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Saison 5:

Est-ce que "Le mentaliste" est une grande série? Hmm, non, je ne crois pas. Il y a quelques éléments qui laissent à désirer sur le fond comme sur la forme d'ailleurs. Tout n'est pas parfait.
Est-ce une bonne série? Quand au début de la saison 5 on a encore hâte de prendre de ce petit plaisir coupable qui vous chatouille les zygomatiques et l'estomac, alors on peut et on doit décemment répondre par l'affirmative, avec un oui massif!

Au début je craignais pas mal une sorte d'essoufflement, avec un personnage central qui se répète. Dans un certain sens c'est un peu ce qu'il se passe lors de cette 5e saison. Patrick Jane (Simon Baker) continue à promener son obsession "Red John", son deuil n'en finit pas et peut-être qu'une véritable lassitude va finir par me gagner sur ce point. A la fin de cette saison, j'en arrive à espérer que la 6e soit la dernière. Surtout, l'exaspération s'insinue quand on se demande comment pourrait évoluer ce personnage s'il en finissait avec Red John ou avec Teresa Lisbon (Robin Tunney), on se rend compte d'une des limites de la série : il est pratiquement impossible d'en terminer sur ces deux points sans mettre un terme définitif à la série. C'est toujours le problème des séries qui reposent sur des enjeux supra-saisonniers. Il faut faire preuve de beaucoup de doigté, d'intelligence et d'un grand talent d'écriture pour réussir à donner aux personnages une réelle densité et à leur faire subir des transformations au cours des ans, à les rendre plus matures, plus fous, plus malheureux ou heureux, bref à leur tracer une existence complexe, variante comme dans la vraie vie, tout en maintenant des pans entiers de leur personnalité qui les caractérisent et les rendent sympathiques voire charmants aux yeux du public. Ce n'est pas chose aisée.

Cette saison 5 nous apporte-t-elle quelque chose à la connaissance de Patrick Jane? Pas vraiment et ce n'est pas l'épisode "prequel" qui modifiera quoique ce soit. Jane n'a toujours pas annoncé. D'ailleurs, voilà un élément susceptible d'être irritant. Cette chasse au Red John était angoissante à souhait, le monstre avait l'air tellement démoniaque et malin, mais cette fois, cela commence à paraitre excessif. Il n'apparait plus vraiment réel. Un personnage n'évoque-t-il pas des pouvoirs surnaturels pour expliquer qu'il ait toujours de l'avance sur Jane? Toujours au-dessus de la mêlée, il devient un être surnaturel, un intouchable et la série prend alors la tournure soit d'une histoire fantastique plus que policière, soit d'un disque rayé, dont on n'aura en tous les cas jamais le mot de fin. Cinq saisons, c'est long. Petit à petit s'est dessinée une confrontation sans fin, de l'ordre de celle que nous a déjà pondu Conan Doyle entre Holmes et Moriarty.

"Le mentaliste" est une série qui lorgne ouvertement vers cette fondation holmesienne depuis le départ avec Patrick Jane, ce héros semblant deviner (au sens étymologique du terme) la vérité cachée par les apparences alors qu'il la déduit justement de ce que le commun des mortels ne parvient pas à observer au-delà des apparences. On est donc bel et bien dans le schéma classique du personnage dont les compétences déductives le placent hors du commun. Comme Sherlock Holmes, Jane reste un personnage isolé, asocial, entouré d'une engeance qui peine à le comprendre. Et là réside tout le sel, toute la particularité charmante de la série : Patrick Jane n'est pas un cynique sociophobe comme Holmes. Il est tout le contraire, il est un enfant au sourire désarmant, facilement touché par ceux qui l'acceptent. Nombre d'épisodes le montrent en proie à des émotions compatissantes. Quelques fois il laisse percevoir des réflexes totalement puérils. Ses moues enfantines, sa propension à défier l'autorité ou la morgue de ses adversaires sont à ce titre très significatives.

