Nouvelle "Vague" ou Teen série ?

Avis sur Nous, La Vague

Avatar Ignatius69
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Ayant vu le film La Vague il y a quelques années et l'ayant trouvé excellent, je me suis dit qu'une série sur ce thème était une bonne idée.
Mes souvenirs du film sont un peu lointains, mais en gros c'est un prof charismatique qui essaie de décrypter l'ascension du nazisme auprès de ses élèves les entraînant dans la création d'un groupe avec un nom, un logo des signes d'appartenance, etc. L'expérience dépassant le professeur : le jeu finissait en folie sectaire.
La force du film résidait dans la complicité du spectateur et montrait que dans ce sentiment d'appartenance à un groupe la forme primait sur le fond.

"Nous, la vague" réussit elle à reprendre le flambeau ? Disons le d'emblée c'est clairement non ! Ce qui ne veut pas dire en soi que c'est mauvais, mais avec une telle filiation il y a un peu tromperie sur la marchandise !

"Nous la vague" montre plutôt la radicalisation d'un groupe d'ados autour du personnage charismatique de Tristan Broch qui arrive en cours d'année au lycée Scholl. Tristan est en centre pénitentiaire pour mineurs et poursuit ses études. Le nouveau va tout de suite fédérer autour de lui trois exclus sympas : l'immigré dont les parents sont menacés d'expulsion par des promoteurs cyniques, le fils d'agriculteurs ruinés par la grosse usine polluante de papier, la fille un peu weirdo-gothique maltraitée par les autres filles "normales" et populaires. A celà il faut ajouter la jolie bobo anorexique qui joue au tennis en compétition, bref au contraire des autres la "winneuse", Tristan et elle sont tout de suite attirés l'un vers l'autre, le beau, la belle...
Au début la série semble prendre une voie intéressante : Tristan est cultivé et impliqué contrairement aux idées reçues sur le gentil bad boy, Léa la jolie fille est elle assez superficielle, Tristan de par son aura et sa liberté entraîne les autres sans chercher à créer quoique ce soit, mais de ces 5 amis naît un groupuscule activiste : "la Vague". Léa, elle, essaie de formaliser tout ça, de le faire grandir, de le populariser en bonne bourgeoise de la radicalité.
On sent d'emblée la superficialité de sa révolution personnelle quand elle fait le tri de ses vêtements de marque pour les donner, elle a une garde-robe suffisante pour se le permettre. Tristan lui pressent que le mouvement qu'ils fondent : "la Vague" se perdra s'il grandit, mais Léa l'emporte alors que les faits lui donnent tort, mais comme elle est jolie, il faudra que Tristan "pose son cœur" à ses pieds dans un romantisme imbécile qui finira d'ailleurs par l'emporter. C'est là que la série déçoit, on se croit dans une série qui casse les codes pour au final les faire triompher : un petit compromis douteux entre lutte pour ses idéaux, mais pas trop quand même et dénonciation de la superficialité des réseaux sociaux et de la quête de popularité pour finalement rester le curseur principal du succès...
Je ne vais donc pas trop divulgâcher la fin, mais elle est décevante, on aurait pu aller vers une réflexion sur les limites et les contradictions de la radicalité, on se retrouve avec une sorte de happy-end moisie avec un petit cliffhanger pour une nouvelle saison.

Bref oubliez l'intelligence machiavélique de la Vague vous avez une teen- série divertissante au début et qui finit par emprunter toutes les autoroutes narratives d'un téléfilm de Noël. Je pense que la série trouvera tout de même son public là où elle le cherche, sans jamais outrepasser son cahier des charges.

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