The Marvelous Miss Gardin

Avis sur Mme Maisel, femme fabuleuse

Avatar forêt fantôme
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— Peu contenir quelques spoilers mineurs —

Curieux cette série, enlevez la hype féministe de son sujet (une femme au foyer trompée qui devient soudainement comédienne hilarante après une cuite) et vous aurez une simple sitcom.

Les sympathiques sets comiques de la Miss Maisel, touchante au début grâce au sourire de son actrice mais dont le jeu devient vite lisse et stéréotypé façon fillette modèle (on l’avait pourtant apprécié dans la série Manathan, déjà dans un rôle de ménagère qui s’ennuie ferme dans la base secrète qui développe la bombe H en 1944 où elle était tentée par lamour saphique avec la voisine entre deux lessives, mais je m’égare), les sets donc, se font finalement assez rares puisque de qq minutes par épisodes. Ou parfois absent, même. Supprimez ces seules occasions de rire un peu avec des gentilles blaguounettes sur l’ex mari et les parents juifs new-yorkais typiques, et il vous reste de laborieuses séquences qui tentent de boucher grossièrement les trous entre les arcs narratifs de personnages secondaires. La plupart vraiment caricaturaux, on a par exemple les deux couples de parents thunés qui se plaignent de tout, la manager incompétente homosexuelle avec casquette en cuir garçon manquée (attachante ok), les chinois qui parlent pas anglais dans les salles de paris illégaux, des blondes cruches (jamais brunes les bourgeoises conformistes pas fufutes, blondes pour mettre en valeur notre héroïne trop malin tavu), le crooner star afro /et homo mal dans sa peau, et l’ex-mari bien musclé adultèrin/et père idéal en fait encore amoureux mais-si-en-fait-mais-nan-jai-tourné la page-mais tu me manques-mais-tu-m’as-pas-rappelé-mais gnagnagna...
Toute cette gentille galerie est bien déguisée derrière de beaux décors des 60s très réussit, évoquant le charme du rêve américain style Mad Men (au fait, la série la plus importante des années 2000 n’est pas The Wire, on vous ment. N’est-ce pas sens critique, avec ton top meilleur séries de tous les temps? Parenthèse fermée.), une reconstitution en mieux pour être honnête, mais au fond, lorsqu’on enlève le packaging, quel propos reste t il?

