"You're one bad day away from being me"

Avis sur Marvel's Daredevil

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Critique de la saison 2.
La première saison de Daredevil avait marqué un tournant dans l'histoire des adaptations télévisés d'aventures super-héroiques. Sombre, violente et incroyablement travaillée aussi bien en terme de réalisation que de scénario, elle perdait cependant en qualité dans les derniers épisodes, la faute à quelques longueurs et à un final manquant d'intensité.
Cette saison 2 rattrape t-elle les défauts de sa prédécesseur ? La réponse est clairement oui.

Revenons tout d'abord sur le casting.

L'ensemble du cast de la saison un rempile donc, et force est de constater qu'il est toujours composé d'acteurs talentueux, Charlie Cox en tête. Ce dernier nous offre cette fois encore une prestation très solide, en partie grâce à sa gestuelle, qui rend très crédible la cécité de son personnage. On ressentira également toute la passion du héros pour la justice, qu'il soit en civil ou en costume. Un premier rôle très convaincant. Concernant le Love-interrest, Deborah Ann Woll campe une Karen Page dans la parfaite lignée de celle de la saison précédente : une femme forte, loin du cliché de la potiche en détresse inhérent au genre, qui n'a pas froid au yeux et prête à tout pour découvrir la vérité. Elle remplira par ailleurs parfaitement le rôle d'héritière de Ben Urich. Elden Henson, quant à lui, campe toujours un Foggy fort sympathique, qui bénéficiera cette fois-ci de quelques moments de bravoure. Un trio de tête impeccable !
Les nouveaux venus ne sont pas à plaindre. Elodie Yung est très à l'aise dans le rôle d'Elektra. Elle arrive à rendre son personnage très attachant, tout en restant très fidèle de son homologue sur le papier. Sa relation avec Matt est d'ailleurs très bien traitée.
Mais la grande révélation de cette deuxième saison est bel et bien Jon Bernthal. C'est simple, il est tout bonnement excellent dans le rôle du Punisher. En effet, l'acteur a parfaitement intégré ce qu'est l'essence même du personnage dans les comics. Il campe donc un personnage d'une brutalité incroyable, un tueur implacable, véritable force de la nature qui ne pourra s'arrêter qu'une fois sa vengeance accompli. On ressent réellement la rage de l'ancien militaire, tant l'acteur semble à tout moment sur le point d'exploser. Mais la véritable réussite de sa prestation n'est pas là : ce qui fonctionne le mieux, c'est l'humanité qu'il apporte au personnage. A plusieurs occasions dans la série, Frank Castle sera amené à se confier, et c'est dans ces moments que Jon Bernthal crèvera littéralement l'écran. Que ce soit dans un monologue poignant en début de saison, ou à travers un tic du personnage (la comptine que fredonne Frank avant d'abattre ses ennemis, idée brillante), il sera tout bonnement impossible de ne pas ressentir d'empathie à son égard. Au point qu'on sera régulièrement amené à adopter son point de vue sur la justice plutôt que celui du personnage principal, c'est dire.
Je ne m'attarderai pas sur le reste du casting, pour ne pas en dévoiler trop.

Cette deuxième saison bénéficie également d'un scénario plus étoffé.

Comme évoqué précédemment, la saison un souffrait malheureusement de quelques longueurs, dut à une intrigue unique qui avait tendance à s'étirer sur la fin. On ne retrouvera pas ce défaut ici. En effet, la saison est découpé en plusieurs arcs narratifs, ayants de fortes connexions entre eux, qui permettent de ne jamais faire perdre d’intérêt au spectateur. Ces différentes histoires sont toutes très intéressante à suivre, celle du Punisher en tête, qui aurait pu bénéficier d'une série à son nom. Les thèmes abordés sont variés, et l'on passe aisément de la vengeance ultra violente et réaliste de Frank à la croisade de tête à corne contre une organisation du surnaturel. L'incrustation d’éléments fantastiques dans la série et d'ailleurs très bien amenée, l'interprétation étant différente en fonction du spectateur. Ce dernier sera d'ailleurs souvent amenés à se questionner sur la conception de la justice divergente des deux principaux protagoniste, apportant une refléxion assez bien vue sur le système judiciaire habituelle (au détour d'un dialogue incroyable entre les deux héros, adaptation fidèle d'une scène culte tirée des comics du Punisher). Les histoires d'amours quant à elles, sont assez en retrait pour ne pas gêner la progression de l'intrigue.
Les événements et enjeux se renouvellent donc sans cesse, le tout apportant une densité rare à la série.

De plus, le déroulement de la série réussie à parfaitement restituer le matériau d'origine. L'ambiance est clairement Millerienne, n'en témoignent les combats contre des hordes de Ninja ou le mysticisme si cher à l'auteur américain. Les références aux comics sont très nombreuses ( la recréation de la couverture de No More, Mister Nice Guy , absolument brillante) , et l'on retrouvera parfaitement ce que l'on aimait lire.

Arrivera alors un final très réussi, véritable relecture d'un des grands épisodes de l'ère Miller, qui a l'intelligence de ne pas tomber dans la surenchère. Oui, le Punisher n'y fera qu'une apparition de courte durée, mais ne sommes nous pas dans une série ayant pour héros le démon de Hells Kitchen ? Le plan final se pose comme un véritable hommage, et indique clairement la direction prise. Les pistes quand à une très probable saison 3 sont d'ailleurs très nombreuses, et annoncent clairement le meilleur (Born Again !).

A l'instar de la saison un, la réalisation est très réussie. La chorégraphie des combats est toujours très soignée, et on sent que la série a des ambitions véritablement cinématographie (le plan séquence de l'épisode 3, évidemment). La photographie apporte encore une fois une ambiance poisseuse qui rend Hells Kitchen très crédible. Et cette fois-ci, le costume est de toute beauté.

Cette deuxième saison surpasse donc une saison un déjà excellente. La générosité évidente de la série et le respect totale du matériau d'origine nous offre une des meilleurs adaptions de comic-book mainstream réalisés jusqu'à présent. Si ce n'est la meilleure ?

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