saison 2

Avis sur Fauda

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Saison 3

Doron reprend du service avec son équipe...Pour sa troisième guerre à deux et toujours ses défauts de rythme. On retrouve les aléas sentimentaux que la série a mis en avant dès sa première saison, venant apporter un ton légèrement décalé par rapport au contexte de guerre et sur ce qui nous ait donné de voir généralement pour ce pays, mais par ce choix, la volonté de poser des caractères féminins supposément forts et peu commodes, est rapidement balayée.
Sur le sujet qui nous intéresse un peu plus, malheureusement encore une fois, les israéliens sauront faire face avec pragmatisme et quelques envolées colériques au milieu, à des palestiniens toujours pénibles et toujours aussi mal caractérisés.
On peut peut-être trouver une volonté des israéliens à poser les actes palestiniens et les dommages collatéraux comme réponse à la main mise sur le territoire, mais tout ce qui avait été mis en filigrane dans la première saison et un peu moins déjà en seconde, est oublié en saison 3, axant l'intrigue sur l'action rappelant plutôt aux séries outre-atlantique. Les caractères finissent de s'étioler, laissant Doron prendre toute la place, face aux intégristes incultes et revanchards.
Si on s'attend à une réflexion géopolitique, on aura du mal avec Fauda.
Note 4

saison 2

Une nouvelle aventure pour le groupe d’intervention israélien infiltré dans les Territoires occupés à l’affut du terrorisme...
Le cheikh, chef du Hamas est mort mais le fils reviendra de Syrie pour le venger et la guerre est inévitable. On retrouve Doron, notre infiltré au caractère bourru et emporté mais cette fois-ci les autres personnages auront plus de place et les rebondissements plus nombreux, même si il s'agira encore d'une guerre à deux.

En tant que divertissement, la série se suit avec plaisir, si on occulte qu’il s’agisse d’une série pro-israélienne. Une mise en scène assez rythmée, pour quelques situations surprenantes, par rapport à une saison 1 plus soft, accentuant le pessimisme ambiant. Mêlant les dissensions au sein du Hamas, l’implication de DAESH, les relations conflictuelles familiales, l’ensemble axe toujours sur une certaine modernité des rapports humains et amoureux sans complexe, contrebalancées par la violence des échanges et qui confortent la première saison. Assez étonnant pour le pays d'origine, qui surfe volontiers sur le grand spectacle.

Des décors servant le danger et une intrigue à personnages, mais encore ces bémols de longueur, de suspense raté et d’actions mal menées, où le jeu n’est pas toujours de même niveau.

L’empathie envers les palestiniens se ressent légèrement plus qu’en première saison, avec toutefois des défauts de caractérisation. La haine des arabes envers les juifs est par instant excessive et à d’autres où le contexte pourrait tenter de le justifier, la violence démontrée des palestiniens occulte complètement celle des israéliens.

Cette volonté de poser les deux partis à l’identique, est donc amoindrie par l’héroïsme des israéliens.
L’ensemble est suffisamment subjectif et leur supériorité, notamment morale est appuyée. Pour une série qui chercherait à faire réfléchir sur les guerres de territoires et sur la nécessité de les stopper, rien ici ne va pour les palestiniens. Ils sont méchants et butés et les israéliens doivent faire avec, sauver leur famille de la vindicte, éviter les dommages collatéraux!

On pense inévitablement aux séries US où les héros sauvent le monde de l’intégrisme mais aussi spolient les terres tout en demandant d’être reconnaissants.
On note également cette facilité des israéliens à poser un contexte peu probable en réalité pour des civils en territoire occupé, sauf quelques aparté insuffisants pour pouvoir apprécier à sa juste valeur le message à changer les mentalités.

L’intérêt des séries étrangères est justement que ce genre d’intrigues puisse amener à revoir les clichés, à réfléchir au conflit, à poser le politique. Ces pays n’ont pas les mêmes enjeux de divertissement quand il s’agit de l’actualité et d'un contexte pour le moins dramatique.
Alors prendre la série comme une fiction ? oui évidemment... mais l’arrière plan étant important, elle s’avère réductrice.

Heureusement que quelques personnages sont fortement sympathiques...
Note 6

saison 1

La lutte entre un agent antiterroriste israélien et un chef militaire du Hamas en fuite. Voici l’intrigue, car celle-ci va se concentrer particulièrement sur deux personnages. Doron, un ancien de l’unité infiltrée dans la communauté palestinienne, et qui pensait avoir tué le terroriste Abu Ahmad, devra rejoindre sa cellule et le traquer de nouveau, un projet d’attentat de grande ampleur ayant été mis au jour.

Fauda traitera plus particulièrement de la traque avec en filigrane le conflit israélo-palestinien plutôt en tant que décor, qu’enjeux politiques, même si ceux-ci seront évoqués. Un divertissement grand public. Et donc, quelques petits bémols quand on connaît les pépites du genre. Si les séries False Flag et Hatufim se révélaient à la fois originales dans ce que l’on nous offre de fiction aujourd’hui, couplé avec une réalité qui traîne ses traumatismes, elles étaient à la fois plus tendues et plus efficaces, s’attachant à brosser le portrait de pays en proie à sa paranoÏa, faisant défiler les actions avec suspense, comme autant de pistes de réflexions que de sombre constat.

C’est sûrement que Fauda axe sur l’action d’une part et jongle sur quelques situations peu vues chez ces auteurs, alliant violence des échanges et modernité, n’hésitant pas à intégrer des personnages en prise avec leur sentiment, où généralement cet aspect est particulièrement sobre voire à peine évoqué. Axé sur l’humain et ses travers tout autant que son désir d'une vie meilleure, en prise avec ses choix et ses croyances, l’idée séduit par cette volonté de proximité. Mais l’action s’en ressent avec quelques baisses de rythme et du coup les thèmes restent en surface. La narration semble traîner en longueur par des scènes de traque répétitives, toujours interrompues…

En milieu de série, un changement se profile sur les conséquences de cette traque et pointe la difficulté de tous et en particulier de Doron, à concilier son obsession à sa vie de famille, arrivant à lier la traque et ses effets avec plus de tension. Les deux ennemis vont au fil du temps, enfreindre les lois de leur hiérarchie s’enfonçant lentement dans le non retour.
La famille ou les proches se verront victimes collatérales d’une situation refusée mais inévitable avec parfois des actes tout autant dramatiques qu’ils ne servent à rien.

Pas de sensationalisme et on retrouve le sel de ces nouvelles séries, les décors naturels oppressants, une mise en scène immersive, une caméra dynamique où les acteurs se fondent parfaitement dans l'ambiance. Mais on peut aussi être surpris du manque de charisme de La Panthère (Abu Ahmad) qui semble absent, aidé par son lieutenant Wallid qui celui-ci oscillera de bout en bout entre son souhait de combat et sa conscience. Alors que certains acteurs actrices, auraient mérités plus de présence.
L'empathie envers tous ses personnages semble sincère mais manquera de nuance.
Le souhait des créateurs de lier les interrogations des uns et des autres est affaibli par une direction clairement israélienne et on peut noter aussi une certaine condescendance à l’égard des palestiniens. De tous ces petits détails, une gêne s’installe et le thriller finalement en perd de l’ampleur.
Note 7

Global 5.5

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