Din-Don Draper (de la farce)

Avis sur Mad Men

Avatar Emphiris
Critique publiée par le

- Toi, tu t'es encore foulée pour le titre.

Telle que vous me lisez, je viens de conclure la série Mad Men. 4 saisons goulûment avalées en moins d'un mois.

- Psst... on peut pas dire que tu sois en avance, toi. 2007, vieille branche.
- Chuuut, j'essaie de les convaincre, là.

Pourquoi regarder Mad Men ? Suivez le guide.

• le principe (presque) original
Donald Draper, séduisant trentenaire dont la fougue pourrait être comparée à un chef du gouvernement Italien, est le directeur artistique d'une agence de publicité de Madison Avenue. La série suit son évolution, remonte son passé, et y ajoute pléthore de seconds rôles et de bouteilles d'alcool pour pimenter le tout.

• c'est lent et inutile
- Toi, tu sais vendre un produit.
Enfin une série sans course aux gags sur fond de rires enregistrés ou à l'enchaînement d'événements rocambolesques, sans suspense haletant ni diplôme de médecine dans un épisode surprise. Chez Sterling & Cooper, on prend son temps pour poser l'intrigue. Et ça marche. Certains rebondissements sont soudains sans être vains, le fil conducteur de la personnalité de Don Draper (dont les initiales me font penser à une pub stupide pour le loto, dont je ne sais guère ce qu'il en penserait d'ailleurs) tient relativement bien la route. On en grignote par petits bouts, et on dé-guste.
Ce sentiment est encouragé par la façon assez particulière de filmer. A coups de quelques longs plans qui se traînent ou de courts plans muets intercalés, le spectateur est gentiment amené à se concentrer sur une émotion, un regard, une ambiance. Le jeu et la finesse des acteurs sont parfois vraiment bien mis en valeur, ce qui nous porte sur mon second point.

• La morale de cette histoire, c'est qu'il n'y en a pas

- Wow, ça c'est du slogan (de toilette).
Point de manichéisme brut de décoffrage. Ici la demie-teinte prévaut, au delà de l'image de la bande d'alcooliques fumeurs racistes et sexistes sans foi ni loi. Les notions de bien, de mal, de déontologie sont constamment abordées sans apporter de réponse vraiment tranchée. La seule valeur qu'ils connaissent est celle de l'argent mais un petit coeur bat sous leurs costumes sur mesure.

Même chez ce roquet insupportable de Campbell, ouais.

• 60's are sexy
En plus de mettre en valeur une appréciable esthétique rétro (costumes, décors, coiffures, tous les détails sont minutieux), il est assez intéressant de voir les personnages se dépatouiller dans l'agitation de cette période, et ce sans illusion rétrospective de nécessité (D. Schnapper). En reprenant l'Histoire après coup, on a souvent tendance à trouver évident l'enchaînement des événements, comme s'il s'agissait d'un puzzle pré-fabriqué. De ce fait, on occulte l'imprévisiblité ressentie par les contemporains de ces événements. Avec la série, on les voit abasourdis par l'élection inattendue de JFK, pétant de trouille durant la crise de Cuba, subissant les débuts du maccarthysme. Ces réactions à chaud, sur fond de balbutiements des droits des noirs et de l'affranchissement féminin (cf le personnage de Peggy), donnent un certain cachet historique à l'ensemble.

• CHRISTINA HENDRICKS !

La sublime rouquine vaut à elle seule toutes les louanges de la série. Attraction pour ces messieurs, réconciliation instantanée avec leurs formes plantureuses pour ces demoiselles, Joanie est décidément multi-tâches.

Un décorticage exhaustif de la série pourrait faire l'objet de nombreuses pages supplémentaires, il y a vraiment matière à creuser dedans. J'espère vous avoir donné envie de la regarder tout en essayant de vous ménager quelques bonnes surprises sous le coude.

XOXO, Gossi.. Ooups.

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