La série bien nommée

Avis sur Mr. Robot

Avatar Nihi
Critique publiée par le

Je tiens à vous prévenir, je n'ai vu que trois épisodes, je n'arrive pas à m'intéresser à cette série donc évitez vos remarques du style "faut voir toute la saison pour critiquer".
Si l'accroche d'un livre est nulle vous n'avez pas besoin de vous forcer à lire la suite pour avoir bonne conscience, si un plat est mauvais vous n'avez pas besoin de tout manger pour avoir un avis.
Bref, chers moralisateurs, vous avez votre avis, vous m'en voyez ravi, j'ai le mien, respectez le.

Cette série, on m'en a parlé dès le pilote comme quelque chose de merveilleux, jamais vu, la série de l'année.
Je me suis donc retenu, pour maratoner la saison complète quand elle sera finie.
J'ai vu, lu, entendu beaucoup d'éloges à propos de cette série et forcément, j'en attendais du bon.
On m'a vendu le jeu d'acteur, l'aspect réaliste du hacking, les thématiques dans l'air du temps, la BO, presque tout en fait... mais jamais on m'a parlé de son âme.

Parce que c'est mon plus gros problème avec Mr. Robot, l'absence d'âme, cette impression d'être devant un Frankenstein des séries, un patchwork de tout ce qui est apprécié sur internet, de tout ce qui est "bien vu" et qui flatte le spectateur constamment de manière tellement grossière que j'ai du mal à comprendre l'absence de réaction de ce dernier.

Notre personnage principal tant acclamé est donc présenté comme un surdoué (donc forcément il est nul en société), hacker (donc forcément il est parano), justicier (donc forcément il a un conflit intérieur et un sombre passé) sur lequel on a collé des googly eyes pour accentuer son anormalité.
Un cliché vivant qui voit une psy, elle aussi cliché de son état, à qui il cache son caractère trop dark parce que l'illusion est parfaite comme ça.
J'éviterais de spoiler mais sa relation avec son amie d'enfance est du niveau d'une fan fiction harry potter.

Le hacking est drôle et triste à la fois, certes on nous prend un peu moins pour des abrutis que dans les 90 000 séries policières mais arrivent les moments ou le personnage principal nous parle de "DDDOS attack" comme si plus on ajoutait de D plus l'attaque était puissante un peu comme les andouillettes, quand les termes sont balancés juste pour impressionner l'un à la suite de l'autre comme un rappeur sur youtube qui pratique son flow devant sa webcam, ça me sort du truc.
Je ne sais pas si vous commentez chaque chose que vous faites vous, si oui pensez à consulter, ça a l'air de marcher pour lui.

Mais le hacking même si il est le principal sujet de la série est entouré de plein d'autres petits artifices qui font que la série est "In", qu'elle est moderne (et qu'elle n'aura plus aucun sens dans 10 ans), qu'elle vous plait parce que vous vous reconnaissez dans le monde dépeint.
Les personnages utilisent tous les réseaux sociaux et quand quelqu'un n'a pas de profil facebook "c'est qu'il est louche"...
On "name drop" le plus de trucs geek possibles à chaque épisode, à tel point qu'on pourrait faire une liste de ce qui n'est pas sorti dans les épisodes précédents et les rayer au fil du temps (à ceux qui finiront la série, y a-t-il une référence à 4chan ?) ou pour les plus courageux un jeu à boire des termes/marques geek.
Alors à tout ça on ajoute un peu de BDSM pour surfer sur la vague 50 shades of grey (note à moi même, écrire ce titre me fait mal, plus jamais), des cliffhanger sans aucun sens juste pour tenir le spectateur en haleine (la fin de l'épisode 2 non mais sérieux...), on mélange et on a ce résultat imbuvable.

Mais tout ça est bercé par une mise en scène léchée, très Fincher-esque, jusqu'à la musique qu'on dirait pondue par Trent Reznor.
Elle fait dans l'alternance la plus étrange entre métal industriel, éléctro et classique, chaque style était grossièrement lié à un personnage/groupe comme pour renforcer leur vide existentiel, leur méchanceté, ou leur côté underground.

Cet enrobage plastique remplit ainsi le rôle de l'arbre cachant l'éléphant qu'est l'absurdité du contenu de Mr. Robot, la pilule passe et on se retrouve devant la série la plus Made in Netflix qui soit, bien que n'ayant aucun rapport avec le groupe susnommé.

J'aimerais aimer, le sujet me plait, j'aime beaucoup Fincher et ce style de mise en scène, mais à chaque épisode, plusieurs fois par épisode, je me retrouve flatté comme un enfant un peu neuneu, caressé dans le sens du poil, comme si on me donnait ce que je voulais sans rien d'autre, une viande sans sauce, une œuvre sans âme, à l'instar de son titre, pleine d'engrenages, de rouages, de mécanismes mais creuse.

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