Avis sur

Monk

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Nous sommes en 2004 (je crois), je suis chez ma grand-mère.
J'ai (il me semble) quatorze balais, une gamecube, et un Journal de Mickey sur la table du salon. Et j'adore les séries policières.
Enfin, je crois adorer les séries policières, car à ce moment-là j'aimais Navarro et Julie Lescaut.
Et ça, c'est plutôt DÉTESTER les séries policières.
M'enfin.

En zappant, je tombe sur une série policière, justement.
Le lieutenant Disher - je n'avais à l'époque aucune idée de son nom, notez l'anachronisme - fait une théorie sur la manière dont sont disposés les cailloux. Ils pensent à un message laissé par le tueur. La théorie m'énèrve ; à l'époque je préférais les analyses pscyho-sociales de Véronique Genest. J'éteinds la télé.
Malgré ma réaction excessive et négative à l'égard de cette scène, le nom de "Monk", que j'ai aperçu dans le journal à cette case horaire, me reste en tête. Et si c'était sympa, finalement ? Et si je regardais un peu plus qu'une scénette ?

Une semaine passe. Je suis chez mon autre grand-mère.
Étrangement, mon dégoût pour la théorie des cailloux s'est transformé en une furieuse envie d'en savoir plus : ce soir, il y a Monk, et je veux absolument regarder. Alors c'est parti.
J'allume le poste.
Et là, le coup de foudre.
L'épisode est génial, Monk tombe "amoureux" d'une femme qui ressemble terriblement à Trudy. J'ai envie de voir un autre épisode la semaine suivante. Et encore. Et encore.
Et Monk devient petit à petit une série que j'adore. Autour de moi, personne ne connaît encore. Je suis un des pionniers des téléspectateurs.

Alors que j'ai quatorze-ans et demi, la diffusion de la saison une se termine. Je suis frustré.
Mes parents aussi, que j'ai fini par convaincre.
Et si, bon sang de bon soir, cette saison était la seule et unique ? Je commence déjà à me faire des films. Je me dis que la série n'a pas marché ici, chez nous, dans les pays francophones, et qu'elle restera aux states pour toujours.
J'avais déjà connu cette douloureuse expérience avec une autre série.
Heureusement, rien de tel, et Monk revient.
La saison 2 est une institution dans la famille. Quand ma mère m'annonce au téléphone la diffusion des premiers épisodes, je suis à nouveau chez ma grand-mère (la première de l'histoire, si vous avez suivi), et c'est la fête. Je rate le début du premier épisode, mais qu'importe, Monk est là, Monk continue.
C'est reparti pour un tour.

Peu à peu, chaque diffusion d'un épisode devient pour moi un événement. J'adore tout chez ce personnage, même ce que je déteste chez lui. Sa relation avec Sharona est explosive.
Les enquêtes sont géniales, et je me repasse dix fois au moins le "Monk court contre la montre" de la saison une, qui a été rediffusé et que je me dévore sur cassette.
Sur Internet, la série semble être appréciée.
Ma famille continue à adorer.
Moi aussi.
Monk, c'est de la bombe.

Puis vient la saison trois, une année après.
Là, la grande rupture change tout : Sharona laisse place à Nathalie à la mi-saison. Cette transition me fera perdre de l'intérêt pour la série. J'ai alors... 16 ans ? Je ne regarde plus que d'un oeil. La blondasse me saoule, elle est trop gentille.
Je veux revoir Sharona. Sharona se déguise en prostituée, mais j'aime Sharona. Sharona ? SHARONA, REVIENS !
Je lâche un peu la série. Je ne fais même plus attention à la diffusion. J'ai découvert la série avant tout le monde, mais je la lâche en même temps que les autres : la disparition de Sharona a, selon moi, contribué à la dépréciation du show.

Gros vide.
À la Fnac, quelques années plus tard, je trouve la saison 5.
"Pourquoi ne pas essayer ?", me dis-je.
La saison 5 est plutôt moyenne, mais je me familiarise à nouveau avec l'univers et je décide d'acheter les coffrets précédents. Mon intérêt pour Monk revient.
Mon intérêt pour Monk grandit.
À partir de ce moment-là, j'apprends à apprécier Nathalie et le vent de fraîcheur qu'elle a fait souffler pour la série.
Avoir la série en DVDs me permet de rattraper mes épisodes manqués, et ma famille s'y remet avec plaisir.
Dès lors, je me recommence à suivre la diffusion télévisuelle.
Le détective ne me lâche plus ; je ne lâche plus le détective.

Voilà, Monk devient l'une de mes séries cultes, et l'est encore aujourd'hui. Je lui reconnais quelques défauts, notamment au niveau de sa continuité.
J'admets que parfois, la série ne se donne pas la peine d'avoir un minimum de cohérence, la chronologie est bouseuse et les personnages ne semblent pas avoir de notion du temps.
J'admets une petite baisse de forme vers les saison 4-5.
J'admets que le personnage de Nathalie peut être contesté, et que Sharona peut lui être préféré.
Néanmoins, j'ai appris à pardonner tous ces défauts car Andy Breckman nous a offert 8 ans d'enquêtes policières pour la plupart solides, d'humour atypique et de tendresse.
On s'attache mine de rien à ce personnage excécrable au premier abord, qui aime bien plus la vie et ses semblables qu'il ne le dit.
On a un pincement quand les dernières minutes de la série s'écoulent, laissant derrière elles de nombreuses péripéties, allant du Mexique à New-York en passant par un terrain de baseball et un magasin de poupées vaudou.
On regrette vite les "Voilà ce qui s'est passé" de Monk, ses disputes avec tout le monde, son piètre sens de l'humour.

Bref, mine de rien, on peut facilement adopter cet univers.
Un 8, et juste à cause de la continuité détraquée.
En partant juste de ma nostalgie et de mes émotions, j'aurais mis un beau 10.

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