Petit guide de survie à dramaland

Avis sur Missing Nine

Avatar Manga_Suki
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Quand dramaland mélange tous ses clichés à la série américaine Lost, cela donne une potion assez inédite, exquise et addictive nommée Missing Nine. Réservez-vous quelques jours pour regarder ce drama comme il se doit; pour l'apprécier pleinement, il faut le dévorer et croyez-moi que vous en avez envie !

Attention, cet article contient d'importants spoilers sur le final de la série. A ne lire que si vous en avez terminé son visionnage !

Après cinquante minutes à l'humour douteux, l'histoire se lance suite au crash aérien dont sont victimes une bande de célébrités et leur staff. Commence alors de dures épreuves pour leur survie ; entre dangers naturels et violence humaine, les neuf rescapés ont du soucis à se faire ! Cette première moitié du drama est dépaysante, souvent haletante et rondement menée. Ce que j'ai surtout aimé, c'et que dans sa grosse majorité, le traitement des personnages y est réaliste : dans un premier temps, pour sauver les apparences, ils restent civilisés et s'associent, puis ils paniquent, se montent les uns contre les autres et font de grosses erreurs. On reste dans un drama, c'est donc plus gentillet que ça aurait du l'être dans la réalité, mais l'intention fut suffisante pour me happer aux côtés des deux héros, les seuls en qui on peut vraiment avoir confiance quant à leur développement. Rien que par le cadre, c'était donc très changeant et levait un peu de lumière sur la nature humaine en situations extrêmes.

La seconde partie m'a déçue au départ, parce que je trouvais qu'on retournait trop vite à la "normalité" et j'avais quelques craintes. Elles se sont vite envolées et même si tout n'est pas parfait, j'ai aimé le fait que cela démontre plusieurs vérités injustes de notre monde, comme le pouvoir abusif des hauts placés, la force des médias sur le public ou encore les informations cachées pour le profit de certains. Étrangement, mon niveau d'addiction n'a jamais baissé, même si, pour le coup, on entrait dans une phase plus "traditionnelle" des dramas de ce genre, avec batailles juridiques et humiliation nationale. Par contre, contrairement à ce dont on aurait pu s'attendre, c'est là que le drama pèche, niveau réalisme, surtout à la fin où mes yeux ont vraiment saigné tant on était déconnectés de la réalité.

Chose suffisamment rare pour être signalée, Missing Nine donne un très beau rôle à la Femme, qui en plus d'être intelligente, sait aussi se battre et sauver la mise à son homme (et lui donner son manteau, URGH, comme j'ai aimé ce cliché-inversé). Ra Bong Hee, l'adorable styliste, tout comme Ji Ah, l'actrice belle et badass, intégraient bien cette idée de la "femme moderne", qui n'a pas besoin d'être protégée. J'ai envie de dire, il était temps. Je les ai beaucoup aimées, l'une comme l'autre. Elles n'étaient pas forcément très "humaines" car leurs défauts ou doutes n'étaient pas très apparents, mais malgré tout très attachantes. Je n'ai jamais quitté l'envie de les soutenir jusqu'à leur but.

A côté, la majorité des personnages masculins paraissaient bien plus doux. Mon bon vieux petit coeur tout mou n'a pas résisté bien longtemps à Ki Joon (l'acteur l'incarnant renforçant cette fragilité), un homme tendre comme un marshmallow mais aussi très amusant. Joon Oh était quant à lui le personnage avec le plus de développement. Si, pendant longtemps, on peut le prendre pour le petit rigolo qui joue de son statut de star, au fur et à mesure des événements il gagne en maturité et assume pleinement son rôle de leader. C'était un personnage aussi attendrissant qu'un enfant et parfois, quand il se montrait adulte, c'était plutôt déboussolant mais pas déplaisant. J'aurais tout de même aimé que son conflit intérieur, lié à ses erreurs passées soit un peu plus représenté, surtout lors des scènes où cela aurait pu être important (notamment le dernier épisode, mais on ne va pas aller sur cette pente dangereuse tout de suite). J'ai beaucoup aimé le personnage du procureur Yoon, qui malheureusement reste sous exploité dans la seconde moitié du drama et pourtant, quel charisme avait son interprète ! Entre douceur et fermeté, il incarnait la définition de la justice, à mon sens (et cette voix !).

