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Psycho Killer, qu'est ce que c'est ?

Avis sur Mindhunter

Avatar Marc-antoine Prost
Critique publiée par le

En attaquant cette série, il a vraiment fallu que je m'implique et que j'aille au-delà :

  • au-delà de la thématique des tueurs en série usée jusqu'à la corde et déjà élevée à la perfection par Fincher lui-même 21 ans plus tôt,
  • au-delà du duo de flics classique façon "buddy movie" avec le jeune rookie qui en veut et le vieux briscard un peu blasé à qui on la fait plus,
  • au-delà de ce maudit filtre jaune ambiance creepy qui fait vraiment forcé par moment surtout sur les extérieurs,
  • au-delà de l'étrange impression de voir Emmanuelle Macron en wonder boy jouant les apprentis Sherlock Holmes (c'est ouf à quel point Jonathan Groff lui ressemble avec son costume cintré et sa raie de côté)

Et une fois passés quelques écueils classiques de thriller policier, la série parvient à se poser. On nous dépeint alors cette Amérique du début des Seventies en proie à l'explosion du phénomène des "tueurs en séquence", objets de médiatisation et de démocratisation qu'on trouve désormais au cœur de notre société inspirant tant bien la peur que la fascination.

Pour moi, c'est quand la série prend le temps de développer la relation entre les tueurs interviewés dans le cadre de l'étude et la caractérisation des 3 personnages principaux qu'on a une vraie atmosphère qui se crée et d'autant plus pesante qu'elle est contextualisé historiquement et rythmée par une BO que je trouve excellente !

La série est vraiment à son meilleur lorsque les avancées en terme de profilage finissent par trouver un écho dans la vie privée des enquêteurs.

Je prends pour exemple le fils de Bill qui souffre d'un père absent et d'une mère parfois distante, le facteur de stress que constitue une rupture mis en parallèle avec ce que vit Holden avec sa copine, la parallèle qui nous est montré entre l'homosexualité de Wendy et la gêne que provoque le débat sur le travestisme, etc.

Malheureusement certaines enquêtes parallèles, souvent mal amenées (chaque fois en fin de cours/conférence), font office de travaux pratiques pour Holden et Bill qui vont tester leurs découvertes sur des nouveaux cas façon Jackie Chan et Chris Tucker dans Rush Hour.

On perd en empathie et en développement pour faire place à des enquêtes assez basiques mêlées d'interrogatoires et de recherches d'indices convenus et franchement gros sabots par moment (mention spéciale au nœud marin qui m'a bien fait rire).

Au final la série est assez plaisante et bien réalisée (big up à Tobias Lindholm qui fait vraiment le café sur les épisodes 5 et 6), mais s'écarte trop souvent de ce qui fait sa sève et qui apporte une angle nouveau sur la thématique qu'elle traite.

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