Etat(s) de grâce

Avis sur Orange

Avatar Kousei
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Orange c'est , pour moi, un énorme coup de coeur. Le pitch de départ est intéressant : une lycéenne timide, Naho, reçoit, un jour, une lettre qu'elle s'est elle-même écrite, 10 ans plus tard. Elle y fait part de ses regrets, des choses qu'elle aurait voulu faire différemment, notamment concernant Kakeru, un jeune homme venant de débarquer dans sa classe, mort quelques temps plus tard.

L'histoire donne donc terriblement envie. D'autant que le tout est enrobé dans une animation à tomber et une OST pour le moment parfaitement réussie.
Il y a quelques temps, j'avais testé un anime qui ressemble grandement à Orange, et qui est très populaire : le fameux AnoHana. Un pitch un peu fantastique, l'idée des regrets, une bande de potos, bref, les deux se ressemblent sur de nombreux points. La différence, c'est que j'ai détesté AnoHana, et j'ai dû me faire violence pour le finir. Et ce, pour une raison très simple : les personnages étaient insupportables : constamment dans la surenchère de réaction, notamment sur les moments d'émotions, très excentriques, absolument pas authentiques, et une écriture assez banale : AnoHana avait tourné un pitch intéressant en véritable cauchemar.
Heureusement, Orange ne tombe pas dans ce piège : les protagonistes sont terriblement attachants, mais surtout, ils sonnent vrais, et sont authentiques. Un exemple de ça, et de comparer la scène de

fin d'AnoHana, et celle de l'épisode 3 d'Orange : ces deux scènes sont censées être fortes en émotion. Chez AnoHana, ils se mettent tous à chialer sur une moyenne de 250 décibels, à gueuler dans tous les sens, à dire des banalités. La scène passe d’émotionnellement forte à ridicule, voire comique. Chez Orange, ça pleure légèrement, ça a les larmes aux yeux, mais ça se fait en silence. Personne gueule, tout le monde réagit de façon sobre. L'émotion est là, et elle perdure.

Évidemment, l'anime n'est pas exempt de défauts : d'une part, la timidité extrême de Naho donne envie de secouer la pauvre gamine dans tous les sens. Cela dit, cette timidité permet également

de voir le personnage évoluer considérablement sur les derniers épisodes et se prendre en main. Ce qui est appréciable

Le second, c'est la niaiserie. En réalité, ce défaut n'en est pas un pour moi. Parce qu'il y a deux types de niaiserie : celle indigeste, et celle qui est porteuse d’émotion, de beauté et de poésie. Et Orange fait clairement dans la deuxième catégorie..

L'anime possède sur certains épisodes de véritables moments de grâce qui laissent sans voix. Des passages parfaits, tant au niveau de l’esthétisme que de l'action. Qui nous tiraillent avec douceur.

Le passage ou Kakeru et Naho se sont abrites de la pluie, et ou Naho tend sa main vers Kakeru. Ce dernier lui dit qu'ils ont déjà fait ça au festival. Il pleut, l'ambiance est merveilleuse, et Naho, la timide maladive, ne se retire pas. Elle garde sa main en l'air. Elle le regarde dans les yeux. Et lui demande : " Once is enough ? ".

Ce moment est beau. Beau parce que romantique. Beau parce que simple. C'est d'ailleurs ce qui fait la beauté et la poésie de cet anime : la sobriété et la simplicité.

Alors évidemment, c'est risible de voir des ados de leur âge rougir juste pour se tenir la main comme si ils étaient sur le point d'atteindre la troisième base. Mais c'est mignon. Et j'en demande pas plus.

Les personnages sont tous extrêmement attachants, aucun n'est insupportable un tant soit peu. Mais s'il ne fallait en retenir qu'un, c'est Suwa. Quel personnage magnifique ! Rien que pour lui, on peut dire merci a Orange.

Et pour finir, une mention spéciale pour une trouvaille absolument merveilleuse de l'anime : à chaque épisode ou presque

, il y a un flashforward. On voit la Naho de 10 ans plus tard, celle qui a envoyé la lettre, et ses amis, réunis pour les 10 ans de la mort de Kakeru. Ca n'a l'air de rien, mais c'est absolument magnifique. Deux histoires nous sont donc contées en parallèle, séparées de 10 ans. On y voit une Naho mariée à Suwa et mère d'un enfant. Switcher entre la Naho timide et lycéenne du la trame principale et celle, adulte, de la trame secondaire, est très fort en émotion. Mais encore une fois, c'est fait en toute sobriété. C'est ça, qui est magique.

Bref, en rendant sobriété, élégance et authenticité à ses personnages, Orange est à 10.000 lieux d'un AnoHana. C'est beau, c'est simple. On en demande pas plus. Merci.

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