Depuis le nouveau monde - Cette figure d'imperfection

Avis sur From the New World

Avatar onaspitz
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Grandiose. Rien que ce mot résume à lui seul tout l'anime. J'écris cette critique à chaud, je ne suis sûrement pas très objective mais comment l'être face à ce genre d'anime ? J'ai tellement de choses à dire sur Shin Sekai Yori que je ne sais pas quoi écrire. Les émotions sont là, mais il m'est impossible de les retranscrire sous forme de mots. J'ai apprécié. J'ai aimé. J'ai adoré. Et même plus. Et pourtant, c'était assez mal parti. J'ai commencé l'anime 3 fois et je l'ai arrêté 3 fois, tellement je me suis ennuyé durant les deux-trois premiers épisodes. Puis, en voyant toutes les critiques élogieuses qui circulaient sur cet anime et qui le qualifiaient de "chef d'œuvre", j'ai retenté le coup. Et je ne regrette pas. A vrai dire, j'ai continué l'anime et j'ai fortement pensé pendant les 20 premiers épisodes de la série, lui mettre un bon 8/10. Et puis là arrive les cinq derniers épisodes. Et là, c'est la claque. C'est magnifique, c'est beau, c'est cruellement ironique : C'est un chef d'œuvre, je le confirme.

Le pitch de départ ne m'a pas donné envie, même si j'avoue que le côté dystopique m'attirait quelque peu. Les premiers épisodes sont lents, on nous sert pleins d'éléments sans explications, on nous sert aussi des personnages sans aucune introduction, bref, c'est long, lent et chiant. Et puis, l'anime m'a tout de suite paru étrange, en parti à cause de son ambiance très lourde, de son graphisme très lisse, du fait que celui ci n'a pas d'opening, bref, tout était étrange pour moi et je n'arrivais pas à m'y faire. Mais au fond, plus on avance, plus on se rend que compte que ça importe peu vu que Shin Sekai Yori c'est bien plus que ça.

Avant de parler du fond, je voulais à tout prix parler de la forme en premier. J'ai déjà vu des animes qui ont un niveau graphique remarquable, comme Guilty Crown par exemple. A côté, on pourrait presque croire que SSY (diminutif pour Shin Sekai Yori) fait pâle figure. Mais ce n'est pas vraiment le cas. Oui, c'est pas exceptionnel mais ça reste beau. C'est propre, ça fait le travail. Les environnements sont variés mais magnifiques ; on découvre un nouveau monde, presque trop beau pour être vrai. L'animation est aussi très bonne, s'arrangeant d'épisodes en épisodes et nous servant des scènes très (très) réussies. Pour ce qui est de la soundtrack, elle est juste sublime. Les pistes sont discrètes mais savent se démarquer, en particulier les chœurs et Sad Separation, qui est selon moi, l'OST la plus belle de tout l'anime (avec aussi History of sorrow et Original Sin). Les endings sont également très bons, autant au niveau de la musique que de l'animation. Pour résumer, l'anime est bien réalisé, mais surtout réalisé intelligemment.

Mais autant au niveau de la forme c'est très bon, autant au niveau du fond, c'est excellent. Oui. Excellent. SSY n'est pas un chef d'œuvre pour son graphisme ou sa soundtrack. Il est un chef d'œuvre pour son scénario. Un scénario magnifiquement bien élaboré, cohérent de bout en bout et qui traite un grand nombre de thèmes matures, profonds et censés. Mais le plus incroyable, c'est la manière dont l'anime traite ces thèmes, avec une justesse surprenante. A aucun moment l'anime ne se prends pour ce qu'il n'est pas, il ne donne pas de leçons, il ne nous fait prendre aucun parti, il nous laisse une liberté complète. En fait, il ne nous prends pas pour des cons... Et c'est une première, il faut le dire. Les intrigues sont très bien ficelées. Trop bien même. C'en est déboussolant. C'est une histoire magnifique, malsaine et surtout, cruellement ironique.

Cruellement ironique de part l'histoire de ces cinq enfants qui vivront l'enfer dans un endroit censé être le "Paradis" (société aux allures très saines alors qu'en fait pas du tout). Nos 5 petits personnages, Saki, Satoru, Maria, Shun et Mamoru, sont grandioses. Tout comme l'anime. Il serait difficile de parler d'eux en détails mais ils sont tous très attachants, à leurs façons. Mamoru est le plus discret du groupe, tellement qu'on peut parfois l'oublier. Mais c'est un personnage qui m'a touché. Profondément. Maria est l'archétype de la bonne amie. Gentille, jolie et toujours prête à aider les autres, c'est un personnage qui m'a plu, surtout de par sa relation vis à vis de Saki. Je ne vais pas aborder le cas de Shun, c'est un personnage qui m'a tellement fasciné que j'aurais trop de choses à dire sur lui. Mais évidemment, la palme d'or revient à Saki et Satoru, mes deux grands chouchous. Tellement différents mais aussi tellement humains, voilà comment je pourrais les qualifier. Satoru est le rigolo du groupe en quelque sorte (même s'il ne va forcément toujours rigoler) et Saki est le personnage principale, en fait. On pourrait croire au début qu'il n'y en a pas vraiment mais l'histoire est raconté par elle depuis le début, c'est elle que nous suivons et j'ai trouvé son personnage remarquable. Vraiment. Mais je tiens surtout à parler de Squealer, un personnage qui m'a touchée. On le découvre, on l'aime, on s'attache à lui, on le déteste mais on finit toujours par lui pardonner. Il est un extranerattus et pourtant, il dégage plus d'humanité que la plupart des humains. J'ai beaucoup méprisé ce personnage mais je l'ai aussi beaucoup admiré.

