Réalisme crasse

Avis sur Hell on Wheels

Avatar Kowalski
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Alors non, cette oeuvre ne révolutionnera pas le monde des séries, non elle ne laissera pas une trace indélébile. Mais c'est une oeuvre plus que plaisante sur une période finalement peu abordée en série dernièrement (à part l'excellente "Deadwood", je n'en vois pas d'autres, d'ailleurs n'hésitez pas à m'informer car je suis loin de tout connaître...). Voici donc 5 raisons de voir cette série:

1) Pour son réalisme crasse.
On suit, période post guerre de sécession, la colonie chargée de construire la ligne de chemin de fer transcontinentale. Le camp ressemble à un champs de boue, les hommes ont les dents pourries en plus d'avoir les cheveux gras, les putes ne connaissent pas l'eau du bain, les ouvriers sont de grosses poches, les noirs sont appelés négros, les tentes sont crades de chez crades.......bref, pour le glamour faudra repasser.
Pareil pour les scènes de combats: ici on ne descend pas un mec d'une balle entre les deux yeux à 50 mètres; non il faut être à 10 mètres et vider son chargeur en priant pour avoir touché au moins une fois son adversaire. Alors c'est sûr la série perd en héroisme et mythologie ce qu'elle gagne en réalisme.

2)Pour la période abordée.
La construction du chemin de fer participe au mythe des Etats Unis d'Amérique prenant part à de nombreuses oeuvres ("Il était une fois dans l'Ouest", plusieurs tomes de Lucky Luke dont "Le fil qui Chante"........). Cette période charnière marquera la fin de l'ouest sauvage.
De plus on est également en période d'essai de réconciliation nationale après la victoire des abolitionnistes ce qui ne veut pas dire que ça va être la fête pour les anciens esclaves.

3) Pour son anti-héros.
Bein ouais, Cullen Buhannon (superbement interprété par l'inconnu Anson Mount) est loin d'être le défenseur de la veuve et de l'orphelin. Ce qui l'intéresse c'est uniquement sa gueule et son désir de vengeance personnelle et c'est bien souvent contraint et forcé qu'il se mêle des histoires des autres protagonistes. Et ça fait du bien d'avoir un héros complexe ayant une part sombre et pour qui une vie ne compte pas forcément pour grand chose.

4) Pour les autres rôles
Hell on wheels nous donne une sacrée galerie de personnages: les frères McGinness, le Suedois, Lilly Belle, le révérend Cole (le cultissime Tom Noolan, l'inoubliable interprète de Francis Dollarhyde dans "Le Sixième sens" de Michael Mann), Elam Ferguson l'ancien esclave, Black Moon l'indien "civilisé", et surtout Thomas Durant, promoteur du projet (enfin un vrai rôle où Colm Meaney , habitué des second rôles, tantôt cabotin, tantôt pathétique, souvent machiavélique et sournois peut enfin donner la pleine mesure de son talent)

5) Pour la B.O
Effectivement la musique posée sur des plans souvent magnifiques est de toute beauté

Offrez vous un petit tour dans l'ouest sauvage, ça vous changera des nombreuses (trop?) séries policières ou hospitalières du moment

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