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Edit de 2018 : J'ai pas mal apprécié la S6 qui à mon sens a redonné un bon coup de boost pour ce qui semble être la dernière ligne droite de la série mais j'ai la flemme de détailler plus parce que cette critique est déjà bien trop longue.

Je suis vénère, woulah que je suis vénère... Je viens de finir la dernière saison de la série et GNEEEEEEEEH. (C'était la saison 5 à l'époque)

Vous vous êtes toujours demandés ce que donnerait l'enfant chelou de Game of Thrones et Oz ? Non ? Ça tombe bien, moi non plus. Pourtant Netflix a décidé de procréer cette abomination. Retour sur les lieux du crime.

Piper est une femme bien propre sur elle, le genre bourgeoise péteuse, elle a un copain avec qui elle va se marier baptisé Larry et là... on met sur pause.

Larry est incarné par Jason Biggs, mais si Jason Biggs, Jim d'American Pie ! Et je dois dire que je n'arrive pas à me défaire de son image de loser avec les femmes qui lui colle ici comme un gant (j'y vois un jeu de mots dégueu et j'espère être le seul). GG pour le choix de casting pour le coup.

Piper va donc se marier, elle va fonder une entreprise de savons artisanaux avec sa besta, tout semble rouler pour elle ! Et patatra, la tuile, le drame, la poisse,, son passé lesbien la rattrape et elle file en prison sans passer par la case départ et sans toucher 20 000€ grâce à son ex, dealeuse de grand chemin de son état.


Saison 1



J'ai été séduit tout de suite, l'histoire est prenante, les personnages sont tous bien identifiés et nous font ressentir de la pitié pour l'un, de la haine pour l'autre, de l'attachement, tout y passe, dédicace au maton Pornstache creepy en diable. Petit bémol comme souvent dans les histoires de prison non pornos, le cadre n'est pas assez sale, les détenues ont beau se plaindre, le jeu d'acteur ne me convainc pas qu'elles vivent dans un environnement cradingue. Y a pas assez de vermine, de taches, de saleté, de poils.

L'histoire est régulièrement coupée par des flash-backs des personnages centraux de chaque épisode nous donnant un background bienvenu sur chacun d'entre eux à tour de rôle et nous aidant à y voir plus clair dans leurs motivations et le pourquoi du comment ils sont arrivés dans un Club Med avec des barreaux. On suivra principalement Piper au début qui tentera très difficilement de s'intégrer à l'univers carcéral en essayant de ne pas trop péter les plombs malgré les coups bas, son copain nul et la privation de sa liberté. Cette même Piper qui retrouvera son ex en prison, avec qui elle va développer une histoire d'amour/haine sans concession et foutre en l'air sa relation avec son ex futur mari, qui va partir plus loin dans la série avec la meilleure amie de Piper.

Les auteurs sont arrivés à jongler assez brillamment avec le tragique et le comique, il n'est pas rare d'esquisser un sourire avant d'être lourdement ramené à la réalité carcérale par une overdose ou un viol. La fin sera glaçante, on sera tenu en haleine par une opposition entre Piper et une autre fille relativement ravagée, surtout de la bouche, l'épisode final finissant de manière très violente aussi bien sur le fond que sur la forme. Vraiment de la bonne came cette saison 1.

Grospotentiel/10


Saison 2



Dans la lignée de la saison précédente, la qualité est toujours au rendez-vous et le personnage de Vee, fil rouge de la saison, y est solidement pour quelque chose. Nouveau petit bémol, cette saison s'axe sur un conflit des Noirs vs les autres communautés de la prison, le soucis étant que les différentes communautés, et ce dans toute la série, ne sont souvent pas très impressionnantes parce qu'on ne voit jamais de grand groupe mais plutôt des grappes de 5 ou 6 personnes. Petit soucis supplémentaire, Vee a beau être un élément perturbateur, des amies qui se tournent le dos aussi vite pour rejoindre la louve alpha, c'était un peu trop rapide et ça aurait mérité un peu plus de développement psychologique, surtout quand la nana mise de côté se fait péter la gueule sans vraiment de remords de la part de ses ex potes. Du reste, on suit une histoire toujours aussi bien écrite aussi bien pour les persos principaux que pour les secondaires et la fin de la saison, même si téléphonée au possible, est un apothéose jouissif tant on avait appris à haïr Vee. Bien joué Netflix, vous avez réussi à continuer dans la lignée de la saison 1.

