Je déteste les séries teenage

Avis sur Euphoria

Avatar Arthur Suldoc'h
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Je déteste les séries Teenage.

Je déteste le lycée beaucoup trop clean de 13 reasons why, à qui je souhaite d'être squatté l'été par des ados non produits par netflix, pour y défoncer le mobilier et taguer de gigantesques sexes sur les murs.

Je déteste la pseudo-diversité de Sex Education, avec son personnage de gay gay de chez gay, farci de tous les stéréotypes du gay, pour que le consommateur de Netflix se sente ouvert, mais pas troublé.

Je déteste aussi Glee avec ses acteurs qui jouent si mal, que même les voix originales ont des airs de doublage.

Du côté de l'hexagone je déteste aussi les série AB productions, mais personne n'aime les séries AB productions, hormis les jeunes de douze et soixante-cinq ans.

Je déteste aussi Hannah Montana, Ugly Betty, et toutes ces séries qui m'évoquent des publicités sur M6...

Je ne déteste pas Skins, mais seulement pour ses deux 1ères saisons... Après les autres bon, on n'a qu'une jeunesse... Et ça me paraît une bonne transition...

Car oui, des jeunesses, on n'en a qu'une, et jamais la même que les autres.

Quand j'ai ouvert la série Euphoria, et que je l'ai vue remplir toutes les conditions de la série teenage moderne en une minute et 45 secondes (drogue, genre, sexe, médias...), je me suis dit que le trip me monterait pas au cerveau. J'avais tort. Mais j'aime avoir tort.

De base, n'ayant jamais été junkie, interné ou sodomisé par un adulte consentant dans la chambre d'un hôtel, s'identifier aux personnages aurait pu relever des douze travaux d'Hercule, avec un "ul" comme dans je t'enc***
Mais c'est tout le contraire. Car, avant de regarder Euphoria, je n'imaginais pas qu'une série sur l'adolescence viendrait me rappeler la mienne.

Moi aussi, j'ai compté ces foutus dalles au plafond qui me séparaient de la fin des cours, de la fin du lycée, et de la fin tout cours. Car moi aussi j'arrivais pas à me concentrer, planant chaque heure à plusieurs kilomètres de hauteur au dessus de mes camarades. Si j'ai pas été interné, je me suis retrouvé dans une clinique pour ados, après qu'une longue dépression ponctuée de deux tentatives de fugue, m'ait fait voyager dans une grande partie de ma tête, et de la Bretagne...

Moi aussi, j'ai eu un ami qui se posait beaucoup de questions, comme moi d'ailleurs, mais pas les mêmes, commençant doucement à se demander s'il se préférait pas homme ou femme... J'ai subi les regards mauvais de gens "intégrés" apparemment, mais troubles, ayant toujours l'irascible envie d'emmerder les gens différents.

Bon, c'est là-dessus que je conclue cette critique qui n'en est pas vraiment une, mais je trouve qu'à une époque où les séries (pas seulement teenage) se multiplient autant qu'elles se standardisent, c'est pas mal de rappeler qu'il existe encore des séries où on est capable de se retrouver, où on oublie un peu ces archétypes éculés, ces musiques/thèmes/personnages à la mode, et où on a l'impression d'être face à quelque chose de vivant, de pur...

Une force d'écriture, cette série.

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