Ni dieu, ni maître

Avis sur Godless

Avatar Antonin Chapelot
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Une épopée chevaleresque pour une vendetta sanglante. Déjà objet de nombreux films et séries, Godless redonne au Far West sa grandeur à coup de plans larges sur le désert aride et indomptable du Colorado. Sur cette terre des règlements de comptes, deux hommes se font face. Roy Goode, sorte de Robin des Bois de l'Ouest, vole à son mentor, Frank Griffin, le butin juteux d'un braquage de train pour le donner aux plus nécessiteux. Après un échange de coups de feu nourri qui coûte à Frank son bras droit physiquement comme symboliquement, Roy parvient à s'enfuir, une balle dans le cou.

S'ensuit un jeu de chat et de la souris pour se retrouver où chacun joue sa survie. Pendant que Roy trouve refuge chez Alice, Calamity Janet calme mais sévère, Frank se rapproche peu à peu. Méconnaissable, Jeff Daniels incarne un méchant mémorable. Son calme captive et chacune de ses phrases nous fait frissonner. Loin d'être simplement cruel, Frank est un Villain complexe et torturé, bercé de références bibliques. L'ombre de sa vengeance plane sur le ranch et sur les habitants de la ville voisine, LaBelle, dépeuplée de ses hommes après un accident minier tragique. Entre trahison, amour et vengeance, la relation entre les deux hommes se révèle pièce par pièce à l'aide de flashbacks particulièrement hauts en couleurs.

Au-delà du classique protagoniste masculin musclé au passé tragique, la série laisse une place centrale à des femmes fortes et téméraires dans ce traditionnel monde d'hommes. Alice représente un symbole d'indépendance d'une veuve par deux fois qui pourvoit aux besoins de sa famille en assurant la protection de son ranch. Dans le même temps, dans une ville dépourvue d'hommes, les "demoiselles de LaBelle" s'organisent et reprennent les commandes.

La série éblouit par ses panoramas sublimes et ses personnages travaillés et brillamment interprétés. La construction lente de la tension et les scènes d'actions rares mais sanglantes ne serait pas sans rappeler un certain Django Unchained. Les sept épisodes aboutissent à un final showdown d’anthologie à ne pas manquer, fan de Western ou non.

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