Essaitransformé/10


Saison 3



Ah la saison 3... Syndrome Prison Break oblige, il est écrit qu'une série dans une prison avec deux premières saisons de haute volée doit se péter salement la gueule en saison 3. Alors qu'on avait des fils conducteurs précédemment, cette saison décide de partir dans les intrigues de partout allant du ubuesque au sans intérêt. Piper après une adaptation difficile décide de devenir, je cite, une gangsta en créant un commerce illégal de petites culottes sales des détenues de la prison pour l'extérieur ! Ouais m'dame, une thug qui deale de la culotte usagée avec son crew. En parallèle, une personnage secondaire muette au passé hippie va devenir une sorte de gourou pour certaines filles paumées de la prison, comme ça, parce qu'en prison, on a une crise spirituelle tellement forte qu'on se met à croire n'importe quoi. On va progressivement de plus en plus s'intéresser au côté administratif de la prison, élément-clé du futur de la série et relativement chiant à ce stade-ci puisqu'on a le cliché de la grosse boite qui reprend la prison qui devait fermer et qui nous la joue capitalisme sauvage sans aucune nuance. Ce qui va causer une conversion WTF au judaïsme pour une des détenues qui se découvre une foi nouvelle grâce à la bouffe cachère. De l'intrigue de qualité je vous dis. Et on en profite pour installer durablement les guéguerres de communautés parce que qui dit prison dit clivage poussé jusqu'au cliché. Dans la S2, c'était bien amené par un personnage qui a une certaine envergure et un certain talent de manipulation, dans la S3 et les suivantes, ça se résume par on est blanches/noires/latinos/autres donc on est potes entre nous et on se frite avec le reste.

La saison se termine sur une happy end où suite à un trou dans une clôture fait par des ouvriers compétents et intelligents, oui on est dans une prison à régime ouvert avec des détenues pouvant circuler partout mais on découpe alors qu'il n'y a pas de gardiens dans le coin. Une bonne partie de ces dames va alors faire trempette dans le lac pollué d'à côté. Important le côté pollution, ça permet de faire des vannes pubiennes la saison suivante.

Explosionenpleinvol/10


Saison 4



Méchamment refroidi par la 3, je n'attendais rien de la 4 et bien m'en pris, toujours sur un ton aussi décousu, le régime carcéral se durcit méchamment dans la prison, le gardien en chef prend la direction des opérations en envoyant péter le directeur qui ne trouve rien à répondre, la vilaine entreprise capitaliste double le nombre de détenues et la cocotte minute menace de péter à tout instant. Ce qui arrive à l'avant-dernier épisode avec la mort d'une pensionnaire durant l'évacuation du premier sitting debout au monde, seul moment de bravoure de la saison avec l'épisode suivant où on a droit à des souvenirs métaphoriques (ou alors je me plante complètement et l'épisode est beaucoup moins joli). La prison est devenue un Guantanamo raté, les intrigues sont devenues sans intérêt, certains personnages comme Piper sont devenus totalement insupportables via des évolutions sorties de nulle part.

Et le pire doit encore arriver.

Plusdureseralachute/10


Saison 5



Je vais me permettre de citer la réal interviewée par le New-Yorker :

"Nous avons perdu beaucoup de scénaristes de l’équipe originale avant les tournages de la saison 5. Ce n’était la faute de personne. Mais cette nouvelle dynamique n’était pas bonne : ces nouveaux auteurs étaient attachés aux personnages en tant que téléspectateurs, en tant que fans, et pas en tant que créateurs. Et ça se sent tout de suite, il y a une aura de fan fiction."

Ça met direct dans l'ambiance et pour la petite histoire, après une rapide recherche sur l'équipe d'une petite dizaine de scénaristes, seulement deux sont reconduits pour la saison 6 et c'est franchement tant mieux pour la suite de la série.

