Il était une fois dans une galaxie lointaine

Avis sur Les Shadoks

Avatar Fatpooper
Critique publiée par le (modifiée le )

Je ne connaissais pas "Les Shadoks". Enfin si, de nom, de réputation. Mon père m'en a parlé un peu. Puis il est resté pendant longtemps des images. L'occasion s'est présentée de faire plus ample connaissance.

Peut-être déjà une remarque : on parle toujours des Shadoks. J'ai donc été surpris d'apprendre que le dessin animé met également en scène une autre race tout aussi importante : les Gibis.

Série 1 : 8/10
Série 2 : 7/10
Série 3 : 6/10
Série 4 : 6/10
Documentaire présent dans le coffret : 4/10 (attention, cette cote n'a pas été utilisée pour la note globale)

Série 1 : 8/10

Je suis conquis par cette première 'saison'. Déjà, les jeux de mots. je ne suis pas un grand fan de ce procédé humoristique, à mon sens, peu de gens parviennent à élever le niveau. D'ailleurs ces calembours sont à la mode sur SensCritique et ça me sort par le nez tellement tous ces titres sont mauvais. En poésie aussi je suis très difficile. Rares sont les poèmes qui parviennent à me transporter réellement. De ces artistes qui jonglent bien avec le nom j'ai toujours retenu Geluck et son chat. Maintenant, il y a "Les Shadoks" ; les monologues du narrateur sont d'une rare saveur. Puis le jeu de mot n'est pas forcé, on n'en retrouve pas à chaque phrase. Mais ce qui est sûr c'est que l'auteur les a bien choisis pour formuler ces phrases. Et puis surtout, il fallait un orateur expert pour rendre justice à ces textes. Piéplu est cet homme. Ses intonations sont parfaites, il amène réellement quelque chose et fait vibrer les mots.

L'histoire est un peu brouillonne. Le concept m'a fait penser aux comic strips américains ; apparemment, l'auteur a déclaré ouvertement s'en être inspiré. De cette courté de chaque épisode, il en résulte une impossibilité d'en raconter énormément. C'est court, c'est bref. Mais surtout, on dirait que ça a été pensé à la manière d'un cadavre exquis, en improvisant au jour le jour. Il y a heureusement des ramifications, toute idée lancée est tôt ou tard reprise, et donc pas inutile. Ça n'empêche pas les auteurs d'aller de fausse piste en fausse piste. C'est déroutant.

Cette simplicité dans la narration est renforcée par un graphisme épuré à l'extrême et une animation très très... bancale ? On est à des lieues de Pixar et même des bons vieux dessins animés de Disney à leur début. Mais cette façon de faire, underground si je puis dire, est idéale. Peu de moyen pour laisser places à beaucoup d'idées. Comme quoi l'art ne se trouve pas seulement aux portes de la complexité graphique. D'ailleurs qui a dit qu'un dessin de Reiser était simple à faire ? Il suffit de regarder le docu sur Sempe pour se rendre compte qu'une telle simplicité dans le dessin final demande des efforts monumentaux.

Bref, "Les Shadoks" est une série très drôle grâce à son ton absurde, et ingénieuse par son graphisme épuré. Il me tarde de dévorer les autres "séries/saisons".

Série 2 : 7/10

Je dois dire que je suis légèrement déçu de cette seconde saison, surtout qu'elle est vendue comme la meilleure de toute la série.

Le problème, c'est qu'il n'y a pas un objectif principal global, c'est-à-dire qui englobe la totalité des épisodes. C'était le cas dans la première où "Les Shadoks", En gros, devaient aller sur Terre avec ce que cela comporte de péripéties. Ici, ça change trop de direction, et certains épisodes ne sont que des petites digressions redondantes (le coup de l'explication scientifique ça va une ou deux fois, mais c'est vite devenu lourd).

Les jeux de mots sont moins pointus, moins intéressants et en plus les épisodes sont plus longs (si la durée totale est toujours la même, le générique est plus court... ça semble peu dit comme ça, mais c'est énorme vu le format, et ça provoque donc, en conséquence, quelques longueurs).

Si le dessin reste grosso modo minimaliste, on sent quand même qu'il y a un aspect technique un peu plus développé. C'est surtout notable lors que la machine des Shadoks prend vie à cause des pilules magiques.

Malgré ces points négatifs, ça reste un divertissement honorable. Il y a toujours de belles trouvailles, poétiques ou non, sémiologiques ou non, absurdes ou non. Et le narrateur reste LA voix parfaite pour narrer ces histoires.

Bref, cette seconde saison des Shadoks est de moins bonne qualité que la première, mais ça reste une série qui se laisse regarder très agréablement et que je vous invite à dévorer, amis lecteurs.

