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Erotisme courtois ne nuit pas

Avis sur Lupin III : Une femme nommée Fujiko Mine

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Première série animée Lupin depuis les années 1980, disponible en France chez Black Box Editions depuis cette année, l'animé Lupin III – Une femme nommée Fujiko Mine fait partie des séries à voir, que l'on soit ou non familier du petit-fils d'Arsène Lupin. 13 épisodes constituent cette préquelle à la saga, pour nous montrer comment tout a commencé entre Lupin et Fujiko Mine (Jigen, Goemon et Zenigata étant eux aussi de la partie).

Etant donné la longévité de la série (le manga commence à la fin des années 1960, le premier animé au début des années 1970), il n’y a pas que la couleur de la veste de Lupin qui change au fil du temps mais son apparence (Lupin porte une veste verte, comme dans le tout premier animé).

Le changement c'est maintenant

Il s'agit d'ailleurs du premier élément qui interpelle : le design des personnages. Tous ont un aspect qui les identifie bien en tant que Lupin, Fujiko… tout en ayant un côté plus adulte, plus inquiétant, que ce que l’on peut trouver ailleurs. Le responsable se nomme Takeshi Koike (Kill Bill, Dead Leaves, Redline), qui a sévi au design des personnages. A ses côtés on trouve la réalisatrice Sayo Yamamoto (Samurai Champloo, Ergo Proxy), première femme à occuper un tel poste pour les animés Lupin ou encore Mari Okada (Mayoiga, Kiznaiver) pour la composition scénaristique.

Le second élément qui marque est la coloration de la série. Outre le côté sombre, la série interpelle par une orientation plutôt adulte avec des scènes sensuelles, érotiques, qui commencent dès l’opening. On en reparle un peu plus bas.

Voyage au cœur de Fujiko

Du côté des épisodes, les cinq scénaristes n’étant pas contraints par une version papier préalable, ils ont eu une certaine latitude. A première vue, les 13 épisodes pourraient sembler sans lien les uns avec les autres. Ils sont pourtant liés, non seulement par la présence de Fujiko (alors que Lupin, Jigen et Goemon ne sont pas systématiquement de la partie) et par le rapport que chaque personnage entretient vis-à-vis d'elle (méfiance, rejet, alliance, amour...), mais aussi par différentes pièces du puzzle qui vont peu à peu s'assembler. A cet égard, revoir les épisodes après un premier visionnage complet permet de mieux saisir tel ou tel élément qui, à première vue, semblait superflu.

Pourtant, on n'a pas l'impression de perdre son temps. D’abord à cause du design de la série et des déluges visuels qui nous assaille (même si on note quelques irrégularités dans le rendu des personnages). On voyage (Egypte, Amérique Centrale...). Le jeu des couleurs et sur les ombres se révèle fascinant. La bande-son n'est pas en reste, en plus d'être joliment couplée à ce qui se passe dans une série qui réserve une part à l’opéra, à la littérature (Goethe). On peut aussi sourire devant certains faits (Goemon trancheur d'arbres) et détournements proposés : le parc Disneyland Paris, le libérateur de Caribé… J'insiste une seconde sur les musiques avec ma préférée, celle de l'ending : « Duty Friend » de Nikiie.

On volerait pour elle…

Trois grands thèmes se détachent à la vue des épisodes. Le premier renvoie aux femmes. Si Fujiko est en tête, les épisodes permettent d’apprécier d’autres présences féminines, chacune pouvant renvoyer à ce que Fujiko pourrait être – élément renforcé par la proximité physique entre Fujiko et les autres femmes (la fin de l’animé poussera d’ailleurs cela assez loin) et le fait qu’elles puissent les remplacer (cf. à l’opéra), que leur présence la renvoie à elle-même…

Le second thème est le sexe. Il n’y a pas de scènes explicites (on pourra au contraire s’amuser de la représentation proposée lorsque Fujiko et XXX passent du bon temps) mais il y a du nu, des mains baladeuses… On pourrait donc parler d’un érotisme courtois. Surtout, le sexe n’est pas là uniquement pour être contemplé, il est aussi arme, sert différentes fins : manipuler, frustrer, aimer, s’attirer quelques bonnes grâces… Fujiko l’a parfaitement compris et elle utilise son corps pour arriver à ses fins, dans la plus grande indépendance. (Je vous évite le rapprochement entre Fujiko Mine et le Mont Fuji : merci qui ?)

A cet égard, un parallèle a été proposé, entre le personnage de Fujiko et Valentina, l'héroïne de Guido Crepax notamment parce que, outre l'érotisme, le corps des deux personnages serait un art en mouvement, au magnétisme certain.

Dernier thème, le passé qui est, à mon sens, le second élément qui structure l’intrigue (le premier étant l’attitude des personnages envers Fujiko). Le passé qui importe est d’abord celui de Fujiko, qu’elle semble fuir de toutes ses forces mais au-delà, d’autres personnages sont marqués par le passé, entre Goemon et sa voie du sabre qui passe pour anachronique ou encore, et surtout, le personnage de Jigen qui, par certains aspects, m’évoque un peu le Spike de CowBoy Bebop. Le tireur est un des personnages les plus torturés de l'animé, bien différent de notre Lupin.

Conclusion

Loin d’être un nième animé autour de Lupin, la série Lupin III – Une femme nommée Fujiko Mine offre une belle introduction à cet univers tout en délaissant le gentleman cambrioleur pour mettre en avant Fujiko. On ne perd pas au change et cette version « adulte », portée par une très belle bande-son nous offre une animation parfois osée mais de très grande qualité. Un régal pour les yeux et les oreilles.

Version un peu plus longue et illustrée de la critique disponible par ici.

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