Une première saison magistrale

Avis sur March Comes in Like a Lion

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Les 22 premiers épisodes de March comes in like a lion m'ont bluffé. Le réalisateur Shinbo Akiyuki et le studio Shaft livrent une prestation de haut vol. La dernière fois qu'un animé traitant de thématiques proches m'avait autant plu ce devait être Your Lie in April.

Ce ne fut pas un coup de foudre immédiat. Il faut le temps de s'habituer au design, comprenez les bouches des personnages. Comptez un épisode. Ensuite on se laisse emporter dans un flot lumineux, aux mélodies douces (ce morceau me transporte), avec des variations graphiques qui sonnent toujours justes (j'adore ce que l'on voit dans l'opening 2) où viennent se glisser ici et là des références à d'autres séries, à la peinture... Ajoutez tout un tas de petites onomatopées et commentaires qui font sourire et accompagnent les variations de tons des personnages et visuellement comme auditivement vous avez de quoi vous faire plaisir. Et je ne parle pas des endcards de fin d'épisode...

Mais il y a plus. Il y a le vent, les liquides, les oppositions de couleurs qui ne sont jamais loin pour emporter, engloutir des personnages et les différencier. Il y a l'appartement de Rei Kiriyama, plein de vide, que l'on habite avec lui. Il y a ces moments de rupture où tout allait bien et puis un souvenir apparaît, qui vous dévore, vous rend triste. Sans être larmoyant, March comes in like a lion sait jouer sur la corde de notre sensibilité parce que nous avons sous les yeux des personnages qui, à des degrés divers sont des accidentés de la vie, physiquement, psychologiquement... Cela n'empêche pas les moments d'humour (avec les chats par exemple) ni les moments de convivialité, d'affection. La série construit de vrais moments de vie, des instants qui sont comme des feux d'artifice qui explosent dans la nuit noire et qui nous illuminent. L'animé insiste sur les liens qui se créent entre les personnages, sur l'ouverture progressive de Rei Kiriyama, à l'extériorisation de ses sentiments parce que la solitude fait mal, parce que jusque-là il n'a pu compter que sur le shôgi pour s'en sortir et essayer de remplir le trou qu'il avait dans le coeur.

S'ils n'ont pas tous le même temps de présence à l'écran chacun possède une identité propre qui participe à la dynamique de la série. De la "grande soeur" de Rei (Kyouko) à Shimada en passant par les trois soeurs Kawamoto chez qui Rei se rend de temps en temps et Nikaidô son ami/rival... l'animé construit un univers riche, nullement artificiel. On pourrait aussi ajouter que March comes in like a lion sait aussi orienter la lumière des projecteurs : Rei est parfois mis un peu en retrait au profit d'autres personnages (je pense notamment à Shimada sur la fin), ce qui permet de le mettre dans une position d'écoute, d'apprentissage. Parce que si Rei est doué au shôgi il n'est pas imbattable et n'est pas encore au niveau du maître en la matière.

Finalement, voilà un animé qui parle avec tout des femmes et des hommes (et des chats) avant de s'intéresser au shôgi. Ce jeu est ainsi un formidable prétexte pour nous offrir des tranches de vie que l'on aime consommer... sans modération. Avec une finesse et une justesse qui font jeu égal avec ce que l'on trouve dans le manga de Chica Umino, voilà un animé de tout premier plan, le meilleur de sa catégorie (à mes yeux)... dont la saison 2 est prévue pour octobre 2017 !

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