Bright side of the Moone

Avis sur Moone Boy

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Inspirée de la propre expérience du génial Chris O'Dowd (inoubliable Roy Trenneman dans l'hilarante IT Crowd et non moins formidable Tom Chadwick dans la trop tôt annulée Family Tree), Moone Boy raconte le quotidien du jeune Martin Moone, cadet d'une famille "surprenante", un chouia à l'Ouest, au sortir de l'enfance et l'entrée dans la délicate période de l'adolescence.
Doté d'une imagination débordante, notamment grâce à un talent certain pour le dessin, Martin s'est inventé un ami, Sean, qui le soutient dans toutes les épreuves et situations que sa jeune vie lui impose. En talons aiguilles ou bonnet tricoté main, en bas résilles ou salopette de Ghostbuster, selon l'humeur et le bon vouloir de Marty, Sean est le pote idéal, toujours présent en cas de coup dur, réconfortant, distribuant les bons conseils comme mon voisin Jésus les petits pains, à la dernière convention des boulangers-pâtissiers d’Ille-et-Vilaine.

L'intelligence du show, en plus d'une fraîcheur constante et d'un humour toujours bien présent, tournant parfois même au caustique, tient au fait qu'O'Dowd, co-créateur, choisit un angle spécifique pour quasiment chacun des épisodes. Qu'il parte d'un événement historique que la famille va traverser (élection de Mary Robinson, première femme président de l'Irlande ou qualification du pays pour les quarts de finale de la coupe du monde en 1990) ou d'un fait plus personnel dans la vie du jeune garçon (premier amour, premiers émois sexuels, entrée au collège), la narration évite l'écueil d'un classicisme qui pourrait rapidement s'avérer ennuyeux.

Par petites touches, le programme, en plus d'être drôle et divertissant, distille quelques remarques acerbes sur la société de l'époque, la place que la femme y occupe (que ce soit au sein du couple, mais aussi dans le monde du travail ou en politique), l'importance de la religion dans ces petites communautés ou encore les préjugés et a-priori sur les différences.

Le duo Martin - Sean est évidemment le point central de la série et si le jeune David Rawle, éclatant de sincérité et de candeur, prouve que les enfants peuvent être d'excellents acteurs (non, ne m'entrainez sur le terrain glissant de Lou Journal Infime ou du Petit Nicolas, je ne tomberai pas dans le panneau), Chris O'Dowd est l'incarnation de l'ami imaginaire parfait. Perso, j'aurais bien joué aux dames contre lui étant gamine et je l'aurais même laissé gagner, c'est dire si je l'aime.
Mention spéciale également au jeune Ian O'Reilly, dans le rôle de Padraic, meilleur ami de Martin, qui lui aussi se trimballe un compagnon créé de toute pièce, ce qui permet au quatuor de nous offrir de savoureux moments.
Un mot également sur une bande son entrainante, qui ratisse large, de Bob Geldof à Enya, balade en rafting oblige (genre vous ne connaissez pas Enya ... Sail Away ...), de Depeche Mode à Van Morrison, en passant par Dirty Dancing ou encore Chris Isaak et David Bowie.

Encore une très jolie série donc qui risque de passer inaperçue et ça me rend tristesse.
Car Moone Boy est une brise de bonne humeur et d'air frais, un souffle de vie, empreint de poésie et une savoureuse parenthèse à laquelle il serait vraiment déraisonnable de résister.
Et une fois de plus, nos voisins d'Outre-Manche prouvent qu'ils sont les maîtres incontestés de la série télé (et je ne souffrirai aucune discussion sur le sujet).

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