D'autre part, l'aspect ludique des enquêtes est très souvent ce qui motive Jane, au delà de Red John sa préoccupation principale. Source de moments coquasses, voire foncièrement drôles, l'humour servi assez fréquemment est très attirant. Les relations entre James et ses camarades de jeu ou avec les suspects donnent lieu à de réjouissantes séquences. Ici il faut impérativement souligner que Simon Baker y est pour beaucoup. Son visage de gamin effronté et son jeu aussi malicieux que policé lui offrent une possibilité de varier les plaisirs avec une belle sureté. D'autant plus qu'il peut aussi vous cueillir avec des émotions plus sombres. Il joue juste et maitrise à merveille son physique enjôleur.

Les autres comédiens n'ont qu'à surfer sur son personnage en offrant toute la palette des émotions entre fatalisme et sidération devant le phénomène Jane. Heureusement, chaque saison a su apporter à chacun des passages plus intimistes où ils ont pu développer chez leur personnage des facettes plus complexes. Dans cette saison 5, seule Amanda Righetti semble dépourvue d'en cas perso. A voir l'embonpoint la gagner au fur et à mesure que la saison avance et comment petit à petit on s'ingénie à camoufler son ventre derrière son bureau ou des cartons et autres stratagèmes à deux balles, il est évident qu'elle est enceinte jusqu'aux dents, ce qui limite fortement son champ d'action. Sur la plus grand part de cette saison, elle se contente de faire la secrétaire. Owain Yeoman (Rigsby), un acteur plutôt moyen mais touchant à la longue (ce qui est quand même le minimum syndical sur un format aussi long que peut l'être une série) a lui aussi son moment personnel quand son père réapparait. Il est à noter que pour Cho (Tim Kang) c'est également une vieille histoire qui refait surface.

D'une manière générale, c'est sans doute un manque de coucougnette à l'écriture qu'on a envie de reprocher à la série. Quand j'évoquais au début de cette chronique des éléments qui laissaient à désirer, je pensais notamment à une écriture parfois simpliste. Il peut arriver qu'on devine très vite l'identité des assassins (peut-être moins sur cette saison 6 toutefois?), avant même les enquêteurs du CBI. Ça la fout un peu mal, non? Il est donc impératif de ne pas voir la série pour ça, mais véritablement pour l'alchimie qui s'est créée entre les personnages et les enjeux autour du cas Patrick Jane. C'est dire que ces relations et ces enjeux doivent être impérativement trouver un terme assez rapidement (ou bien être renouvelés), sans quoi on va finir par s'en lasser.



Saison 6

Préalable important : cette saison 6 est cruciale et met fin à deux enjeux primordiaux de la série. Or, il m'est impossible d'évoquer cette saison sans spoiler. Je vais essayer mais je ne promets rien. Je vais tenter d’être le plus évasif possible. Néanmoins, je suis presque sûr que des sous-entendus pourraient ruiner les effets de surprise. A vos risques et périls pour la suite...

\ DÉBUT SPOILER !

Qu'est-ce qu'il se passe? D'un coup sur ce début de saison 6, je suis chafouin. Ce qui, me semble-t-il, pouvait être latent sur les saisons précédentes m'apparaît ici presque systématique à chaque épisode : une grande faiblesse scénaristique, une trop grande légèreté, voire une paresse dans l'écriture pourrissent le visionnage. A plusieurs reprises sur la première partie de la saison, la grossièreté des situations amenées sans finesse m'a sorti de l'histoire. C'est souvent absurde, quelques fois totalement stupide, la plupart du temps malhabile.
C'est vraiment dommage et déplaisant quand ça se répète trop souvent. Surtout le contraste avec les saisons précédentes est flagrant. Certes, cette série n'a jamais brillé par son excellence dans l'écriture, mais elle ne s'était jamais laisser aller à autant de lourdeur. Il a pu arriver que les scénaristes usent parfois de grosses ficelles pour relier les situations entre elles, mais d'une part c'était rare, d'autre part cela restait dans les limites du vraisemblable. Sur cette saison, ils ont maints fois dépassé les bornes.

Peut-être faut-il aller chercher l'explication principale dans la structure même des épisodes? Lors des saisons précédentes, un épisode était construit grosso modo sur une mini-enquête que l'équipe du CBI résolvait. La recherche de Red John cette année est omniprésente sur le premier tiers de la saison. De fait, la résolution de l'affaire Red John et ses conséquences accapare la moitié voire un peu plus de la saison.

