"Who would have thought a black man in a hoodie would be a hero ?"

Avis sur Marvel's Luke Cage

Avatar Clément Capot
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https://leschlamedias.wordpress.com/2016/10/11/marvels-luke-cage-saison-1-who-would-have-thought-a-black-man-in-a-hoodie-would-be-a-hero/

Après Daredevil et Jessica Jones, la collaboration Netflix/Marvel nous présente le troisième de ses quatre héros supposés former le groupe des Defenders : Luke Cage. L'occasion, pour la troisième fois, de placer en haut de l'affiche une minorité, mais surtout de se plonger dans l'univers afro-étasunien d'Harlem, bien trop souvent occulté.

Suite à son séjour en prison duquel il est sorti quelque peu "upgradé", Luke (Mike Colter) est bien décidé à vivre dans l'anonymat, la discrétion, mais surtout la tranquillité pour se forger une nouvelle vie. Cornell Stokes, alias Cottonmouth (Mahershala Ali - House of Cards, Hunger Games), baron de la drogue et de l'armement, et sa cousine, Mariah Dillard (Alfe Woodard - Desperate Housewives), conseillère municipale d'Harlem, avec leurs manigances et la terreur qu'ils répandent vont forcer Cage à sortir de l'ombre pour défendre son quartier. Mais il sera difficile pour lui d'obtenir la confiance des habitants, des médias et de la police.

Bien que Marvel avait déjà présenté Le Faucon, War Machine et Black Panther dans ses films, ils n'avaient qu'un rôle de second plan. Pour la première fois sur un écran, est présenté un héros noir, entouré de personnages noirs, mis en scène dans un univers imprégné de culture noire. Pour une fois, les personnages blancs constituent une maigre minorité, et ça fait du bien. Comme le faisait remarquer Buzzfeed, la symbolique est d'autant plus forte puisque Luke Cage est résistant aux balles et revêt un sweat à capuche, vêtement qui, à lui seul, aux États-Unis, peut justifier qu'une personne racisée se fasse tirer dessus par la police dans la rue. Sa résistance aux balles est aussi le seul moyen pour qu'il ne meure pas en premier comme dans la plupart des films. Luke Cage est donc bien un héros unique en son genre, un emblème de la lutte anti-raciste, il fait état de la quasi-absence de représentation noire chez les héros, de la stigmatisation des populations afro-étasuniennes malgré la prétendue fin de la ségrégation.

"Bulletproof always gonna come second to being black" (La résistance aux balles viendra toujours après le fait d'être noir). Comme on ne cesse de vous le répéter, Luke Cage est noir. En plus de reprendre tous les stigmates du racisme, sa condition implique également qu'il subisse des problématiques différentes des autres super-héros, notamment de ses deux autres compères, Daredevil et Jessica Jones. En effet, il n'est pas confronté qu'aux magnats du crime et aux traditionnels méchants, il se retrouve également en opposition avec la police, qui, au delà de ne pas lui fournir son approbation, se retrouve pourchassé par cette dernière, comme un criminel, là où un héros blanc pourrait sévir sans réellement s'inquiéter des forces de l'ordre. Luke Cage est noir, Luke Cage est donc un criminel.

En plus de s'atteler à une représentation raciale positive, la série nous présente aussi un éventail de femmes fortes. Mariah Dillard, l'une des antagonistes, est à la fois détestable, dans tout son machiavélisme, mais à la fois incroyable dans sa force, sa volonté de fer et sa capacité à s'imposer dans des mondes essentiellement masculins que sont ceux de la politique et du crime. Misty Knight (Simone Missick), inspectrice de police, partagée entre sa confiance entre Luke Cage et les ordres de ses supérieurs, qu'on ne préférerait pas enquiquiner de peur de représailles de grande envergure. Claire Temple (Rosario Dawson), que l'on ne présente plus en raison de son omniprésence dans l'univers, qui prend encore plus d'importance dans cette nouvelle saison et gagne en initiatives courageuses et en distribution de mandales. Et enfin Priscilla Ridley (Karen Pittman), inspectrice en cheffe, qui nous glace avec son flegme et son impassibilité permanente. En somme, des rôles qui dénotent de l'habituelle godiche. On peut aussi noter que l'invinscibilité de Luke Cage aurait pu conduire à des fascilités scénaristiques impliquant une femme à sauver, vu qu'on ne peut l'atteindre, ce qui n'est quasiment pas le cas : les femmes peuvent se défendre sans l'aide d'un homme.

Bien que la représentation des personnes racisées et des femmes soit au beau fixe, le scénario est cependant légèrement moins développé que les séries précédentes, et l'introduction du "frère vengeur" manque légèrement d'originalité. On trouve parsemé ça et là de beaux plans et de belles transitions, on regrette cependant l'absence d'un plan séquence ou de techniques plus audacieuses comme on avait pu en apercevoir dans la saison 2 de Daredevil. La bande son est merveilleusement bien choisie, Faith Evan, Nina Simone, John Lee Hooker, Charles Bradley, des morceaux de choix qu'on comprend tenir une place importante dans la série lorsqu'on remarque que chaque épisode porte le nom d'un titre du groupe Gang Starr. On déplore cependant l'absence de Beyoncé au casting de la B.O, mais bon...

Ce troisième opus de Marvel chez Netflix reste une réussite totale et nous montre qu'ils sont résolument décidés à briser tous les codes traditionnels des super-héros/héroïnes. En présentant des personnages représentant chacun une minorité (handicapée, sexuelle, raciale), on pourrait imaginer qu'Iron Fist soit homosexuel, ce qui constituerait une véritable première dans le genre. On trépigne d'impatience à l'idée de le voir débarquer sur nos écrans le 17 mars prochain.

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