Rien ne va plus dans la prison, la mort de la détenue en fin de saison 4 a mis le feu aux poudres qui a fait déborder le vase. Les détenues se mutinent, un gardien est blessé, puis légumisé, puis tué dans la foulée, les autres sont séquestrés et torturés de manière totalement burlesques, le gardien chef vénère s’infiltre dans la prison et nous offre un épisode traque à la film d'horreur pour teens tout moisi qui débouchera sur sa capture. Toute la saison se passe sur trois jours de temps et on va d'une situation ridicule à une autre dans un espèce de remake bizarre de Sa Majesté des Mouches où toutes notions de l'être humain est abolie même entre détenues qui règlent leurs comptes dans une parodie de tribunal et qui se condamnent à l’enfermement dans des chiottes chimiques. Les flash-backs devenus inutiles depuis la saison 3 cassent plus que jamais le rythme sans rien apporter sauf des confirmations genre pour le gardien-chef qu'on savait déjà frappadingue mais ça case facile une scène de torture mal foutue. A moins que je sois le seul à avoir la peau qui change de couleur quand je me fais ébouillanter.

Le final se vautre en beauté avec une chef des négociations dont toutes les revendications, sauf la qualification de meurtre pour son amie tuée en saison 4, refuse tout à cause de cette dernière revendication qui n'est même pas du ressort des gens en face d'elle parce que séparation des pouvoirs. Ce qui entraîne une entrée en scène d'un ersatz du SWAT qui met un peu d'ordre dans tout ça à coups de taser, de matraque et de balles au poivre, tuant au passage accidentellement le gardien-chef. Nos héroïnes attendant sereinement leur capture dans une ancienne piscine transformée en bunker dans l'enceinte de la prison tandis que leurs potes sont parquées dans des bus envoyés on ne sait où.

Écrasementsale/10


Bilan



OitNB partait bien, très bien même, on explorait des thèmes comme la violence carcérale, l'homosexualité, la transexualité, le communautarisme et plein d'autres thèmes pas évident mais avec un ton qui passait tout seul, un savant mélange de comédie et de drame. Malheureusement les auteurs ont décidé lors du passage à la saison 3 de sombrer dans une sorte de burlesque de prison décomplexé articulé autour du personnage de Piper et de quelques autres sous-intrigues menées par des personnages urticants. La saison 4 a continué dans cette voie et la 5 fut une longue épreuve pénible durant laquelle il était surréaliste de voir jusqu'où les scénaristes ont laissé dériver leur imagination malade, dégommant au passage complètement le ton dramatique de la série pour se vautrer dans une espèce de torture porn lolesque.

On va quand même jusqu'à frôler la nanardise d'un Ilsa et la louve des SS quand une détenue se voit amputer d'un bout de doigt et exige d'un gardien qu'elle trouve à son goût qu'il lui file le bout d'un des siens afin de se doigter (c'est dans la série) avec son greffon tant désiré. J'ai envie d'être vulgaire et de citer le Mérovingien dans Matrix 2 et de sortir un Nom de Dieu de putain de bordel de merde de saloperie de connard d'enculé de ta mère de bon aloi. On est tombé si bas et ce n'est qu'une des multiples turpitudes dont va souffrir cette saison. Un running-gag sur la grandeur pénis du directeur trainait depuis plusieurs saison, ici on va avoir droit à un frontal je ne l'ai pas sucé, il est trop gros (les termes ne sont pas exacts mais ils sont aussi crus que ceux de la série) de la part de son ex-petite amie qui s'est découverte une bisexualité au passage. Parce que oui, en prison, on a de grande chance de devenir gay et dans une série pour femmes, ça permet de mettre des scènes de cul faciles et comme certains culs sont pas mal en plus... Mais on s'égare.

Effectivement comme la réal l'a dit, on est sur des histoires digne d'une fan fiction, la cohérence a été jetée à des orties carnivores, la psychologie des personnages déjà ébranlée en S3 et S4 s'écroule complètement et la fin de la saison laisse entrevoir une suite qui s'annonce compliquée pour la suite de la série si les scénaristes veulent lui donner un semblant de cohérence. Rendez-vous en 2018 pour voir si l’hémorragie a enfin été stoppée !

Morthys
6
Écrit par

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