The 100 ( saison 1,2,3)

Avis sur Les 100

Avatar Missbale974
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Clairement, les premiers épisodes m’ont fait penser à un mauvais film d’horreur. En effet, tout était réuni pour nous le faire croire: des personnages stéréotypés faisant tout ce qu’il ne fallait pas faire surtout en territoire inconnu. Leurs préoccupations n’étant pas vraiment de survivre en milieu hostile mais de laisser libre cours à leurs hormones en ébullition de jeunes adolescents. Bref, il ne fallait pas compter sur eux pour trouver à manger et à boire.
En outre, la série s’inspire largement de l’héritage laissé par Lost ne serait-ce que pour

le voile

si je ne devais citer que lui. Ou d’Hunger Games ou encore de Divergente. Sur le moment, ce copier-coller manifeste fatigue le spectateur; de par son manque d’originalité et cette impuissance – à la mode- à se renouveler. Mais, à l’approche des Natifs les 100 commencent à sortir de l’inertie plus par nécessité que par réelle volonté du moins au début. Anesthésiés qu’ils sont par cette Terre dont ils n’avaient foulé le sol auparavant.

Très vite aussi, des tensions naissent au sein du camps digne d’un Sa majesté des mouches.

Le besoin d’un chef se fait cruellement sentir; les responsabilités et la fin de l’insouciance, de l’innocence aussi. D’un côté, certains veulent retrouver leur libre-arbitre et s’affranchir ainsi du joug de l’Arche tandis que d’autres pensent à ceux qui y sont encore.

Le show commence alors à prendre un tournant pour le moins sombre mais intéressant d’autant que les sauvages mettent à mal la pérennité de leur mini société. C’est aussi l’occasion pour certains personnages de se révéler et de se distinguer: Bellamy, Finn et Murphy. Côté féminin, seule la princesse alias Clarke pour les intimes sort vraiment du lot tant par ses connaissances que pour son charisme certain. Viendra plus tard Octavia et Raven.

Dés lors, le camps se scinde en deux; et des choix plus que décisifs les attendent pour la survie des 100.

Néanmoins, c’est véritablement au cours de la saison 2 que la série gagne en maturité avec notamment l’horreur de la guerre et ses sacrifices. Tandis que certains y trouvent l’occasion de se racheter; d’autres habités par les fantômes s’y perdent totalement sans aucun retour possible.
Parallèlement à cela, l’arrivée sur Terre de l’Arche ne fait qu’empirer les choses. Dans sa prétendue sagesse et expérience, les adultes veulent reprendre le relais croyant naïvement pouvoir reprendre leur place comme de rien n’était. Et persuadés de réussir là où leurs enfants ont cruellement échoué. Mais, passés les premiers mirages, ils sont forcés de constater et ce bien malgré eux, que leurs petits protégés ont bien grandi. Qu’entre-temps, certains sont devenus de véritables machines à tuer; et que la paix ne tient qu’à un fil.

Dans un même temps, il est toujours opportun de nous rappeler combien le colon veut assouvir son autorité sur les peuples indigènes. Paradoxalement, la Terre est immense mais l’Homme veut toujours la parcelle qui appartient à un autre que lui. Alors qu’il suffirait que son peuple et lui aillent ailleurs pour justement éviter une guerre. Cependant, le désir de possession est toujours plus fort comme celui de dominer.

Dans la foulée, la saison 3. Celle qui fut à mon sens la moins maitrisée tant c’est parti dans tous les sens. Et surtout, parce que la dynamique du groupe était complétement éclatée.

Grave erreur de séparer aussi longtemps le noyau dur de la série: Bellamy, Clarke, Octavia, Jasper, Monty et Raven. Disséminé un peu partout; trop d’intrigues personnelles et secondaires aussi. Le résultat fut trop inégal et parfois même, inefficace dans les traitements des personnages et dans le propos général. Séparée Clarke du reste du groupe semblait une bonne idée au départ d’autant que son absence avait des répercussions sur l’Arche.

Mais, son personnage fut trop en retrait;

trop obnubilée par Lexa aussi. Si sa relation avec le commandant avait de l’idée, cela donne l’impression surtout d’arriver comme un cheveu sur la soupe. Il est vrai qu’en temps de guerre, tout est précipité; que dans ce contexte on est plus sujet qu’habituellement à s’amouracher. Mais, encore une fois, ça manquait de travail et d’approche d’autant plus que ça finit aussi vite que ça avait commencé.

Autre point noir, Alie. Beaucoup l’ont dit, son intrigue a trop pris le pas sur les autres délaissant ainsi bon nombre de personnages. Les faisant apparaitre ou/et disparaitre au gré des moments et des envies du créateur de la série. Cependant, je dois avouer que cette trame du récit et malgré ses facilités, avait aussi son intérêt. La quête de Jaha prend alors des allures mystiques et de folie également. Chacun veut trouver un compromis; une vérité, une porte de sortie face à l’éternelle menace de la guerre. J’ai trouvé particulièrement frappante la ressemblance entre les préceptes d’Alie et la religion chrétienne avec bon nombre de ses symboles d’ailleurs.

Comme toujours, il y a toujours cette volonté d’un monde meilleur; de montrer le chemin aux non convertis. Un chemin non dénué de sacrifices mais nécessaire dirait Jaha; aboutissant à une vie exempte de douleur, de mort. Mais, même dans les meilleurs intentions, il y a un certain aveuglement conduisant trop souvent à un certaine extrémisme plus dangereux que la guerre elle-même.
Laissera t-elle des séquelles sur un peuple qui déjà ne cesse de se reconstruire jour après jour sans grand succès?

Pour le savoir, il faudra attendre 2017 pour la saison 4. Une saison qui sera je pense sous le signe d’une nouvelle menace et de nouvelles rancœurs. Même si la saison 3 m’a laissé sur la faim et manquait cruellement d’un cliffhanger efficace, la série a su au fil des épisodes s’imposer, se bonifier et surtout à se débarrasser définitivement de l’étiquette teen movie qui lui collait à la peau. Reste à savoir maintenant si elle continuera sur cette lancée. Le rendez-vous est pris en tout cas pour 2017!

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