Malgré le sublime de la direction artistique et autres costumes, c’est le désert question zeitgest de l’époque. Question contexte politico social ne vous attendez à aucune prise de risque, peanuts (d’où vient cette expression? Et pourquoi je l’emploi soudainement. No se.)
On croirait que les situations, et surtout les préjugés et prises de consciences des personnages, sont tout simplement écrites par des gens d’aujourd’hui mais qui s’adresseraient à un public d’hier, avec une une sensibilité restée bloquée en 1965. Une culture pré internet quoi, eh ouais McFly, ça glitch pas mal dans la matrice. C’est quoi le projet? J’y reviens encore, mais en y réfléchissant c’est un peu grotesque. Il faut avouer qu’en fin de saison 3, une étincelle de lueur critique vient à notre jeune maman new-yorkaise lorsqu’il s’agit d’enregistrer un spot radio de campagne pour une candidate Au programme plutôt marine lepen que Ségolène. Mais ça intervient après des dizaines d’enregistrements pour des pubs de produits, dont des clopes et autres saloperies, faut bien gagner sa croûte, mais du coup le revirement soudain qui la grille a tout jamais dans le milieu, avec ses deux kids et pas d’autres plans, on a du mal à y croire. Tout est un peu comme ça. On trouvera donc aussi des hippies feneants decrit comme des parasites, bref des faux bourgeois hypocrites qu’on sait pas trop ce qu’ils foutent là à squatter chez le daron, pendant deux ou trois épisodes (au moins ils se faisaient bien mettre à l’amende par Don Draper dans Mad Men les saltimbanques révolutionnaires drogués, ah il en savait un rayon question contradictions celui-la, la perfection...ou plutôt l’autodestruction au masculin); l’excellent monsieur Shaloub se démène comme il peut pour faire vivre son personnage de mathématicien misanthrope, (le fameux daron nostalgique de sa jeunesse marxiste) mais le potard Woody poussé au max; les beaux parents nouveaux riches vulgaires, et bien sûr nudistes pour bien insister sur la beaufitude-alors qu’en vrai ça les rend un peu cool je trouve mais bon.. Et puis parmi tout ces braves gens pas franchement conviviaux, on se tape soudainement un arc à propos d’une actrice comique concurrente (narcissique et tres célèbre) obsédée par jouer du steinbeck intello pour montrer qu’elle est une vraie artiste, pas inintéressant au contraire, mais tout ce monde paraît un peu parachuté à l’arrache sur quelques épisodes pour soudainement disparaître et ne laissant pas l’empathie s’installer pour le spectateur. Tout ça pour dire, ce qui finit par devenir gênant, c’est que Miss Maisel apparaît au final comme un personnage sur le même plan que les autres, sans relief, et non le moteur central qui structure la série. Alors oui ça pique un peu les neurones des clichetons de vaudeville, pourtant je comprend le charme qu’on peut trouver à cette série, mais selon moi les attentes sont toujours déçues, malgré une amélioration sympa dans la saison trois avec la tournée à Las Vegas, on se lasse d’elle car elle n’est pas franchement impertinente hors scène, c’est difficilement crédible, ou pour le moins très peu satisfaisant comme show car on perd sur tous les tableaux. Ni comédie, ni romance. Tiédasse, quand on regarde la proposition de tvshows de qualité a laquelle on a accès. Grosse sensation de perte de temps. Rien de pire. Même Friends bousculait plus les sujets de société (sisi, les mères porteuses, le harcèlement au travail- ok c’était Chandler qui se prenait les mains au fesses et alors? Il était pas d’accord hein), on s’attachait au moins au personnages, à leur parcours sur le long terme, et leurs chassés croisés amoureux, c’est quand même pas trop demander si c’est le propos, autant se faire un épisode de Greys Anatomy bien confortable.

D’autant d’ailleurs qu’une autre série très intelligente, sensuelle et originale avait fait une belle analyse des sixties, la méconnue Masters of Sex, où un couple de chercheurs pionniers inventent l’étude en sexologie contre tous les préjugés sexistes et puritains de l’époque, sans faire l’économie de la segregation raciale, du virilisme paternel toxique imbibé d’alcool, des configurations complexes du couple libre, de la loi du désir, et jouissait d’une introspection des protagonistes plus creusée qu’ici avec cette qualité Psychologie Magazine numéro spécial été minceur. Parceque oui Maisel est ici une bombe sexuelle barbie qui fait un défilé de mode permanent avec ses robes de dingue, pas une Louis CK au féminin confrontée aux affres de la création, et ça c’est quand même un gros problème en terme de message.

En résumé, cest toute l’ironie de cette série: elle na rien de l’audace de cette première femme qui a osé monter sur scène pour dire sa condition. Elle n’arrive jamais à exprimer le courage des idées de celle à qui elle voudrait rendre hommage.
Sans vouloir froisser ceux qui ont apprécié, car c’est sympathique et bien réalisé toussa, comme c’est le cas du jury des Golden Globes apparement, je vous prie de m’excuser par avance, mais quand même, là non.

Après Peggy Olsen, et à l’époque de Blanche Gardin ou de Noémie de Latte, disons le tout de suite c’est aussi ringard que joliment confortable, d’une bien pensance paresseuse, et allez disons le ferme, c’est un féminisme pour mamie, qui lit Figaro Supplément week end au coin de la cheminée, pas désagréable, et surtout pas dérangeant pour le patriarcat, qui peut continuer à ronfler pépère devant la télé. En somme si vous nêtes pas un.e WASP passez votre chemin, éteignez vos écrans et allez au théâtre, avoir le frisson du stand up en live.

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