L’histoire est un tissu de mensonge sur lequel on est d’accord.

Avis sur La Révolution

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Je suis un peu embêté. D’un côté, Netflix qui produit une fiction française, fiction qui va en plus chercher dans l’uchronie de fantasy, ce qui est une bonne nouvelle en soit. Mais de l’autre côté, on se retrouve avec une fiction française ancrée dans l’imaginaire et qui croûle sous tous les défauts possibles. Les huit épisodes peuvent se résumer en une succession de cases de bingo cochées sur les clichés prévisibles. Tous, ils y passent absolument tous. En huit épisode, la saison n’en manque pas un.

Ajoutons cela des personnages sans charismes, d’autres qui reposent tellement sur leur archétype qu’ils en deviennent des stéréotypes creux, et une uchronie qui frise parfois avec le ridicule. Genre, genre, le héros a non seulement inventé le vaccin, mais il maîtrise aussi tous les dessous de l’immunité, a inventé la greffe d’organe, et affirme sans se démoraliser les fondements de la théorie de l’évolution… Et pourtant, on a un scientifique qui confond théorie et hypothèse.

Le rythme global est bancal, entre des épisodes qui s’éternisent et s’enlisent dans leurs clichés lourds et grossiers. Car en effet, la subtilité est complètement absente de cette première saison, quelque que soit le niveau de lecture. Dans une histoire qui tient plus du mythe du vampire teinté de vaudou que du réel morts vivants/zombie (ah oui, et le scientifique qui tient absolument que ce soit une maladie, alors qu’il a pu observer de ses propres yeux que ce n’est pas le cas).

Alors on peut y voir une allégorie à l’addiction/drogue dans la haute société, tout aussi subtile que le reste, mais bon, des personnages qui tournent en rond, font du surplace, dans une intrigue qui n’avance pas, ça n’aide pas. Alors certes, il y a des fulgurances ici et là, que ce soit par des retournements sortis de nulle part ou des séquences d’action où la violence gratuite explose sans prévenir.

Le casting ne vole pas haut, entre des acteurs complètement à l’ouest et incapables de déclamer un dialogue de façon correcte, d’autres en rue libre complet, et les derniers qui se reposent trop sur leur personnage pour sauver les meubles. Le seul aspect où la série se démarquera sera donc technique : la musique s’inscrit dans l’ambiance, en réorchestrant certains grands morceaux de la musique classique (au risque de l’anachronisme) ; la mise en scène est en générale de bonne facture, parfois rendue un peu brouillonne ou chaotique par le montage, mais ça sert plutôt bien (quand ça ne verse pas là-aussi dans le cliché) ; décors et costumes sont au rendez-vous.

Bref, une série qui aurait pu être prometteuse, qui pouvait se montrer intéressante et originale. Pourtant, le constat est là : elle n’est rien de tout ça. Cette série n’est jamais assez mauvaise pour ennuyer, pas assez bonne pour détourner notre attention de ses défauts, si bien qu’on a un cas d’école de la série nanardesque, si mauvaise qu’elle en devient drôle. À voir ce que la suite réserve, mais il faudra revoir les espoirs à la baisse.

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