Par conséquent, la structure habituelle de la série s'en trouve grandement altérée. Le confort qu'elle imposait s'évapore. Elle permettait d'accueillir beaucoup mieux les petites histoires personnelles et les interactions entre les personnages avec davantage de plaisir de décontraction.
C'était tout le sel de la série : comment Patrick Jane, ce personnage détruit survivait et comment il interférait avec les autres, comment il se reconstruisait dans sa quête et par les autres? Voilà ce qui amusait dans cette série! Sur ce début de saison, on a bien un petit moment où l'on se penche sur le couple Rigsby (Owain Yeoman) / Van Pelt (Amanda Righetti), mais c'est tout.

Fort heureusement, la deuxième partie de la saison, une fois réglée la question Red John, prend une autre dimension, bien que la structure en feuilleton soit maintenue en grande partie, notamment pour connaitre l'aboutissement d'abord des protagonistes une fois que le FBI prend les choses en main et pour mettre en place ensuite le nouveau fil rouge mystérieux de la fin de saison. Du coup, on se retrouve tout le long de la saison avec une ossature identique, à quelques épisodes près, qui nous fait suivre l'évolution des personnages en totale incertitude.

Mais on peut dégager trois temps forts, trois parties très différentes sur le plan de l'atmosphère. La première clôt l'affaire Red John et reste dans une tonalité très sombre, un peu mélancolique. Elle est un peu déplaisante parce que mal écrite et trop décalée par rapport au style habituel de la série, donnant le sentiment d'être expédiée pour passer à une autre histoire.

La deuxième est beaucoup plus drôle. Déchargée du pathos personnel. Patrick Jane (Simon Baker) et Teresa Lisbon (Robin Tunney) retrouvent une alchimie jubilatoire et émouvante entre eux. La pleine mesure du personnage de Jane, son espièglerie, son intelligence sont magnifiquement mis en lumière notamment face à la crédulité et la rigueur du FBI.
Déjà du temps du CBI, on sirotait le contraste entre le professionnalisme des uns et le dilettantisme de Jane. Mais les fédéraux coincés sont dépeints avec une telle sévérité qu'ils surpassent leurs devanciers dans le sourire figé et l'exaspération face à un Patrick Jane de plus en plus joueur et jouisseur.

Sur la troisième partie, assez similaire à la deuxième mais que l'on peut tout de même distinguer, viennent s'insérer de nouveaux des fils conducteurs reliant les épisodes, avec un fil majeur datant de plusieurs saisons : la relation entre Jane et Lisbon.
Jusque là souterraine, indicible, toujours présente mais largement sous-entendue, plus comique que romantique, la question est alors posée de façon frontale, avec une urgence inédite. La tension est de nouveau maîtresse de la série, même si elle est différente de celle que Red John nous imposait auparavant. Elle est beaucoup plus légère. Quoiqu'il en soit, l'intrigue prend une tournure romantique inattendue et finalement heureuse qui aurait pu constituer une fin logique définitive pour la série.

J'ai cru comprendre qu'il y aura bel et bien une 7e saison. J'espère que ce ne sera pas la saison de trop. Je me demande bien comment les scénaristes vont pouvoir renouveler la série après cette saison pleine de conclusions.

D'ailleurs à ce propos, même si elle donne satisfaction, je reste pas mal déçu par la manière dont est clôturée l'affaire Red John. Désolé d'y revenir, mais c'est assez net. On a l'impression qu'au début de cette saison on a voulu régler son compte à Red John très rapidement. Trop. Pour passer à une autre affaire en suspens, le binôme Jane / Lisbon. Tout cela semble bâclé et Red John en pâtit gravement. Alors que jusque là il apparaissait comme quelqu'un d'intelligent, presque surnaturel, comme un génie du mal, la manière dont son histoire se termine érode son aura maléfique, et par voie de conséquence tout son parcours, ses duels avec Patrick Jane, etc. En somme, cette saison 6 courant après deux lièvres en loupe un : Red John déçoit.

/ FIN SPOILER !

Bref, cette saison s'avère très importante, procure quelques bonnes surprises, des moments de franches rigolades, grâce à ses personnages, mais est un peu gâchée par un début maladroit et poussif. Reste qu'elle est indispensable pour les aficionados.



