Tout est possible dans la vie.

Avis sur Kim Possible

Avatar Maximemaxf Skellington
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Dans la catégorie des séries Disney Channel qui sauvent l’honneur de cette filiale, j’ai déjà parlé de Souvenirs de Gravity Falls il y a peu (et si vous ne l’avez pas encore vous : jetez vous dessus, c’est de la bonne), mais il y a aussi eu le dessin animé Kim Possible sorti au début des années 2000. Un animé Disney qui n’a pas eu moins de 4 saisons ainsi que deux téléfilms et des plusieurs compilations d’épisodes, même si elle est oubliée dans les vestiaires par les Disneyphiles on peut déjà se douter qu’elle a trouvée son public.

Mais pourtant cette animée n’a pas été gâté niveau réputation puisque beaucoup ont rabaissé très vite, voire beaucoup trop vite, Kim Possible à une série pour petite fille sans âme et daubé à de nombreux niveaux voire même tête à claque qui a remplacé la série Buzz l’éclair (surtout sur le territoire francophone et la période âge noir de Disney n'a pas aidé). Alors que pourtant derrière ce sont Marc McCorkle et Bob Schooley qui dirigent la série, le même duo qui a crée la série animée Buzz l’éclair qui a eu sa fanbase grâce à la popularité de l’astronaute de la saga Toy Story. Et parallèlement à cette réputation, la série a quand même eu des nominations dans plusieurs cérémonies pour ce qu’il propose.

Alors avant toute chose, oubliez ce qu’on vous a dit avant sur la série : l’histoire n’est pas celle d’une espionne mais d’une adolescente à tout faire et d’une aventurière à travers un animé qui se moque de lui-même et de la perfection complètement irréaliste de son héroïne (pas si parfaite que ça si on y regarde de près) ainsi que de ses antagonistes. La preuve, Kim Possible passe son temps à se faire assister pour ses missions et à être remercié alors qu’elle se montre ridiculement modeste face à des situations invraisemblablement à résoudre (exemple toute bête : mettre au monde un bébé Lama sous un torrent de pluie en Amérique du Sud).

Schooley et McCorkle optent tout deux pour un rythme très vivace et s’amusent, la grande majorité du temps, à jouer la carte des multi références ou même de l’humour méta. Choix cohérent pour une série destiné à tout public, surtout les plus jeunes, sauf que Kim Possible est une série en partie composée d’épisode de remplissage et très mineurs et que si la plupart du temps la formule marche, le duo ne laisse rarement son spectateur souffler le temps d’un épisode et à même tendance à s'user à force d'être décomplexé et jouer très rarement sur la tension. Même pour un rythme de série télévisée pour les plus jeunes, il faut laisser son public respirer un peu plus que ça.

Cela dit, à côté de ça, la série a un beau style visuel en 2D très dynamique et en principe très bien animé, même dans les épisodes les plus anecdotiques. Les mouvements sont fluide, l’enchaînement des images découpés lors des scènes d’actions plus que correcte et le chara-design joli surtout pour la palette de couleurs, même si certains épisodes sont plus vives que d’autres en fonction de leur intérêt par rapport à ce qu’ils apportent à nos personnages. Et en dehors du téléfilm de la saison 3 qui clôt celle-ci, la série se passe quasiment de tout élément 3D l’inverse de d’autres animés américains modernes.

D’ailleurs, la panoplie de personnage est aussi riche que varié et amusant : de nos duo de héros composé de Kimberley Ann Possible exagérément populaire et doué en tout et n’importe quoi mais facile à titiller quand sa popularité est mise en jeu (elle deviendrait astronaute sans qu’on n’ait à lui dire : "Accroche toi, avec de la bonne volonté, on peut arriver à tout."), et de Robin Trépide le looser zarbi très sympathique et comique de service souvent très divertissant sans oublier Rufus son taupinet tondus qui aura même droit à sa propre chanson dans la saison 3, en passant par la famille de Kim et son entourage (le proviseur Barry, Monique, Bonny, etc…), et bien sur la grande galerie de bad guy et bad girl qu’elle doit affronter au fil de ses aventures.

De Hugo Rille obsédé par tout ce qui touche à l’espèce simiesque pour conquérir le monde à Killigan le golfeur fou, en passant par le duo Senor Senor, le Senor et le Junior deux milliardaires se lançant dans les projets de conquêtes mondiales. Et bien sur, au sommet du lot et surpassant sans mal cette bande de bras casse : le duo Drakken et Shego, les vrais stars de cette série et la grande source comique de cette série.

