la politique achète la paix dans les banlieue ? Les graves problèmes du procureur Roban sont intéressants et constitue une diversion tragicomique par rapport à la scène principale (Machard et ses petits chiens, en voilà une image qu'on n'oublie pas !) Quant à Joséphine, l'histoire n'a rien de bien originale, mais quelle belle et grande actrice ! En fait cette saison aurait pu être ramassé sur 8 ou 9 épisodes, et cela aurait été parfait. 7/10

Saison 7 : On pouvait craindre qu'avec l'effet d'essoufflement constaté dans les saisons 5 et surtout 6, la série continue sa lente et relative dégringolade. Or il n'en est rien et c'est une excellente surprise : tout est parfaitement maîtrisé, l'enquête policière est passionnante et intéressante, même si les ressorts dramatiques de la série ne surprennent plus. Les passages avec Audrey Fleurot sont fabuleux, quant à Philippe Duclos, il part vraiment en beauté. On appréciera quelques passages émouvants comme l'embrassade entre Fleurot et sa cliente en fin de procès ou d'autres un peu "rustine" mais qui ajoute à l'humanité des personnages comme celui où Roban embrasse la belle Isabelle Candelier. On déplorera juste quelques très légers passages un peu embrouillés mais au final nous avons là une très belle saison, bien rythmée, bien carré, bien foutue..9/10

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