Train fantôme familial

Avis sur Locke & Key

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Après trois tentatives d'adaptation avortées à la télévision (la Fox, qui a quand même produit un pilote, puis Hulu) et au cinéma (Universal envisageait une trilogie de films), Locke & Key déboule aujourd'hui sur Netflix.

Pour comprendre la hype que suscite le projet, évoquons un instant le comic book d'origine, si vous le voulez bien... Sortie entre 2008 et 2014 chez IDW Publishing (30 jours de nuit), Locke & Key est la première BD originale scénarisée par Joe Hill, qui n'est autre que le fiston de Stephen King. Brillamment mise en images par le dessinateur chilien Gabriel Rodriguez, ce chef-d'œuvre mêle avec brio horreur crue et merveilleux à la Neil Gaiman, le tout soutenu par d'inoubliables personnages.

Voici le pitch : après le meurtre sordide de leur père, les ados Tyler et Kinsey Locke déménagent avec leur petit frère Bode et leur mère alcoolique dans le manoir familial, dans la charmante bourgade de Lovecraft (renommée Matheson dans la série, un autre maître du fantastique). Peu à peu, Bode met la main sur une série de clés aux pouvoirs surnaturels. Évidemment, un démon veut aussi s'en emparer...

Force est de constater que la série parvient à accrocher le spectateur en s'appuyant sur Tyler et Kinsey, plutôt bien croqués et attachants. Hantés par la mort de leur père, le frère et la sœur tentent de se reconstruire et, en parallèle, de survivre aux affres de l'adolescence. Je suis moins convaincu par leur mère Nina, beaucoup plus active que la BD mais un poil agaçante. Se focaliser sur ses enfants aurait peut-être été préférable.

La où le bât blesse vraiment, c'est sur la partie horrifique, largement édulcorée, alors qu'elle faisait tout le sel du comic book. Supprimer le gore, passe encore, mais il est regrettable d'avoir minoré la cruauté sans limite de Dodge. L'antagoniste principale, devenue maladroite et aussi grandiloquente qu'un méchant de Disney, peine à susciter le moindre frisson...

Si les aventures lycéennes de Ty et Kins se suivent avec plaisir, quelques incohérences font grincer des dents, de même que le remplacement de la fascinante clé de genre par une clé d'identité moins "clivante". L'ensemble se suit sans problème, avec un ton finalement assez proche de Stranger Things, mais on aurait aimé quelque chose de plus impertinent. J'espère que la saison 2 prendra davantage de risques.

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