Je ne serais pas aussi tendre en évoquant Tae Ho, qui aura été un beau ratage à mes yeux. On pourrait penser que les créateurs ne savaient pas non plus quoi faire de lui : quand ils lui mettent tous les sales coups sur le dos et font TOUT pour vous faire comprendre que le sale type de l'histoire, c'est lui, mais qu'au dernier moment, on essaie de nous dire que c'est un gentil garçon victime des circonstances, moui, ça passe moyennement. Surtout quand le gars tue quand même deux personnes de sang froid. C'était juste lassant qu'il soit déjà à l'origine de 99% des coups fourrés de la série, mais cette volonté d'épaissir le personnage en tentant de le rendre plus humain n'était vraiment pas réussie. C'est dommage parce que ça aurait pu être bien fait et en cohérence avec le message de tolérance que la série semblait vouloir délivrer. Mais au bout d'un moment, difficile de ne pas penser au bon vieux "Trop bon, trop con !", tant le final manque de cohérence. En prenant un petit raccourci, on peut facilement penser que la notion de "justice" est absente du dictionnaire des créateurs et cela m'a vraiment énervée de voir Tae Ho "gracié" après avoir autant soutenu les héros pour qu'ils lui fassent payer. Surtout qu'au contraire de So Hee, le personnage de Yeol a été complètement oublié et vu les circonstances, cela parait totalement irréaliste que Joon Oh pardonne tout de cette manière. Ce fut un énorme coup de gueule et c'est dommage, car même si le drama est un peu fantaisiste parfois, on pouvait tout de même fermer les yeux sur des petites erreurs. Là, c'est tellement gros que c'en devient mémorable.

Mais revenons sur du bon, parce qu'il y en a quand même pas mal concernant Missing Nine ! J'ai adoré la relation entre la star, Joon Oh et sa styliste Bong Hee, parce qu'à aucun moment ils quittent leur égalité, ils sont vraiment sur un pied d'égalité et sont indispensables l'un pour l'autre. Sans être scientifiquement prouvé de nature romantique, leur complicité s'en rapproche, dans un tout très naturel (ils sont quant même à un stade où ils se regardent les crottes de nez), presque comme des frères et sœurs. Ça peut paraître paradoxal parce que je suis une grande romantique, mais j'ai aimé cette absence de romance, qui n'avait à mon sens pas sa place dans une intrigue comme celle-ci. Où trouveriez-vous le temps, vous, de trouver l'amour quand votre survie est menacée ? J'aimerais voir plus de séries penser à ce "petit détail". Par contre, j'avoue que j'aurais aimé un peu plus pour Ki Joon et Ji Ah, mais on peut imaginer que cela se fait par la suite. Je vous avais dit que je suis une personne contradictoire.

Peu de dramas savent aussi bien croiser les ambiances et les genres que celui-ci. On était en droit de s'attendre à un ton plus grave, Missing Nine est là pour nous rappeler que l'on peut parfois aussi rire de situations extrêmes. Ainsi, un pied posé sur une mine provoque des larmes de rire et un camion d'immigrants se transforme en foire aux paris puérils, mais tellement drôles. C'était une prise de risque très bien maîtrisée.

Quel plaisir que de retrouver BAEK Jin Hee, l'indécrottable prétentieuse de Empress Ki, dans un revirement à 360° ! Elle est adorable et convaincante en héroïne au grand coeur. Je découvre ici JUNG Kyung Ho, effectivement bon acteur, charismatique et loin de ces "beaux gosses" qui ont finalement bien moins d’atouts. J'ai adoré détester CHOI Tae Joon et KIM Pub Lea, adoré... adorer, comme toujours OH Jung Se, un acteur en or que l'on voit trop peu. En revanche, contrairement à ce qu'il affirmait lui même de manière très prétentieuse, PARK Chan Yeol m'a laissée très froide.

Missing Nine n'est peut-être pas le drama idéal, il a ses défauts et incohérences, mais il saura certainement vous accrocher, comme une sangsue à du sang, au sort de ces neuf rescapés échoués sur une île déserte. Avec humour et tension, le drama pointe le doigt sur quelques défaillances de la société. Un divertissement de luxe.

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