Une ôde au talent et à la créativité

Avis sur Inside No. 9

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*Épisode 1- Saison 1 : Huis-clos dans une armoire. C’est la célébration des fiançailles d’une femme dont la moitié des convives ignore son nom. Pour l’occasion elle organise le jeu Sardines, un cache- cache où chaque personne ayant démasqué quelqu’un rejoint cette dernière dans sa cachette. On découvre alors cette bande par le biais de cette planque exigüe, l’occasion de découvrir un terrible secret.

Épisode 2 – Saison 1 : Deux braqueurs maladroits s’introduisent dans la maison futuriste d’un riche homme. Sketch burlesque et muet avec une instrumentale de Céline Dion en version symphonique en fond.*

Je serai directe, franche, cette découverte m’a permis de faire la connaissance d’un fameux duo de la télévision anglaise, dont la production à tout de l’art. Génie, écriture irréprochable, sens du retournement et du suspens. Inside n°9 est un défi permanent, un festival d’intelligence et d’imagination. The Independent désigna le second épisode de la deuxième saison (12 days of Christine) comme un des meilleurs moments de la télévision britannique depuis des années. Steve Pemberton et Reece Shearsmith, créateurs, auteurs et acteurs abattent un travail phénoménal. Anciens co-fondateurs et membres de The League of gentlemen aux côtés de Mark Gatiss et Jeremy Dyson rencontrés à l’université, ils se lancent une 1ère fois en duo avec le génial et dérangé Psychoville. Deux ans plus tard les voilà de retour avec Inside n°9 une série d’anthologie, dont le seul point commun entre les épisodes est le huis clos (armoire, bureau, appartement, manoir…).

Chaque épisode ne se contente pas de traiter une thématique différente. Non, chaque épisode offre un thème et aussi un angle, une réalisation, des personnages et un ton différents. Imaginez vous plonger dans une effervescence de créativité qui ne s’arrête jamais. Qu’ils soient à la réalisation, la conception ou l’interprétation ils sont irréprochables ! Jamais rien ne se ressemble, on peut cependant dégager certaines similarités. Leur répertoire emprunte souvent au gothique, à cette atmosphère un peu glauque et mystique, sans que ce ne soit vraiment la règle. Nana’s party commence comme une simple réunion de famille ou le père veut se venger de son beau-frère blagueur pour prendre un tournant radicalement. L’humour puise à toutes les sources, tantôt gras tantôt cruel. En combinant mes deux sujets préférés que sont la fellation et la sorcellerie, ‘Le procès d’Elisabeth Gage’ est un sommet de loufoquerie avec Reece Shearsmith dont la voix parodie la diction à l’ancienne. Les limites de la série sont celles de leurs auteurs, ils vont vers ce qu’ils savent faire, ce qu’ils aiment et peu importe si en 30 minutes le désespoir côtoie la comédie. Ainsi vous ne trouverez jamais de tentatives ratées ou d’expériences abandonnées à mi-chemin. Leur seule règle est d’introduire une histoire et d’en donner la conclusion la plus surprenante avec un minimum de moyen.

Le scénario se tient avec rigueur à la ligne directrice et raconte une seule histoire en 30 minutes. Malgré cette durée le duo parvient à ébaucher ce qu’il faut pour étoffer la narration. L’épisode se voit comme une bulle d’imaginaire où les règles s’établissent rapidement. Surnaturel, références et tragique prennent place aisément avec une richesse surprenante. Leur talent est de s’en tenir à la stricte histoire en court, aucun parallèle, aucun élément extérieur, qu’il soit lié au personnage où à l’actualité ne vient troubler le déroulement. Chaque épisode a ainsi le droit à sa part de suspens et au dénouement final même au coeur des histoires les plus banales.

Le casting est un régal. A sa tête évidemment les seuls récurrents Steve Pemberton et Reece Shearsmith. Le premier s’affiche souvent sous les traits de l’homme avenant, parfois imbécile et peut se révéler inquiétant. Le second s’arme de sa voix aigüe pour des personnages plus nerveux. Les invités sont délicieux : Gemma Arterton, Paul Kaye (GOT – Thoros de myr) et Conleth Hill (GOT – lord Varys) et Katherine Parkinson (The It crowd).

Dur de finir sereinement Inside n°9 sans le regretter dès les premières secondes. Concentré de talent et d’imagination, il nous est offert l’occasion rare de voir deux surdoués avoir carte blanche. D’une parfaite maîtrise, Inside n°9 nous rappelle que la série n’est pas seulement un divertissement, c’est aussi un art de l’écriture avec ses grands maîtres. Les créateurs vivent actuellement dans l’attente d’un renouvellement. Et pour prolonger le plaisir vous pouvez écouter les commentaires de la saison 2 ici.

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