[pilot] Quand Sherlock Holmes et Sheldon Cooper deviennent chirurgien

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Cette critique est basée sur le pilot, seul épisode sorti à ce moment.
L'autisme est un sujet récurent dans les films ou les séries TV. Ici on nous pose la question suivante: est-ce qu'on peut être autiste et chirurgien?
L'épisode se découpe en deux visages: le passé du héros et son présent. Ce jeune garçon a été maltraité dans son enfance, il a vu des gens qu'il aime mourir, ça lui a donné envie de devenir médecin pour avoir la possibilité de sauver son prochain. Il doit passer devant un jury qui doit voir s'il est apte ou non à faire ce métier dans leur hôpital. Mais voilà, rien ne se passe comme prévu, et il va avoir du retard.
Le héros, Shaun, possède un autisme qui lui donne une très grande intelligence, et on nous montre dès le début qu'il est un véritable génie, à être le seul à savoir quoi faire face à une situation de crise (un peu paradoxal car les autistes aiment la routine), alors qu'il est avec un chirurgien expérimenté mais visiblement agissant comme une brêle, à son profit car il save the day.

Il se sert de son palais mémoriel à la manière du Sherlock Holmes de la BBC pour savoir quoi faire; par la même occasion il nous explique à nous, spectateurs, le fil de sa pensée et de sa réflexion en images. Pour le reste de son attitude, il est un peu figé, et n'a pas de filtre dans sa manière de parler. L'hypocrisie, il connait pas. Il est sincère, sans se rendre compte de son cynisme, contrairement à Doctor House qui étudiait ce désir de provoquer les gens. Pour cela, il ressemble à un Sheldon Cooper, qui parle comme il pense, avec génie mais les rires de fond forcés en moins, ce qui n'est pas plus mal.

Pour le reste c'est une série médicale à l'image de Grey's anatomy ou Night Shift: du spectaculaire, de la tension (va-t-on arriver à sauver ce garçon croisé par hasard?), du pathos avec une famille en pleurs. Alors qu'on reproche à Shaun, le héros, de ne pas avoir assez de sentiments, il se retrouve confronté à une bande de chirurgiens tellement imbus d'eux-même et intolérants que ce sont eux qui ont l'air insensibles, renversant la balance.

On veut vraiment que le spectateur se mette du côté de Shaun, en nous faisant pleurer et sur son passé traumatique, et sur l'intolérance qu'il subit encore. La dernière phrase de l'épisode résume un peu le tout: "j'ai beaucoup à apprendre vous. Est-ce que votre prétention vous permet de faire un meilleur travail?" Vous voyez, pas de filtre. Juste apprendre et sauver des vies.
C'est le genre de série qui plairait bien à TF1, ça ne serait pas étonnant de la voir débarquer un jour.

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