Le premier, le docteur Drakken avec la voix de Michel Elias (autrement dit Pumba du Roi Lion), est un antagoniste obstiné mais tellement idiot et tellement gamin dans ses stratégies pour se débarrasser de Kim Possible et conquérir la Terre qu’il en devient facilement drôle et Shego (festival de jeu de mot) sa femme de main très sarcastique vis-à-vis de ses plans à tel point que, durant l’un d’eux, elle se souciera plus du sort des poissons que de celui de l’humanité. Entre leur projet d’envahir le Canada en aspirant l’eau des lacs, le contrôle mental par shampooing qu’ils tentent de vendre dans un clip de Rap, l’hypnose sur une armée de personnes âgées ou encore humilier Kim Possible jusqu’à ce qu’elle en meurt, Drakken ne manque pas d’idée aussi tordu qu’idiot et ses dialogues avec Shego mettent très facilement le sourire aux lèvres :

  • Alerte : détection d’intrus !
  • Je ne t’entends pas Shego, le détecteur d’intrus est trop fort.

  • Mousse, rince et obéis ! C’est pas un peu trop évident comme slogan ?

  • Je suis contre la publicité mensongère, je suis un méchant détraqué, par un charlatan.

  • Kim Possible n'est pas plus futée que toi ?

  • C'est exacte.
  • Si tu n'arrives pas à deviner, il n'y a aucune raison qu'elle devine, ce qui veut dire ?
  • ... Que vous allez enfin gagner ?
  • Ooooh, oh je suis assez confiant.

  • Phase numéro 1 : aspirer le lac dans le comprimo-réservoir, phase 2 : générer une violentissime tempêter sans précédent dans l’histoire
    des tempêtes, étape 3 : Conquérir le Canada… euh, qu’est-ce qu’il y a
    encore ?

  • Qu’est-ce qu’ils vont devenir les poissons ?
  • Les quoi ?
  • Les poissons, ils vont être aspirés avec l’eau du lac, comment ça va se passer pour eux ?
  • Ils vont euh… eh ben… ils vont quelque part, c’est pas important. Ce qui compte, c’est que ma détraqueuse de météo soit efficace et alors,
    à moi le Canada !
  • C’est important quand même les poissons.

Oubliez Yzma et Kronk, Jafar et Iago ou même Crochet et monsieur Mouche, la révolution de demain en termes de duo de méchant, ce sont eux. Leur présence dans les téléfilms concluant les saisons 2 et 3 en sont la preuve, et certains des épisodes s'intéressant à eux font parti des meilleurs.

D’ailleurs, il faut attendre ces 2 saisons pour que se créer une continuité entre épisodes, mais on doit toujours supporter du remplissage et des épisodes passagers moins prenant que d’autres. Parfois ça passe tout juste (sauf ceux avec Motor Ed... seul méchant foireux du lot), à d’autres c’est correct, quand ça se lâche et que ça va à fond dans l’autodérision ou les références (une fois les personnages bien caractérisés et bien définis), le festival commence : Godzilla, Star Trek, Friends, Tom et Jerry, le monstre du lagon, Vendredi 13, Mission Impossible, les émissions de Noël complètement gnan gnan, ou même les Boys Band y passent.

Pas mal d’épisode se moquent même des précédents en jouant sur le déroulement de celui-ci, ou même d’elle même. L’échec des plans de Drakken en est un bon exemple (même pas foutu de se débarrasser du paternel de Kim Possible le bougre ou de faire le rapprochement pour le nom de famille), les petites intrigues reprises comme le modulateur multidimensionnel, Wallace le gérant du site de Kim qui vit 24h/24 dans sa piaule sauf cas d’extrême urgence (ça choque pas grand monde visiblement), ou encore le téléfilm La clé du temps qui montrait déjà Kim Possible comme une fille à tout faire et à tout réussir dés son premier numéro de Pom Pom Girl (non parce que si quelqu’un est capable de refaire cette chorégraphie en vrai, je veux bien qu’on me la présente)... et qui nous permet même de la voir enfant avec Robin, mais aussi Drakken, Hugo Rille et Killigan (aucun ne sera jamais aussi mignon qu’à ce moment là).

Globalement, sans atteindre le niveau d’un Souvenirs de Gravity Falls, Kim Possible n’est finalement pas la série débile pour petite fille que tant semblent prétendre (pardon pour la redite mais attribuez ce titre à My Little Pony : les amis c’est magique). Malgré les soucis de rythme habituel d’un DA pour enfant moderne et son absence de tension, ça n’a pas d’autres buts que de divertir et faire rire en détournant les références populaires ou en développant ses héros dans les dérivés ou épisodes traités plus sérieusement. En tout cas rien que pour Drakken et Shego, il faut au moins voir les compilations et les épisodes ou ils apparaissent.

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