Une histoire de fin.

Avis sur How I Met Your Mother

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Critique publiée par le

Bon. Après un deuxième visionnage complet de la série, un point s’impose.
J’écoute « Heaven» de The Walkmen en écrivant cette critique, soit la toute dernière chanson de la BO de la série : https://www.youtube.com/watch?v=cOHlNR7Iq_U .
Beaucoup de choses qui m’avaient fait hurler à l’époque où je suivais la série à sa sortie ont pris un sens dans mon esprit, et les dernières minutes du dernier épisode si souvent décriées y sont pour beaucoup.

‘Remember, remember all we fight for’.

Commençons par le début. How I met your mother suit le principe du récit analeptique: en 2030, Ted Mosby (Josh Radnor), le personnage principal de la série, entreprend de raconter à ses deux enfants (déjà jeunes adultes) comment il a rencontré leur mère. Sauf que Ted a une fâcheuse tendance à raconter son histoire dans les moindres détails, faisant avancer son fil avec la lenteur d’un Ramoloss qui aurait attrapé la mononucléose. Bref, au fil des épisodes, on découvre la vie de Ted, Marshall Eriksen (Jason Segel), Lily Aldren (Alison Hannigan), Barney Stinson (Neil Patrick Harris) à partir de 2005, on apprend comment Ted rencontre «AUNT» Robin Scherbatzki (Cobie Smudlers) et en tombe immédiatement amoureux... et on picore tant bien que mal les indices semés par les auteurs de la série qui nous mènent par le bout du nez quant à la mère des enfants de Ted au milieu des TONNES de péripéties (plus ou moins pertinentes, mais j’y reviendrai) qui se profilent dans les 9 saisons de la série.

Les vieux de la vieille vous diront qu’on sent un net ralentissement à partir de la saison 4 et de l’affaire Ell.. Stella (pardon, lapsus) et ils n’ont pas totalement tort : on doute de la pertinence de certains épisodes qui semblent être purement anecdotiques et n’avoir aucun lien avec la quête effrénée de la « mère »... Parmi celles-ci, je n’ai pas encore tout à fait compris l’intérêt des 'doppelgangers', et les petites intrigues amoureuses de Barney et Ted servent franchement de prétexte à introduire au pire des petits rôles dont on oublie les noms, au mieux des gueststars (JLo, Britney spears, Katy Perry, Jennifer Morrison qui, pour changer, a un rôle de chieuse, Laura Prepon <3, Becki Newton...), dont les apparitions sont mal maquillées en étapes dans l’évolution des personnages (Norah pour Barney, une série de nanas sans intérêt pour Ted).

Mais... Oui, « Mais ». Je ne peux pas rester sur cette lassitude, et j’oublie volontiers la vingtaine d’épisodes inutiles des saisons 7 et 8 et le manque de contenu du début de la dernière saison, tout ça grâce au double épisode final.

ICI COMMENCE LE PARAGRAPHE DU SPOIL. https://www.youtube.com/watch?v=5DuX2ujMjoE
Parce qu’est-ce qu’on attendait de la fin de la série ? Des résolutions et des conclusions. Un bon nombre de chapitres voient leur point final : le cas ‘Slutty Pumpkin’, le job de Barney, Victoria, et, j’aurais dû commencer par là, l’identité de la mère des enfants de Ted...
et on nous en déchire d’autres à la gueule, alors qu’ils avaient mis AUTANT DE PUTAIN D’EPISODES à se construire

(Barney/Robin, quoi. Merde. Sentez ma rage de bon public berné...). La question se pose alors : Pourquoi? Pourquoi transformer Barney en vieille lavette dépressive? Pourquoi faire mourir (je vous avais dit SPOILERS! venez pas vous plaindre !) LE personnage qu’on attend depuis le titre de la série ?
BREAKING NEWS : Penny (la fille de Ted), qui connaît bien son papa et ses détours, nous donne une clé que beaucoup honnissent : « Dad, this is not the story of how you met mom, but of how you fell madly in love with Aunt Robin » (‘Papa, ton histoire ne raconte pas comment tu as rencontré maman, mais comment tu es tombé follement amoureux de tante Robin’). C’est suffisament inattendu pour être qualifié de twist final: papa Ted nous aurait-il menti depuis le début dans le seul but de nous montrer par A+B que Robin a toujours été l’amour de sa vie? Eh ben oui. Maintenant, il faut l’accepter. La série s’appelle bien «How I met your mother», pas «How I met the love of my life», et disons-le : ce sont deux choses qui ne sont pas strictement synonymes. Moralité : Marshall a toujours raison (il parié 5$ contre sa femme sur l’issue de l’intrigue Ted/Robin), et l’ost finale est très pertinement choisie pour résumer le sentiment qui devrait être celui du spectateur : «COME OOOON, NOT THIS AGAIN!» (disait Lily à chaque fois que Ted faisait une rechute du côté de Robin) mais cette dernière fois, avec un petit sourire. Il est exaspérant, c’est vrai, mais cette fin signe la victoire d’un idéalisme sentimental désuet qui, franchement, fait un bien fou : d’où la tendresse que j’ai pour elle.

Fin alternative ou vraie fin ?
Je comprends parfaitement le rejet que l’on a pu avoir pour cette fin qui clôturait une saison usante par sa monotonie spatio-temporelle, parce qu'il a été ma première réaction. Il faut dire que le personnage de Tracy est tellement génial qu’on ne peut s’empêcher d’être frustré par sa disparition précoce, et un peu roulé dans la farine d’avoir suivi neuf saisons pour si peu.
Par curiosité, je suis allée voir la fin alternative : https://www.youtube.com/watch?v=RoHUs8J7x94 . Ma question : est-ce qu’elle m’aurait moins frustrée la première fois que j’ai vu la série ? Sans doute. Mais elle redéfinit radicalement le message final. Tandis que, dans la fin « Robin », triomphe la certitude première de Ted qu’il a bien rencontré THE ONE en pull vert dans l’épisode pilote, et d’une série d’épreuves visant à annuler tous les obstacles qui se dressaient sur le chemin de son idéal, la fin ‘and that, kids, is how I met your mother’ se pose d’un point de vue purement téléologique : toute les péripéties de la série/du récit de Ted à ses enfants tendaient vers cette fin. C’est le but (‘telos’, vous diront les hellenistes, je n’invente rien) d’un récit, d’accord, mais ce principe instaure aussi l’idée d’un destin : il a fallu en passer par là pour atteindre cette fin, ce qui me chiffonne un tantinet. Mais je ne rejette pas non plus pour autant cette fin alternative, parce qu’elle est beaucoup plus tendre avec les autres personnages (Tracy et Barney, entre autres).

Bref, j'ai du mal à quitter les personnages. C'est plutôt bon signe, non?

Je finirai avec The Walkmen, comme la fin originelle de la série (FINCEPTION), parce que le mec qui a choisi cette chanson savait ce qu’il faisait :

‘Our children will always hear
Romantic tales of distant years,
Our gilded age may come and go'
Our crooked dreams will always glow.
Stick with me, oh, you’re my best friend,
All of my life you’ve always been.
Remember remember
All we fight for.’

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