Le titre de cette série n'est plus d'actualité après le deuxième ou troisième épisode

Avis sur Orange Is the New Black

Avatar Antevre
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La télé a depuis longtemps fixé la façon dont elle présente la prison : froide, dangereuse, sans pitié, remplie de violeurs et de tueurs. Le cadre est pratiquement toujours le même : un pénitencier pour hommes, pour les peines lourdes. On pense tout de suite à Oz et ses guerres de gang perpétuelles, son atmosphère sombre et sans concession, dénonçant les difficultés et les travers d'un système carcéral qui ne parvient pas à aider réellement ses pensionnaires. Orange Is the New Black, avant tout, c'est un changement de contexte : on se retrouve dans un pénitencier basse sécurité pour femmes. Que peut apporter un tel changement ?

Eh bien, après trois saisons, ça reste difficile à dire. Oscillant entre un pseudo-réalisme cru versant plus dans la vulgarité qu'autre chose (là où l'ultra-violence d'un Oz par contre s'insérait efficacement dans le propos et la narration) et des intrigues de coucherie fort peu captivantes, le tout tempéré par une intrigue finalement assez timorée et un ton qui se veut proche du second degré mais qui fait surtout se demander si la série sait seulement où elle veut aller, OITNB peine à formuler un propos cohérent. Ce n'est ni sa réalisation très honnête (bien que peu innovante), ni ses bons acteurs (pour la moitié d'entre eux, l'autre moitié tentant maladroitement de se mettre au niveau de façon relativement peu convaincante) qui parviennent à réellement relever la donne.

Pourtant, la série a un as dans sa poche, qui fait que même lorsqu'elle vous lassera, vous aurez envie de la continuer : ses personnages. On oubliera vite les principaux, schizophrènes et stupides, pour se concentrer sur une galerie de personnages secondaires qui s'étoffe assez bien : je pense à Caputo et Healey du côté du personnel (le premier tente de gérer avec humanité la prison mais est tiraillé entre son besoin de reconnaissance et un manque de foi en sa mission et le second est un conseiller machiste, raciste et tyrannique qui a un gros complexe du messie), Poussey, Tastey , Boo et... parviens pas à retrouver son nom (la dentier), Crazy Eyes, Gloria et la mère Diaz par exemple du côté des détenues (y en a d'autres mais ma mémoire des noms est trop fuyante pour que je puisse les retrouver). C'est cette galerie de caractères qui donne sa richesse à la série. Malgré un scénario qui pousse les personnages à la limite de la cohérence.

Je n'ai pas encore parlé du scénario, c'est parce qu'il n'y en a pas vraiment, simplement une série d'historiettes entre les personnages qu'on essaie de faire passer pour un fil conducteur. La série tourne originellement autour de Piper Chapman, tombée pour trafic de drogue organisé par son ex-copine (qu'elle retrouvera en prison), qui doit s'adapter à sa nouvelle vie de reprise de justice. Ce fil reste à peu près conducteur jusqu'au début de la seconde saison, après quoi la série décide de brasser un peu plus ce qui se passe autour.

La deuxième saison tourne donc surtout autour de Vee, personnage de "Mom" qui décide de réorganiser les blacks du pénitencier en gang, en lutte avec les autres familles principales, celle des latinas dirigée par Gloria (mais elles sont plutôt du genre à pas beaucoup se casser la tête) et celle des blanches dirigée par la Russe Red (comme l'URSS ptdr). Cette saison pèche par une intrigue extrêmement longuette et bien trop convenue. Enfin, la troisième saison est un peu un gros fuck, où il se passe n'importe quoi dans tous les sens, ce qui essaie de se justifier par le fait que le pénitencier tombe au main d'une société privée qui s'en sert comme usine à petites culottes (ce qui donne la brillante idée à Piper de monter un trafic de petites culottes usagées... wait what ? C'est pas l'idée la plus stupide de la planète ?). Du coup, nouveau personnel sous-qualifié, laisser aller total... mais pas seulement dans l'intrigue. Dans la série elle-même qui n'en finit pas de décliner, malgré son final manifestement pensé pour faire oublier la médiocrité du reste.

Donc... mouais. Je vais pas dire que j'ai pas aimé, mais c'est assez décevant. Ne sachant pas où elle veut aller, la série s'embourbe pratiquement à chaque pas, et ce pratiquement depuis le premier épisode. Distrayant, mais franchement en-deçà de ce qu'on en dit.

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