"Oubliez c'que j'viens de dire. Le Graal, c'est d'la merde."

Avis sur Kaamelott

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2 épisodes. Il m'a seulement fallu 2 épisodes pour devenir accroc, fan absolue de cette série.
N'étant pas branchée programme court, c'est la curiosité qui m'a fait me planter devant Heat, 1er épisode de la 1ère saison de ce qui est devenue LA série française.
Mais c'est définitivement la mythique Tarte aux myrtilles, 2e épisode qui m'a fait basculer : un brillant jeu de joutes verbales, du sarcasme, de l'ironie, des fions dans la tronche, bref, tout ce que j'aime.
De là à en déduire que je connais cet épisode par coeur ... celui-là parmi tant d'autres.
Car il ne se passe pas une semaine sans que je me refasse régulièrement des épisodes, pris au hasard. Et je tombe toujours bien, sur un super épisode ! Ah on me dit que c'est parce qu'il n'y a que des super épisodes ! "C'est pas faux" !
Sans compter que je me refais l’intégrale obligatoirement une fois par an, pour des questions évidentes de santé mentale : Kaamelott, « c'est très important pour la... la santé du... du cigare... »

Kaamelott, c'est avant tout brillant, remarquable, unique.
Je me risquerais même à employer le terme "génial" que je n'utilise pourtant qu'avec parcimonie (si, si !) et pour qualifier le travail d'un seul individu. Toutefois je ne pense pas qu'il soit galvaudé ici.
Il n'est pas un épisode qui n'ait ses répliques devenues cultes.
Tous les personnages sont hyper travaillés, des principaux aux secondaires, en passant par les guests, ce qui fait une des grandes richesses de Kaamelott.
Je me demande souvent devant mon écran quel est mon personnage préféré. Et je suis à chaque fois dans l'incapacité de répondre : c'est impossible. Même si j'avoue adorer voir Leodagan et Séli s'envoyer des prunes, je suis fan de Bohort et de sa préciosité, de Perceval, si con mais si touchant, des pécores finalement pleins de bon sens, de Merlin l'incompétent, etc.
Les running-gags ("oh putain oui, le beau-frère du roi !"), les multiples références (geeks, culinaires, historiques), les thèmes abordés (la religion, l'homosexualité, la condition de la femme), tout est fait avec une intelligence rare.

La force de Kaamelott ? Passer d'un programme court excellent, bourré de vannes à une véritable série, construite, avec un scénario qui tient la route, des décors magnifiques (ceux de la série Rome au passage), du suspens, du rire, de l'émotion ...
Car il y a des moments émouvants, dramatiques, dans Kaamelott, ce qui marque l’évolution réelle du programme : le rire côtoie le drame, dans un bel équilibre.
Perceval me tire les larmes quand il dit « je ne suis peut-être pas une flèche au tir à l’arc, mais je peux me vanter de savoir ce que c’est que d’aimer quelqu’un » en parlant d’Arthur. Le roi qui raconte son rêve dans le final du livre VI est bouleversant.
C’est l’évolution parfaite qui permet de raconter une véritable histoire et d’éviter de prendre le risque de lasser le téléspectateur.

Et puis Alexandre Astier ... Isabelle Adjani qui a travaillé avec lui sur le très beau David et Mme Hansen, parlait de lui comme du nouveau Chaplin ! Oui, bon, faut pas déconner non plus !
Car Astier, à l'instar de l'illustre, du magnifique, de l'extraordinaire susnommé, fait tout, maîtrise tout, gère tout : il écrit, il réalise, il joue, il produit, il compose. Et il le fait de main de maître.
Malgré tout, j'ai un peu peur qu'il se foute de notre gueule. Le superbe final du Livre VI nous annonce qu'Arthur reviendra très bientôt sur grand écran. Je me dis qu'Astier et moi ne devons pas avoir la même définition du mot "bientôt" …

Par contre, M6 = zéro ! Programmer la saison VI en plein été, le samedi soir en face de Fort Boyard (eh oui, aussi bizarre que ça puisse paraître, il y a des gens qui préfèrent regarder des nains courir ! Ceci dit, je ne vais pas juger : en parlant de nains qui courent, je regarde les matchs du FC Barcelone toutes les semaines), m’est d’avis que ça n’était pas le plus grand des respects pour la série ! Je crains qu’elle n’ait perdu quelques admirateurs en court de route.
Heureusement qu’elle peut compter sur ses fidèles et indestructibles.

Alors après, je sais bien qu'il en faut pour tous les goûts. Je fais un gros travail sur moi pour en arriver à respecter l'avis des autres. Je peux même supporter (difficilement certes) qu’on m’avance l’hypothèse que le Dictateur a été fait pour faire le buzz, que le Kid est bourré de pathos ou que la scène de combat de City lights n’est pas crédible. Je souffre, mais j’accepte !

Mais sur Kaamelott, c'est une épreuve. Je peux tenter de comprendre que cet humour est rédhibitoire chez certains.
Toutefois quand je lis ça :
"Je classerai cette série au niveau de l'humour de Jamel, qui à l'instar de ce dernier possède un nom tout à fait équivoque.
Je mets 2 tout de même, dans l'espoir que cette série possède un vague apport culturel aux tristes personnes ayant eu le malheur de tomber sur cette série."
j'ai bien envie de gueuler "mécréaaaaaaaaaaaaaaaaaaaant", en m’arrachant le globe oculaire à la petite cuillère.
Bon je ne le ferai pas, parce que déjà c’est dégueulasse, mais l’idée y est !
Par contre je lance, avec tout mon mépris, comme le ferait ce bon Loth d’Orcanie :
« Ave Cesar, rosae rosam, et spiritus rex ! Ah non, parce que là, j’en ai marre ! »

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