Série 3 : 6/10

"Les Shadoks" est une série animée particulière à cause de son format court par épisode. À l'instar d'un strip de BD, on n'avancera que petit à petit dans l'intrigue. Les séries 1 et 2 se suivent et comportent un fil conducteur. C'est ce qui les rend sympathique. La série 3 se montre très peu liée aux deux précédentes séries. Un lien est tissé dans les premiers épisodes, mais très vite on se rend compte qu'il s'agit d'une toute autre histoire et que les auteurs ne se priveront pas de réinventer leurs personnages. Si bien que les Gibis sont quasi absents. Et c'est bien dommage.

En soi réinventer son propre univers n'est pas un mal. C'est une sorte de reboot. Ce qui m'a embêté c'est la structure narrative, ou plutôt le manque de structure narrative : il n'y a pas de fil conducteur pour aider le spectateur à suivre les nouvelles aventures des Shadoks. Si bien qu'il ne se passe rien. Il y a bien une continuité d'un épisode à l'autre, mais ça ne mène nulle part, ou plutôt ça va dans tous les sens. On parle des Shadoks point barre.

Ça reste amusant heureusement. Car les dialogues et jeux de mots sont le plus souvent très drôles, parce que l'univers est riche et que les images surréalistes sont parlantes. On perçoit même une plus grande volonté de parodier notre monde à nous au travers de ces créatures bêtes et méchantes. Ou plutôt bêtes tout court car sans Gibis dans les parages, difficile de vraiment mettre en avant cette autre particularité des Shadoks !

Graphiquement c'est la série la plus aboutie pour l'instant : les décors sont très riches en matière, le trait est plus fluide, l'animation plus précise. On sent une nette évolution. Qui se répercute même au niveau musicale : les fonds sonores sont eux aussi beaucoup plus riches, les bruitages également.

Bref, la série 3 des Shadoks reste un divertissement agréable et intelligent, mais souffre malheureusement d'un absence de structure narrative, d'une absence de fil conducteur, si bien qu'il en résulte une impression de vacuité dans le propos.

Série 4 : 6/10

Je ne m'attendais pas à apprécier autant cette quatrième série. Quand on sait qu'il s'agit d'une suite si longtemps après, et avec des techniques graphiques totalement différentes...

Et pourtant ça marche globalement. J'ai même un peu préféré cette dernière saison à la précédente. Le fait est, après des premiers épisodes un peu maladroits, les scénaristes trouvent un ton, en de-ça de ce que fut la série, mais assumé. Et quelques bonnes idées surgissent.

Malgré tout il y a un problème de structure : pas d'objectif à long terme, l'histoire part dans tous les sens sans que rien n'ait de sens ! Les Gibis ne font d'ailleurs qu'une courte apparition. A nouveau on réinvente l'univers, quoique les auteurs tentent maladroitement de créer des liens avec les saisons précédentes. Les liens sont parfois un peu trop forcés et ennuient.

Graphiquement, c'est froid et on perd tous les effets de matière du papier. Mais l'équipe parvient à maintenir cette forme d'épuration grâce à une technique très enfantine et des couleurs dignes d'un bamvin utilisant 'paint'. Au moins les Shadoks ont un trait plus linéaire que dans la série 3.

Bref, la série 4 est sympathique, mais ça part trop dans tous les sens ; il manque une vraie histoire, c'est dommage ! Mais s'ils reviennent encore, je serai spectateur !

Documentaire présent dans le coffret : 4/10

Les Shadoks sont formidables. Les Shadoks sont politiques. Les Shadoks sont une vraie critique de la société. Les Shadoks bénéficient d'un graphisme audacieux.

En gros c'est ce que l'on retiendra de ce documentaire sur une série qui a marqué son époque. D'une certaine façon, cela nous montre le phénomène que cela fut en son époque mais aussi quelques années plus tard lorsque la 4ème série a été produite. L'on montre aussi quelques acteurs/réalisateurs qui ont été influencés par cette série.

Malheureusement, les interviews sont courtes, coupées par des images, par d'autres interviews, ce qui fait qu'on n'entre jamais vraiment dans le sujet. En gros, ce documentaire ressemble à un zapping sur une même thématique. Et ce qui agace c'est que beaucoup d'intervenants ne font que répéter ce qu'un autre a déjà dit, de quoi se demander pourquoi avoir gardé les deux dans le montage (à part pour souligner le fait que les Shadoks est un dessin animé génial). C'est d'autant plus dommage quand on sait qu'à l'époque de la première diffusion, les avis étaient plus que partagés. Mais ce point de vue n'est jamais vraiment abordé, il est juste tourné en boutade par les défenseurs.

Bref, un docu pas très intéressant qui fait de ce 5ème disque un disque un peu inutile...

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