Saison 7:

Faut-il aimer ce personnage pour s'enfiler ainsi sept années d'une série, avouons-le plutôt moyenne! Cette ultime saison cumule les handicaps, un peu toujours les mêmes, récurrents tout au long de la série, mais ici encore plus flagrants.

Il y a d'abord cette écriture pour le moins aléatoire. Parfois, on tombe sur un épisode qui tient bien la route et peut surprendre quelque peu ou bien même avec une très bonne intrigue, des retournements intéressants par les sourires et le plaisir qu'il suscite efficacement. Mais à d'autres moments, on a la nette impression d'être devant une série de seconde zone, avec des raccourcis scénaristiques plus que grossiers, grotesques disons-le tout net, ou bien des situations ridicules dans lesquelles on a mis les personnages de façon totalement arbitraire et au final irréaliste. Heureusement, cela ne se produit pas souvent, mais ces quelques fois sont déjà de trop et abaissent le niveau de la série dans mon estime.

Il n'en demeure pas moins vrai que cette série a pour unique ambition d'être un divertissement. C'est sans doute pour cette raison que les histoires qu'on nous a servies jusqu'à la fin ne sont pas des chefs-d'œuvre d'écriture, que tout est axé sur le personnage de Patrick Jane (Simon Baker) et par conséquent, il est parfaitement vain de vouloir y trouver une quelconque profondeur. Elle n'est pas non plus benête, mais restons honnêtes : nous n'y trouverons pas matière à grandes réflexions.

Bien entendu, surtout avec cette saison finale, restée gentiment dans les rails de la précédente tout aussi romantique, on est dans une bluette. Certes, le genre policier n'est pas écarté, il reste prétexte central par ses énigmes et les ressorts dramatiques, les puzzles que Jane décortique ou aménage. Mais le thème principal, en apothéose de ces sept longues saisons reste la relation entre Patrick Jane (Simon Baker) et Teresa Lisbon (Robin Tunney).

Elle n'est dopée par aucune surprise. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais les effets sont connus, vus et revus. Téléphonés. Prévisible et un peu boursouflée même, l'écriture du récit peut encore fonctionner pour ceux qui auront vu les autres saisons, par familiarité avec les enjeux et l'historique des personnages. J'imagine qu'il faut être en connaissance du passé des deux personnages pour accéder à ce péché mignon que représente toute la série et ce final à l'eau de rose. Je conçois donc volontiers que cela paraisse désagréablement léger pour ceux qui ne connaîtraient pas et débarqueraient sur cette ultime saison (idée saugrenue).

On aura pourtant une "première" lors de cette saison, une originalité, mais très mal payée qui, justement, parce qu'elle déroge à la traditionnelle paisibilité de la série dérange plus qu'elle n'arrange des ressorts dramatiques en faits éculés et trop voyants : la mort d'un personnage principal ! Manque de bol, quand ils essayent de pimenter en sortant des sentiers battus, ça tape dans l'eau. On ne leur pardonne rien car c'est mal amené et totalement inutile. Cela n'apporte qu'un prétexte grossier à relancer la machine émotionnelle et romantique. Le procédé est trop évident, limite obscène et laisse mal à l'aise. Incompréhension, une nouvelle fois.

Voilà c'est fini. Les deux dernières saisons laissent un méchant goût de bâclage. Le fait que la dernière saison se termine sur 13 épisodes en rajoute sur le sentiment que la production a évacué trop rapidement les enjeux. Apres nous avoir pondu un Red John de pacotille lors de la saison 6, voilà qu'on expédie la relation Jane/Lisbon sur celle-ci. Dommage. Bien que la série n'ait jamais brillé par son écriture, au moins sur les cinq premières saisons avait-elle une allure correcte et plutôt sensée, cohérente.

Reste que j'aurais eu beaucoup de plaisir à suivre les facéties du mentaliste, les affres par lesquelles passent tous ceux qui l'entourent. C'était drôle, amusant et parfois inquiétant. Une bonne série populaire bâtie sur la jeu espiègle et le sourire enjôleur de Simon Baker.

Alligator
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Écrit par

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