On découvre les personnages mais on découvre aussi l'univers de la série, qui s'apparente à une sorte de passé dans le futur. Le fait que l'histoire se déroule 1000 ans après notre ère, donne au scénario une liberté totale, sachant que les normes que nous connaissons n'existent plus. C'est pour ça qu'on est parfois un peu bouleversé, surtout de part le paradoxe de l'univers et de l'époque. En effet, c'est dans un monde futuriste mais le cadre est très rural et les technologies sont très (très) peu présentes. Mais justement, c'est cet univers si particulier rend si l'histoire si angoissante et qui permet à SSY de faire de l'horreur. C'est étrange dit comme ça, car SSY est loin d'être un anime d'horreur au départ et puis il faut avouer que de nos jours, les animes d'horreur se résument à du gore trashounet, un peu à la Corpse Party. Mais là, c'est pas le même genre d'horreur, même si y'a du sang à certains moments (mais c'est toujours justifié). C'est plus de l'horreur psychologique, de l'horreur angoissante, de la vraie. En même temps, il faut dire que l'ambiance de la série est très particulière mais surtout très lourde et pesante. Et ça se sent dès les premiers épisodes. A vrai dire, s'il fallait donner un genre à SSY, je dirais sans hésiter le Drame avec un énorme D, voire le Mélodrame. Cette série est une succession d'évènements dramatiques et de catastrophes. J'irais même plus loin en affirmant que SSY est une série tragico-mélodramatique (ça n'existe pas, je sais). Néanmoins, ce n'est jamais trop poussé. Comme je l'ai dit, l'anime ne prend pas les spectateurs pour des cons. Il n'essaye pas de nous faire dire "Oooh, c'est horrible ce qu'ils vivent !" en surenchérissant les moments tragiques pour que l'on verse des petites larmes, non. L'anime se contente de montrer ce qui doit être montré. Alors oui, il y a du tragique, oui, il y a du dramatique mais il n'y a pas que ça.

Les ellipses narratives sont très inégales, il faut le dire, et peuvent parfois un peu déboussoler. On passe de 12 à 14 ans puis de 14 ans à 26 ans, ce qui fait quand même une ellipse de 2 ans puis une ellipse de 12 ans. Cependant, les ellipses sont essentielles. Sans elles, l'histoire perd beaucoup de son sens. Ces ellipses nous servent aussi à suivre les personnages de leur enfance à leur statut d'adulte, en passant par l'adolescence. Au fur et à mesure du temps, les relations entre nos cinq protagonistes évoluent considérablement et on grandit avec eux, en quelque sorte. Je pense quand même que les relations qui m'ont le plus marquées sont celles entre Saki/Shun, Saki/Satoru et Maria/Mamoru.

Depuis le début de ma critique, je ne tarit pas d'éloges sur cette œuvre mais l'œuvre parfaite n'existe pas. On pourra peut être reprocher à SSY un début un peu trop mou (l'histoire commence réellement à l'épisode 5 et prends tout son sens à partir de l'épisode 10/11) et le fait que certains épisodes sont moins intéressants que d'autres. Cependant, ça importe peu car Shin Sekai Yori ne se résume pas seulement à ça, loin de là. Sans mentir, j'ai du voir entre 150 et 200 animes dans ma vie et SSY et le seul qui m'a fait cet effet là. C'est le seul anime que j'ai vu qui a réussi à me tenir en haleine jusqu'à la fin, à me surprendre jusqu'à la fin et qui ait réussi à m'émouvoir jusqu'à la fin. Shin Sekai Yori est dramatique. Shin Sekai Yori est tragique. Shin Sekai Yori est cruellement ironique. Shin Sekai Yori est poétique.

J'ai tellement de choses à dire sur cet anime que parler totalement de cette œuvre me prendrait des jours entiers. J'arrive à la fin de ma critique et j'ai l'impression de n'avoir rien écrit tellement il y a de choses à dire. Plus sérieusement, allez voir cet anime. Appréciez ses personnages. Appréciez son ambiance. Appréciez son histoire. Appréciez le, jusqu'au bout.

Vraiment.

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